mercredi 31 décembre 2014

COMMENTAIRE (Commentaire de texte au bac de Français)

En soutien scolaire je viens de "récupérer" une élève de première, Pauline ; c'est la sœur d'un élève de 4ème que j'ai bien remonté en Français ; (c'est la deuxième fois qu'on me demande de prendre un autre membre de la fratrie, je suis content).
La maman m'a présenté le problème comme étant la grande difficulté de Pauline pour rédiger, alors même que récemment, elle avait largement aidé sa fille à élaborer la matière nécessaire pour un devoir. J'ai accepté de la prendre tout en sachant que le Français du bac nécessite une vraie compétence, que je n'ai pas, mais je me suis laissé prendre à cette idée de problème de rédaction ; je me prends pour le Zorro de la rédaction.

Je suis presque sûr qu'en terminale je n'étais pas bon en dissertation ou commentaire de texte ; d'ailleurs je suis presque sûr aussi que nos profs ne nous enseignaient pas vraiment la méthode ; idem en philosophie ; à moins que j'étais un mauvais élève qui ne faisait pas assez attention. En tout cas mon idée c'est que les lycéens ne savent pas vraiment ce qu'on attend d'eux dans ces épreuves. Je l'ai vérifié avec Pauline.

Il y a quelques deux ou trois ans j'ai entendu sur France Culture un professeur de Français de classes préparatoires qui parlait de la technique du commentaire de texte ; elle disait que c'était quelque chose de difficile mais qui s'apprenait et que ses élèves constataient qu'en fin d'année ils avaient acquis une vraie compétence. J'ai acheté son livre.

J'ai découvert la spécificité et la difficulté du commentaire de texte ; pour le coup je suis presque sûr que mes professeurs ne m'ont pas enseigné avec rigueur la technique nécessaire.

Avec Pauline, il va y avoir à traiter son "blocage" devant toute rédaction, mais aussi, et ça me fait flipper, la technique du commentaire de texte.

RECONNAISSANCE ...

L'idée de reconnaissance des salariés dans l'Entreprise a pris de l'importance dans les années 80 ; c'était devenu un leitmotive de se plaindre d'un manque de reconnaissance ; c'était l'argument imparable des salariés mécontents, ils ne sont pas reconnus (dans les années 2010 ils invoqueront le mépris dont ils font l'objet).

Je ne peux pas travailler avec les notions floues que tout le monde utilise à tout bout de champ ; il faut que je sache ce qu'il y a derrière le mot, l'idée concrète qu'il y a derrière le mot. Pour reconnaissance j'ai d'abord considéré deux constructions de phrases possibles :
- notre (bon) travail doit être reconnu c'est à dire d'abord rétribué correctement (construction classique)
- reconnais chef, les difficultés dans lesquelles je me débats, reconnais tout ce que je fais pour faire ce qu'il faut. Cette construction moins usitée est pourtant capitale car la reconnaissance attendue du salariée commence par ce que les sociologues et ergonomes expriment par la formule : "ce que ça demande" d'accomplir ce travail, comme inventivité, abnégation, efforts etc.

Ensuite, après cette reconnaissance verbale par le chef, j'ai voulu voir ce que pourrait recouvrir la reconnaissance à laquelle aspire le salarié.

J'ai fait un schéma, de type tranche napolitaine, allant de la reconnaissance attendue la plus basique et la plus commune à la plus spécifique et individuelle. (il faut que je le retrouve !)





En fait le chef ne peut pas passer son temps à donner des paroles de reconnaissance ; il ne peut pas répéter à longueur d'année, "oui je sais combien votre travail demande d'implication, d'intelligence etc" ; le problème c'est que le chef (quand c'est un bon chef, car c'est son boulot,) dit ce qui ne va pas  chaque fois qu'il le constate. La frustration du salarié vient du fait qu'on lui dit toujours quand ça ne va pas et jamais quand il travaille bien.
J'ai d'ailleurs constaté dans mon entreprise qu'on ne disait pas facilement ce qui n'allait pas ; le management n'était pas très courageux et donc il se privait d'autant plus de dire ce qui allait bien.

mardi 30 décembre 2014

LEADERSHIP

Je pense que les gens font la confusion entre leadership et charisme. Je sais que certains sont des leaders naturels mais j'ai acquis la conviction que le leadership est l'activité normale du leader ; s'il n'est pas charismatique et assure par ses actes le leadership inhérent à sa fonction, alors il fait son bouleau de leader et c'est un leader.
Ma conviction s'est faite au travers du modèle EFQM (European Foundation for Quality Management) ; ce modèle de fonctionnement de l'Entreprise excellente propose les éléments de l'excellence et l'articulation nécessaire entre ces éléments. Le leadership, au sens de direction de l'entreprise, est un des éléments du système et il est décrit en termes de choses à faire, du leader.

Cela ne veut pas dire qu'il est facile de faire ce qui est attendu du leader mais du moins cela laisse penser que si l'on fait le boulot, même si on est pas un type charismatique, on peut être reconnu comme leader efficace.
Les charismatiques d'ailleurs il faut s'en méfier ; ils peuvent mettre leur talent charismatique au service de fins tout à fait personnelles (n'allant pas dans l'intérêt de l'Entreprise) ou malhonnêtes. J'ai personnellement eu un collègue, presque un ami, qui était tout sauf charismatique (petit, timide, un physique sans charme), et pourtant, en faisant ce qu'il fallait, il a redressé une Usine importante qui était sur une mauvaise pente à tous points de vue.

Dans le dictionnaire des sciences sociales, je vois que les experts référents en la matière (Kurt Lewin notamment ) distinguent des styles de leadership. (à mon avis ils sont plus centrés sur la personnalité du dirigeant que son action) :
- styles autoritaire, démocratique et "laisser-faire".
Blake et Mouton distinguent entre les formes d'encadrement centrées sur l'activité et l'organisation du travail et celles centrées sur les relations avec les personnes.
Les approches de la "contingence" (Hersey, Blanchard) tiennent compte à la fois des caractéristiques des dirigeants, de celles des employés et des caractéristiques de l'entreprise. Il y aurait quatre types de leadeship principaux :
les styles directif, motivationnel, participatif et de délégation.
Une approche transactionnelle (Homans, Blau) s'intéresse aux formes de transaction "politique" entre les dirigeants et leurs subordonnés, à la façon dont chacun cherche à influencer ou à prendre l'ascendant sur l'autre.
Une approche transformationnelle (référents non cités) se focalise sur la capacité des dirigeants à capter l'intérêt, la motivation et l'engagement des subordonnés (par le charisme du leader, la reconnaissance individuelle, la stimulation intellectuelle, la confiance etc.

Pourquoi cet article ? J'ai été manager, en devoir de mettre en oeuvre un leadership, sans savoir en quoi cela consistait car à l'époque (années 1970) on considérait que le leadership était un talent naturel et pour beaucoup un charisme. C'est un cabinet de consultants qui nous a appris le métier de manager ; des années plus tard, la découverte du modèle EFQM  a complété ma vision du métier en renforçant l'aspect "activité" du leader, au détriment de l'aspect "style"; l'idée que j'ai, c'est qu'il faut faire le job et que le style est en définitive secondaire.

ENJEU (Enjeu et objectif)

Marion souhaite que nous préparions ses prochains entretiens de recrutement et à ce propos elle évoque les mots d'objectif et d'enjeu.

Le mot "enjeu" est à la mode ce qui fait qu'il est souvent employé à la place du mot objectif. Or les deux mots n'ont pas le même sens :
L'objectif, est une cible, un résultat qu'on se donne à atteindre.
L'enjeu, terme utilisé dans le domaine du jeu (ce que l'on a misé et que l'on risque de perdre ; l'enjeu total, celui constitué par l'ensemble des enjeux individuels, peut être gagné, c'est l'objectif des joueurs) signifie dans le domaine managérial : ce qu'on veut gagner ou ne pas perdre.

Dans la vie de tous les jours où le langage manque souvent de précision, cela n'est pas très important de confondre les deux ; on se comprend. D'ailleurs, la plupart du temps on pourrait se passer du mot enjeu, le mot objectif suffit largement.
On peut même considérer qu'il n'y a entre les deux qu'un petit décalage de point de vue ; exemple, une équipe de rugby va jouer un match décisif ; si elle gagne ce match elle est championne de France ; l'objectif, c'est de gagner ce match, mais c'est aussi d'être champions de France. L'enjeu du match, c'est la première place du championnat (mais on ne peut pas dire que l'enjeu du match, c'est la victoire.)

Moi je trouve que la précision dans le langage nous permet d'être beaucoup mieux connecté aux réalités du monde ; si on sait distinguer l'objectif de l'enjeu, si on se centre sur l'enjeu en tant qu'enjeu et non objectif, on peut voir l'enjeu et se demander si c'est ça qu'on veut vraiment gagner, si ça vaut la peine. L'objectif est plus mou.
L'objectif a pris une grande place dans le management des entreprises ; je vois l'avantage, c'est une méthode pour mieux avancer et pour être plus efficients, individuellement et collectivement. Mais si on se demande quels sont les enjeux de l'atteinte de tous ces objectifs on peut parfois avoir du mal à répondre et s'apercevoir qu'on ne place pas son intelligence et son énergie sur ce qui vaut la peine.

Pourquoi cet article ? Marion soulève une question à laquelle j'ai été confronté dans ma vie professionnelle et à laquelle selon mon penchant j'ai réfléchi pour voir clairement les choses et parler et agir avec pertinence : voir l'enjeu quand il y en a vraiment un, porter un jugement sur la valeur de cet enjeu, vérifier qu'on ne se trompe pas d'enjeu. Par ailleurs cela m'énerve de voir les gens utiliser à tort et à travers le mot enjeu, à la place d'objectif ; je constate que mon  attitude d'exigence sémantique est (était) souvent mal vue ; dans ma posture de consultant, de spécialiste, je ne transige pas, pour moi c'est nécessaire, le pro a grâce entre autres à la précision du langage un niveau de performance élevé.

Cet article est-il bon ? Dans la forme j'aimerais qu'il soit beaucoup plus concis, plus incisif, mais ça demande beaucoup plus de travail de rédaction !





GENRE ...

Qu'est ce que c'est que cette histoire de "genre" ?

Dans l'actualité de 2014 il y a que des parents d'élèves sont inquiets de ce que l'on peut dire à leurs enfants sur le genre (masculin/féminin) au point qu'ils ont manifesté leur opposition en retirant quelques jours leur enfant de l'école.
Je ne sais pas quel est le degré de sincérité de ces parents et dans quelle mesure ce n'est pas une manifestation d'opposition politique.

Les éléments que je connais prennent à mon avis leur place dans un mouvement de fond de lutte contre les discriminations contre les femmes, les stéréotypes misogynes et pour l'égalité hommes femmes et aussi contre l'homophobie et les stéréotypes et les discriminations homophobes.


dimanche 21 décembre 2014

DISCOURS (premier discours)

Les collégiens apprennent les 4 formes de discours : discours narratif, discours descriptif, discours explicatif et discours argumentatif.
Dans ma vie professionnelle, dans mon métier d'interviewer j'ai rencontré la notion de "premier discours" et de "deuxième discours".

Lorsqu'on interviewe une personne dans une entreprise, mais c'est aussi valable pour toute organisation, le discours qu'elle tient est celui que tout le monde tient sur un sujet donné concernant l'entreprise, son histoire, ses réussites, ses problèmes etc. C'est un discours sincère mais ce discours n'est pas celui qui intéresse le consultant ou surtout l'auditeur qui cherche la vérité d'une entreprise ou d'un service. Il doit faire émerger un "deuxième discours" qui correspond à la réponse à des questions comme : mais comment ça se passe concrètement, qu'est ce que vous faites concrètement ; par ces questions on cherche la réalité du quotidien, on laisse les effets sur les personnes du discours institutionnel, de ce que l'entreprise se raconte et dit sur elle même. 

Mon copain Jean-Paul disait qu'on pouvait aller plus loin et chercher un 3ème discours correspondant à la question "pourquoi"; pourquoi vous faites comme vous faites vous, personnellement. Un jour il me disait qu'il avait interviewé un syndicaliste  qui était allé assez vite vers le 4ème discours : qu'est ce que je trouve important, quelles sont mes valeurs.

Sauf erreur de ma part cette notion provient des travaux du psychologue Pierre Vermeersch (CNRS) inventeur de "l'entretien d'explicitation".

CHAMPAGNE ....

Dans la rubrique "le tour de la question" voilà le sommaire de cette entrée :

D'où vient que le champagne a des bulles ? d'autres vins ont ils des bulles ? les mêmes ou différentes ? Par exemple le "perlé de Gaillac", un vin de la région d'Albi.

Quand j'étais petit, il y avait le champagne et le mousseux ; aujourd'hui il y a le champagne, le crémant et le mousseux mais on n'utilise plus ce terme même s'il existe toujours du mousseux ; qu'est ce que c'est au fait le mousseux ? quelles sont les différences entre champagne, crémant et mousseux ; il y a une époque on employait le terme de "méthode champenoise" pour les crémants je pense, mais on ne l'entend plus.

Dit-on sabler ou sabrer le champagne ?

Le champagne est il un vin blanc ou un vin rouge ? qu'est ce que le champagne rosé ? Il me semble qu'on doit périodiquement faire faire un quart de tour aux bouteilles de champagne, pourquoi ?
On dit que le champagne en demi bouteilles est moins bon, pourquoi ?

Il ne faut pas que les flûtes soit glacées avant de recevoir le champagne pourquoi ?

Comment se font les bulles, surtout ces petites colonnes de bulles qui montent à la surface ?

Réponses :

samedi 20 décembre 2014

BONHEUR (Petit bonheur n°1)

Parmi mes petits bonheurs préférés, rencontrer un chat des environs et le caresser à loisir. Il y a quelques mois j'avais repéré un chat roux assis sur un rebord de fenêtre derrière le Monoprix mais quand j'étais sorti du magasin il n'y était plus.
Ce matin j'aperçois mon chat assis sur la poubelle devant sa porte. Je m'approche, je lui parle ;  c'est un gentil ; il se laisse caresser et se frotte à l'envi contre ma main.
C'est ça le bonheur !

mardi 16 décembre 2014

SOIXANTE

Nous comptons l'heure en base soixante :
Soixante secondes font une minute
Soixante minutes font une heure.
De nombreuses civilisations comptaient en base soixante (pas seulement le temps) pourquoi ?

Parce que ce nombre, 60, a l'avantage d'avoir de nombreux diviseurs ; il est même le plus petit nombre divisible à la fois par 2, 3, 4, 5 et 6.

Il est divisible par :
 2, 3, 4, 5, 6, 10, 12, 15, 20, 30.

lundi 15 décembre 2014

RETOUR (L'éternel retour) ...

(premier temps) L'Éternel retour fait partie de ces notions volontiers évoquées par les média (notamment intellos) mais dont on (je devrais dire dont je) ne sait jamais exactement ce qu'elles recouvrent. Deux choses m'énervent : le fait d'évoquer des concepts pour faire savant et ce qui n'a rien à voir, le fait que les notions en question soient complètement foireuses.

Pour moi cette notion d'Éternel retour fait partie des foireuses (comme la théorie des Idées de Platon). Elle correspond à l'idée que ce qui s'est passé une fois se reproduira de la même manière, comme si l'histoire se répétait de façon cyclique. C'est Nietzsche me semble-t-il qui nous sert cette salade.

Mais je ne peux en rester à cette irritation provoquée par une notion dont je n'ai qu'une ombre de connaissance. Je me dois de creuser le sujet ; je veux comprendre ; les grands esprits ne peuvent dire des sottises. A tout de suite....

(deuxième temps) j'ai lu ; ce n'est pas une conception foireuse, mais difficile notamment parce que composite. La question qui se pose à moi est de savoir comment on peut appréhender, en une sorte de résumé intelligible, une notion philosophique. Je crois toujours qu'il est possible de présenter des choses complexes simplement, je ne sais pas faire mais je me dis qu'en prenant le temps, en se décarcassant il n'y a pas de raison de ne pas y arriver.

Cela pose la question du processus de connaissance ; c'est comme si en écrivant pour d'autres, je voulais leur rendre les choses accessibles, ce qu'elles n'étaient pas au moment où je me suis intéressé à la question ; il doit y avoir dans le monde, une présentation de la chose qui réponde à mon attente ; pourquoi quelqu'un avec toute sa connaissance n'aurait il pas élaboré "le" texte qui permet l'accès au savoir sans toutes ces difficultés d'accès et tout ce temps à élaborer la substantifique moelle ; elle doit exister déjà mais je ne sais pas où.

(troisième temps) 
1 j'ai noté que certaines idées qui passent par la tête des hommes n'ont pas forcément d'emblée un contenu précis ; elle peuvent n'être d'abord qu'une simple idée ; je me dis que le rêve peut être à l'origine d'un idée que le rêveur n'a pas eu en état de conscience. Il y a aussi le fait que derrière les mêmes mots se cachent des idées différentes.

2 une idée peut se trouver reprise et approfondie ou enrichie de significations nouvelles.

3 ainsi l'idée correspondant à l'expression "éternel retour" est passée d'un mythe avant d'être approfondie en concept philosophique.

4 ainsi la signification de ces mots est à rechercher dans l'esprit de ceux qui les ont inventés, revêtus de significations personnelles, ou approfondi.

5 la plus ancienne idée que j'ai trouvée à laquelle on rattache l'expression d'éternel retour est l'idée hindoue de répétition éternelle de l'univers (destruction et recréation périodique) appelée palingénésie. (elle s'accompagne de l'idée de transmigration des êtres (métempsychose) mais attention il ne s'agit pas de réincarnation d'une conscience individuelle ; ce qui renaît c'est la vie.)

6 ce mythe se retrouve transposé dans la pensée grecque présocratique. Dans la tradition orphique, la renaissance du vivant est aussi celle des âmes. Dans le pythagorisme primitif l'éternel retour est le dogme de la doctrine de la reprise par tous les êtres de leur existence antérieure. (Anaximandre, Empédocle, Héraclite.)

7 la thématique de l'éternel retour se rencontre aussi dans la philosophie classique chez Platon d'une part sous la forme de la révolution des temps historiques (à expliciter), et celle de la réminiscence (à expliciter).



jeudi 11 décembre 2014

DICTÉE (dictées d'autrefois)

Je prépare souvent des dictées pour mes petits élèves, des phrases où je concentre un même type de difficulté. Aujourd'hui à l'école les enfants ne font pas souvent cet exercice. Je me rappelle les dictées quotidiennes à l'école primaire. Un d'entre nous était désigné pour venir la faire  au tableau ; un tableau pivotant, juste derrière le bureau du maître était rabattu de façon à cacher sa prose aux regards et permettait, une fois remis contre le mur, de partager la correction avec la classe. 
Petit, je devais monter sur la chaise du maître pour pouvoir écrire sur ce tableau ; abrité derrière lui on était dans une demi pénombre, séparé de la classe, on ne voyait personne, on entendait la voix forte du maître, répéter les morceaux de phrase, à divers endroits dans la classe ; c'était une expérience étrange, agréable pour moi car j'étais bon en français.

Je me souviens qu'un élève, un grand (il y avait plusieurs niveaux dans la classe, les grands présentaient le certificat d'études), genre grosse brute, qui avait fait soixante quinze fautes dans une dictée de sixième. Le maître jugeant que c'était inacceptable lui avait donné une fessée ; le châtiment avait lieu dans un préau fermé attenant à la classe, où on avait le cours de gymnastique les jours de pluie.

Les meilleurs dans cet exercice (la dictée, pas la fessée) étaient chargés d'épauler les moins bons ; j'avais ainsi deux ou trois élèves à aider, en leur expliquant leurs fautes. C'est de là que vient mon désir de faire du soutien scolaire en français, en particulier en orthographe.

ABBAYE (L'abbaye abandonnée)

Dans mon Jouictionnaire il y a une abbaye abandonnée. Elle est installée au bord d'une rivière, dans des gorges, à mi falaise, en partie troglodytique donc. Le cloître sur deux côtés est ouvert sur une courbe brusque de la rivière. Le matin, il est inondé de lumière quand le soleil arrive au sommet de la falaise boisée de l'autre côté.
C'est une petite abbaye : une chapelle attenante au cloître, un scriptorium dont les murs sont constitués d'étagères de livres, une salle à manger avec une immense cheminée, une salle commune et quelques cellules. Quand on arrive par la rivière, très peu profonde, on la découvre serrée autour du clocher tour en pierre dorée, en partie enfouie dans les arbres.

mercredi 10 décembre 2014

KAFKA ...

Kafka est un écrivain célèbre qui a donné son nom à un type de situation ou d'univers : kafkaïen.
Il n'y a pas très longtemps, quelques années quand même,  je me suis décidé à lire Le château. Cette lecture m'a mis tellement mal-à-l'aise que j'ai laissé tomber. Un univers où je sens le personnage comme en risque permanent, sans protection. J'ai envie de reprendre le roman pour le finir mais je ne le fais pas ; une appréhension.

J'ai acheté L'art du roman, d'un concitoyen de Kafka que j'aime beaucoup, Milan Kundera (qui vient d'être édité dans La Pléiade de son vivant ce qui est très rare) et dedans je trouve un chapitre consacré à la spécificité de Kafka ; c'est passionnant.

dimanche 7 décembre 2014

SALOMÉ Jacques

Jacques Salomé fait partie de mon Panthéon personnel. Je le découvre vers la cinquantaine. C'est un spécialiste des problèmes de communication entre les êtres humains ; sa formule : l'homme est infirme pour communiquer.

Son livre "T'es toi quand tu parles" devrait être offert aux adolescents dès l'âge de quinze ans.

Je suis allé le voir en conférence ; il avait un super numéro avec une écharpe : pour montrer que la communication a une exigence fondamentale, la dualité de la parole, il faisait monter une personne sur scène et il lui donnait à tenir un bout d'écharpe, lui tenant l'autre extrémité ; à un moment il lui prenait des mains son bout d'écharpe et il montrait avec l'écharpe pendouillant devant lui, dans ses deux mains, que ça ne "passait" plus, avec comme commentaire : si je tiens les deux bouts de la communication, ça ne marche pas.

Il avait demandé  à l'Éducation Nationale d'enseigner la communication à l'école et pour cela il lui fournissait un manuel de communication élémentaire tout fait, dont il abandonnait les droits d'auteur ; ce manuel, qu'évidemment l'Éducation Nationale a refusé, est devenu "T'es toi quand tu parles".

Il a écrit quantités de livres sur le sujet notamment des contes (psychologiques) pour les enfants victimes d'agressions sexuelles notamment.
Il est aussi spécialiste des relations entre enfants adultes et leurs parents. Dans ce domaine y'a du boulot.

(rajouter le cas du gamin scotché devant le jouet en vitrine et que sa mère tire (sans ménagement) par le bras. )

samedi 6 décembre 2014

EROTIQUE (érotique ou pornographique) ...

Je me suis toujours demandé la différence entre érotisme et pornographie en ce qui concerne les images. L'idée que je m'en faisais c'était que les images érotiques étaient socialement acceptables alors que la pornographie était condamnée sans appel ; c'était autrefois évidemment dans les années 60.
Il y eu ensuite un discours selon lequel la différence entre érotisme et pornographie relevait d'une grande hypocrisie mais je pense que ce discours avait trait aux pratiques sexuelles, je me souviens d'ailleurs avoir entendu cette sentence : "la pornographie c'est l'érotisme des autres".

En ce qui concerne les images, le sujet qui me préoccupe, dans les années 2000 est apparu dans la publicité "le porno chic", des images esthétiques mais obscènes dans leur sujet. Je ne sais toujours pas s'il y a une ligne de séparation identifiable  entre l'image érotique et l'image pornographique. Je ne sais pas s'il existe un continuum, avec à un certain niveau un basculement dans le porno. Ce que je vois clairement c'est les catégories bien tranchées suivantes :
- le nu académique, esthétique, surtout en noir et blanc
- les photos de "charme" que l'on trouve dans les calendriers ornant les ateliers d'usines ou dans les concours photographiques ;  "Charme" étant le nom de la catégorie comme il y a "Paysage" ou "Reportage".
- la photo pornographique comme il y a un cinéma pornographique classé X.

En ce qui concerne les pratiques sociales, j'ai découvert quand j'étais jeune, dans le club photo auquel j'appartenais, ce qui peut constituer une catégorie, les photos de nu que les gens réalisent de leur conjoint (noir et blanc ou couleur, allant de l'académisme le plus esthétique au porno le plus hard.) Aujourd'hui, à l'heure du numérique, ces photos ne sont pas obligées de sortir de la maison pour le développement et le tirage ; à l'époque oui ; dans le club il y avait un photographe qui se faisait un plaisir de garder  des tirages de ses clients, en douce et de les montrer aux membres. Pas très délicat, mais quand on voit les photos que les gens postent eux-mêmes sur le net aujourd'hui ! hallucinant et là il n'y a pas de toute sur la qualification, souvent, c'est indiscutablement pornographique.

Pour trouver la réponse à ma question, quelle différence entre image érotique et image pornographique, j'ai consulté mon philosophe préféré, André Conte Sponville , dans son Dictionnaire Philosophique.
à suivre ...

RICHE (pauvre riche)

Le plus vieux souvenir que j'ai concernant ce concept c'est la parole évangélique selon laquelle il serait plus difficile aux riches d'accéder au Royaume de Dieu qu'à un chameau de passer par le trou d'une aiguille;  (d'après ma mère, le chas de l'aiguille c'était le nom d'une toute petite porte à Jérusalem).

Puis vint le "je n'aime pas les riches" de la part d'un candidat à la présidence de la république que l'on peut considérer (selon ses propres critères - gagner plus de 4000€ par mois) comme un riche.

Récemment j'ai lu dans Sciences Humaines que selon l'Observatoire des inégalités (je ne sais pas ce que c'est, il faudra que je regarde) notre ménage compte parmi les riches*, nous dépassons la barre de 570€. Si près de la limite, je pense que sans contexte nous pouvons nous considérer comme des riches pauvres.

*(pour un couple 5500€ nets par mois après impôts et cotisations sociales. )


jeudi 4 décembre 2014

THEOLOGIE ...

Dans une autre vie, quand nous étions une famille très croyante mes parents et mes frère et soeur, le théologien avait un statut de super héro.
Quand ma mère invoquait l’interprétation d'un théologien, c'était parole d’Évangile. Le théologien laïc avait quelque chose de supérieur aux clercs (prêtres, évêques et même pape) car il n'était pas juge et partie. On ne connaissait pas leur nom ni leur visage ce qui accentuait le caractère exceptionnel de ces hommes.

Aujourd'hui que je suis un mécréant, c'est tout juste si je ne les considère pas au mieux comme des imbéciles au pire comme des escrocs.

à suivre

COMPLIMENTS

Aujourd'hui, à presque soixante cinq ans, je ne suis pas en manque de compliments ; je crois qu'il n'en a pas toujours été ainsi, notamment dans l'enfance ; ce n'est pas le cas des enfants aujourd'hui quand on voit l'adoration qu'ils suscitent de leurs parents, grands parents oncles et tantes.

Ainsi ma voisine (quatre-vingts ans passés)  ne manque pas une occasion de louer mes talents ; son mari, au demeurant très sympathique, n'est pas très dégourdi ; au pays des aveugles les borgnes sont rois, c'est évident. Elle était boulangère et ma culture qui n'est pas nulle et ma familiarité avec le monde de l'ordinateur et d'internet l'épatent. Elle le dit ; même si ce n'est pas mérité ça fait plaisir.

Je viens par contre de recevoir un vrai compliment, d'une petite fille de neuf ans à qui je donne des cours de soutien en Français. Lors du troisième cours, me raccompagnant à la porte de l'immeuble pour m'ouvrir le passage avec mon vélo, elle me dit avec naturel (c'est une petite fille très vive) : "j'aime bien travailler avec vous".

J'en redemande des comme ça.

mardi 25 novembre 2014

RECONNAISSANCE (Les joies de la reconnaissance professionnelle)

Jeune DRH de la Centrale Nucléaire de Cattenom (35 ans), mon patron m'avait demandé de lui rédiger  un document cadre concernant la Formation ; il devait le présenter dans un organisme s'apparentant au Comité d'Entreprise. Je me souviens que la formation était un de mes centres d'intérêt et j'avais écrit un document de quatre pages qui abordait tous les aspects essentiels de la chose et j'étais assez content de moi.
La formation était un cheval de bataille de la CGT ; elle y faisait particulièrement attention considérant que n'importe qui pouvait accéder à n'importe quel poste pourvu qu'on fasse ce qu'il fallait en formation.

Mon Directeur ne m'en reparle pas avant la réunion (je n'y participais pas car à l'époque la réglementation interne permettait à la CGT de discuter avec le patron sur des sujets RH comme celui-là sans le DRH ; le boss se retrouvait donc seul avec une dizaine de syndicalistes qui pouvaient plus facilement le charcuter.)

Le lendemain de la réunion le boss me dit : "Ton papier sur la formation, je l'avais pas trouvé terrible mais ils m'ont cherché des poux dans la tête à plusieurs reprises et, chaque fois, j' ai trouvé ce qu'il fallait dans ton texte. Finalement, c'est ce qu'il me fallait."

C'est beau la reconnaissance.

GAFFE (Ma plus belle gaffe au boulot)

J'étais responsable du service administratif d'une centrale nucléaire (mon premier poste). Je devais envoyer à mon responsable régional les documents nécessaires à notre commission paritaire du personnel (moitié patrons, moitié syndicats) qui examinait toutes les questions relatives au personnel notamment les listes de candidats aux postes déclarés vacants.

Comme j'étais assez bordélique, parfois je ne savais plus où j'avais mis les listes dont j'étais destinataire et j'avais plus vite fait d'aller les chercher auprès du chef de service qui recrutait et d'en faire une photocopie que j'envoyais.

Un jour, peu avant une commission paritaire, la CGT fit un pataquès disant qu'elle avait la preuve de la discrimination anti-CGT lors des recrutements. Tout le monde était bien embêté ; la CGT mettait la pression et nous faisait mijoter en refusant de donner ses sources.

Après plusieurs jours de "disputes" la direction met la CGT en demeure de donner ses preuves et là, se cachant à peine de rire, ils mettent sous ses yeux un bordereau de candidats : en face de deux noms (des adhérents extérieurs au site que la CGT essayait de placer à la centrale par de chaudes recommandations), avait été ajoutées au crayon à papier les mentions respectives de "couille molle" et "incapable" (ces ajouts inhabituels venaient du fait que la CGT avait insisté pour qu'on les convoque ce qui n'aurait pas été fait autrement et le chef de service avait noté à chaud l'impression que lui avait faite les recommandés.)

Lorsque j'ai réalisé ce qui s'était passé, même si je ne suis pas sûr à 100% que c'est moi qui ai fait la connerie, le chaud m'est monté aux oreilles. Je me souviens de la réunion de direction où le fin mot de l'histoire avait été évoqué ; je n'en menais pas large ( je me revoyais bien allant chez le chef du service Entretien chercher le bordereau ; il me le donnait sans rechigner ne sachant pas ce que j'allais en faire et ayant oublié ses qualificatifs "discriminatoires").

En aparté, le chef de la délégation CGT avait plus tard confié à notre patron, que  les qualifications incriminées étaient tout à fait justifiés !

dimanche 23 novembre 2014

BEAUTÉ (Beauté et mise en beauté) ...

Qu'est ce qui est beau dans le monde ? Ce qui revient à dire : qu'est ce que nous trouvons beau dans le monde ? Je me demande précisément ce qui est naturellement beau, sans que nous le rendions tel, sans "mise en beauté" pour parler comme les magasines de mode.

La femme est belle, mais surtout nous le mettons en beauté par tous les artifices possibles et imaginables : cosmétiques, vêtements, accessoires , postures etc.

La nature sauvage est belle ; les paysages de nos campagnes sont beaux mais rien moins que naturels ; la campagne, la forêt, la montagne sont jardinés.

Les ciels sont beaux naturellement. Le ciel nocturne, la voie lactée sont magnifiques.

Les roches, les plantes sont naturellement belles.

Les animaux sont magnifiques, leurs petits particulièrement dans la perfection de leur jeunesse comme les petits d'hommes.

L'homme fabrique de beaux objets ; pure mise en beauté.

jeudi 20 novembre 2014

MERLU (Merlu à l'espagnole)

Quand j'étais gamin, à la maison, on ne parlait pas de merlu : on disait merluchon. L'autre jour papa nous a amenés au restaurant à Hasparren et nous nous sommes régalés d'un merlu à l'espagnole ; j'ai cherché à reproduire cette délicieuse recette. Au restaurant le merlu nous a été présenté entier sur un long plat,  l'arête centrale ôtée. Ne sachant pas comment procéder (ce doit être délicat) je me suis contenté de filets au four. Après trois tests, ce midi je crois que je suis bien arrivé à reproduire la recette.

Le poisson est cuit au four ; il est souvent trop cuit ; les recettes donnent des températures et des durées différents. Je ne suis arrêté sur une température de 190° pendant 16 minutes ; cela a marché aussi bien pour un dos de cabillot assez épais que pour le filet de merlu, plus mince.

La sauce à l'espagnole est faite de lamelles d'ail très doucement chauffées dans l'huile d'olive auxquelles on ajoute des petits morceaux de piquillos (petits poivrons confits dans l'huile en conserve.) ; comme le restaurant l'a fait je pense, j'ai ajouté un morceau de beurre dans la préparation.

Mettre un peu d'huile et de citron dans un plat à four
Poser les filets ; je les vaporise d'huile avec notre nouveau vaporisateur à huile ; les entourer de petites grappes de tomates cerises. Saler et poivrer légèrement les filets
Mettre au four et au bout de 10 mn (sur les 16) arroser le poisson de la sauce préparée, mettre un peu de persil haché et couvrir d'un morceau d'alu pour éviter qu'il dessèche.

Au restaurant il y avait aussi sur le poisson un peu de chapelure grillée, assez grosse. J'oublie à chaque fois mais c'était très bon. Pour ce faire je pense qu'il faut faire griller une petite tranche de pain rassis et l'émietter grossièrement ; rajouter cette chapelure après la sauce.

GAFFE (Les gaffes des autres)

Il n'y a rien de plus terrible que de se remémorer une gaffe que l'on a faite ; je préfère raconter celles des autres.

Sur la ligne 13, Chatillon-Saint Denis ; peu de monde mais toutes les banquettes sont prises ; un jeune homme magrébin, est assis sur un strapontin ; une femme est debout contre la porte côté voie ; il se lève ; il faut dire que la dame, la cinquantaine, a du ventre ; il la croit enceinte ; je vois bien qu'elle ne l'est pas ; elle décline l'invitation; il insiste ; elle est gênée, décline à nouveau, je suis gêné pour elle, pour lui.

lundi 17 novembre 2014

TERME (termes et mots)

Je découvre dans le dictionnaire amoureux des dictionnaires d'Alain Ray, que mot et terme ne sont pas équivalents et que selon l'auteur certains linguistes font la confusion. Certes tous les termes sont des mots mais tous les mots ne sont pas des termes (à vérifier). Alain Rey explique que si les mots d'un poème ne sont pas toujours traduisibles les termes le sont toujours.

Pour moi le mot terme c'était les phrases suivantes :
- "au bons sens du terme"
- "qu'en des termes choisis ces choses-là sont dites"
- "ce sont ses propres termes"
Je ne suis d'ailleurs pas sûr que ces expressions utilisent le mot terme à bon escient.

En tout cas c'est dans le dictionnaire amoureux de la langue française de Jean-Loup Chiflet que j'ai trouvé une explication, de Silvia Pavel, que je reprends :
Dans la phrase qui suit elle distingue les termes que j'écris en rouge :

"Toute étendue de terre consacrée à la culture des fleurs vivaces, des fleurs annuelles ou d'autres plantes florales peut être appelée plate-bande. Sa longueur varie selon les circonstances, sa largeur varie de 3 à 6 pieds si l'on y a accès par un côté seulement, et de 6 à 12 pieds si l'on y accède par les deux côtés."

Elle fait la distinction entre les mots qui font partie de la langue générale et les termes qui désignent un concept spécialisé dans un domaine particulier.

Alain Rey, pour revenir à lui, explique que certains termes échappent au système langagier comme H5N1 qui est le nom d'un virus. En fait la terminologie établit des noms techniques, des noms spéciaux comme ceux de la chimie avec ses suffixes  -eux, -ique, -ate, -ure et -ite.

Je doute que ce sujet intéresse grand monde mais moi cette histoire de mots qui n'en sont pas, qui sont des termes me passionne.


samedi 15 novembre 2014

VOILIERS

Il y a quelques jours l'Hermione (la reproduction fidèle du navire avec lequel La Fayette a rejoint l'Amérique) était de passage à Bordeaux ; je suis allé la voir. Comme Vincent était allé la voir quelques jours plus tôt à Rochefort, j'ai donné un petit coup de fil à Vincent depuis le port : "tu sais d'où je t'appelle ?" ...

Les grands voiliers nous fascinent. Quand j'étais adolescent, j'ai fait des maquettes de voiliers en plastique. Mon premier c'était "L’épervier" de chez Heller, un clipper trois-mats. Je me souviens de l'avoir monté et plus tard de l'avoir peint, une fois entraîné à la décoration des chasseurs de la deuxième guerre mondiale. J'avais choisi de peindre la coque d'une belle couleur vert profond ; la maquette est restée très longtemps sur l'armoire de ma chambre. Ensuite j'ai eu le coup de cœur absolu pour un autre voilier, de guerre celui-là, le trois-mats "Constitution" de chez Revell ; celui-là je l'ai peint d'entrée ; je me souviens de ses bandes blanches correspondant aux lignes de canons et à la coque que j'avais peint couleur cuivre. J'adorais l'allure de ce bateau.

J'ai aussi fait des petites maquettes de bateaux Airfix (dix centimètres de long) ; la maquette comprenait des voiles en plastique gonflées par le vent et un petit socle représentant la mer sur lequel le bateau était posé et qu'il fallait également peindre. Je me souviens de la Santa-Maria et de l'Endeavour de Cook.

Hier en allant faire un tour au magasin Terre et Mer place Gambetta où on trouve des articles de décoration marine, des maquettes d'avions en bois peint, des oiseaux en bois  et des vêtements, je suis tombé sur une magnifique maquette de l'Hermione, en bois, (série limitée) de cinquante centimètres de longueur. J'ai envie de l'avoir mais elle est chère : 1195 euros ; bien sûr c'est dans mes possibilités mais c'est une somme.

Actuellement dans notre salle de séjour il y a une bisquine à la coque noire et aux voiles rouge-brun que j'ai achetée à Saint-Jean-de-Luz il y a quelques années maintenant.

ALLEN WOODY

Nous venons de voir le dernier film de Woody Allen, Magic in moonlight. Nous l'avons beaucoup aimé ;  c'est le Woody Allen que nous aimons, car il y a des films de lui que nous n'apprécions pas, presque un sur deux. Curieusement lorsque nous évoquons Woody Allen dans nos conversations, nous parlons avec enthousiasme de ses films comme si nous étions des inconditionnels ; or ce n'est pas le cas, nous l'aimons beaucoup comme créateur et comme personnage mais il fait beaucoup de films et il n'est pas rare que nous soyons déçus.

A propos de Woody Allen, c'est amusant aussi cette attitude par laquelle nous pensons être valorisés par les choses que nous aimons. Comme si aimer certaines choses, certaines oeuvres, certains auteurs faisaient de vous quelqu'un.... je ne sais pas comment dire, pas quelqu'un de bien mais quelqu'un qui a du goût (j'aimerais trouver des mots mieux appropriés à ce que je veux dire). Je suppose que ces choses sont différentes selon les personnes mais je subodore que chaque fois la personne a le sentiment (que la mode le confirme ou pas) que ce goût qu'elle a la valorise, la met au-dessus du commun (alors même que quantités de personnes ont comme elle le goût pour cette chose.)

Je pense que plus ce goût est singulier, rare, plus on se sent valorisé.

CADEAU

Mon père vient de m'offrir le Saint Jacques en bois polychrome qui ornait l’étagère au dessus du bar à Mendionde ; rien n'aurait pu me faire plus de plaisir ; j'adorais cette statue, elle me rappelle le temps où on pouvait en trouver dans les "ventas" (prononcer "bintass) qui fleurissaient juste derrière la frontière espagnole ; j'en cherchais mais on n'en trouvait plus.

Il me rappelle la sortie en Espagne que nous faisions à la colonie de vacances au bord de la Nive à Herauritz, l'émerveillement pour ces trésors de quelques sous que nous ramenions pour nous et en cadeaux pour nos parents : un taureau noir avec ses banderilles, un couteau de poche (tolère-t-on aujourd'hui que les enfants aient un couteau dans leur poche ?) une bouteille de Moscatel (vin cuit de muscat) .

Ce présent me fait d'autant plus de plaisir que je m'étais persuadé que ma sœur l'avait réservé. Papa était visiblement très content que j'aime son Saint Jacques et son plaisir en a été décuplé. Ça m'a un peu embêté d'en dépouiller la maison, mais il a insisté ; je vois que les personnes âgées (mon peau-père fait pareil), ne sont pas attachés aux objets, ils les donnent volontiers.

samedi 8 novembre 2014

PENSÉE (pensée en regardant le ciel nocturne) ...

Je regardais le ciel nocturne avec toutes ses étoiles et la voie lactée si magnifique et émouvante quand je me suis dit qu'un homme d'il y a 150 000 ans, couché sur l'herbe, comme moi, pour regarder le ciel, (c'est sûrement arrivé) voyait exactement ce que j'étais en train de contempler. Je pense qu'il y a peu de choses qu'un homme de cette époque a pu voir exactement comme je les vois aujourd'hui ; il faudra que j'essaye un inventaire.


LIRE (savoir lire)

J'ai une nouvelle petite élève en soutien scolaire ; Eléna, en CE2, qui a 9 ans. Je l'ai fait lire ; cela ne me paraît pas catastrophique mais elle ne sait pas encore bien lire.

Cela me renvoie au débat sur les méthodes d'apprentissage de la lecture. Récemment deux chercheurs ont montré que la méthode officielle globale ou semi globale, était significativement moins performante que la vieille méthode syllabique.
Le premier est neurologiste et a montré grâce à l'IRM que les élèves qui lisent le mieux utilisent le cerveau gauche et ont appris avec la méthode syllabique tandis que ceux qui ont appris avec la méthode globale utilisent le cerveau droit.
Le second est sociologue et a visité des dizaines de classes et comparé les méthodes des instituteurs et les performances en lecture des élèves ; les élèves qui ont appris avec la méthode syllabique lisent nettement mieux.

J'ai lu dans la presse que les mandarins de l’Éducation Nationale refusent obstinément de voir le problème et donc de changer de méthode officielle. Pitoyable.

Pour ma petite Elena j'ai acheté une méthode de lecture syllabique ; on verra.

Je m'intéresse au rapport qu'il y a entre le langage parlé et son écriture. Je suis en train de me faire un schéma pour bien expliciter la mécanique du passage du son à l'écrit dans une langue. J'ai en tête l'histoire des moines slaves Cyrille et Méthode son frère, qui ont créé (en 800 environ) un alphabet pour pouvoir évangéliser les slaves dans Moraves dans leur langues. 
Comment fait on pour passer d'un état où les gens n'ont pas d'écriture pour leur langue à l'état où ils lisent la Bible (c'était le but de la manœuvre) traduite dans leur langue grâce à l'alphabet créé à cette fin. J'aimerais expliciter le processus.

vendredi 7 novembre 2014

PHILICTIONNAIRE (vanité du Philictionnaire)

(Vanité : caractère de ce qui est vain, vide, sans solidité, sans durée. Littré)

Quand j'ai une idée, je l'aime et je la trouve bonne. Sans doute que le Philictionnaire n'est pas une mauvaise idée mais quand je m'y attèle j'ai quand même le sentiment de la vanité de la chose.

Bien sûr que c'est une idée louable de vouloir laisser à ses enfants quelque chose de soi, de qui on était, de ce qu'on a fait, de ce qu'on a appris et qu'il n'est pas complètement inutile de transmettre, malgré tout, quand je me retrouve avec mes billets, je me demande si ça vaut bien la peine.

(20 nov 2014)
À la réflexion le Philictionnaire aura peut-être le mérite d'épargner aux enfants le regret de ne pas avoir pris le temps de m'interviewer sur mon enfance, ma vie, mes expériences. J'aurai pris les devants  ; certes ma génération n'a pas vécu les malheurs qu'on vécus les précédentes : je pense aux deux guerres mondiales, à la guerre de Corée et à la guerre d'Algérie.
Il reste quand même la singularité de la vie "d'autrefois" qui est toujours différente d'une génération à l'autre ; en ce qui nous concerne nous avons été à la charnière entre le monde ancien (l'avant guerre) et le monde "technique" de nos enfants ; toutes ces choses dont nous pouvons raconter l'arrivée et que nos enfants ont toujours connues comme la première voiture ou la télévision par exemple.

PHILICTIONNAIRE (fonctionnement du philictionnaire)

Il y a une manière de rédiger le philictionnaire qui m'apparaît à l'expérience. Aujourd'hui j'achète Le Monde des Livres et je vois qu'il y est question du Paradis qui part en eau de boudin (un roman) ; mais j'y lis aussi, d'un commentateur, qu'après tout l'enfer aussi pourrait partir en eau de boudin.
Et cela me donne à penser ; sans aller plus loin dans ma lecture je pose le journal et je prends ma plume.
Je me dis qu'un Paradis qui ne marche pas je peux bien l'imaginer ; ça serait comme sur terre quoi ; bien sûr on imagine toujours le paradis comme parfait, l'idéal en matière de félicité ; mais là où ça devient amusant c'est d'imaginer l'enfer qui part en quenouille. Qu'est ce que ça peut être un enfer qui part en quenouille ? un enfer où la souffrance ne serait pas assurée avec autant d'efficacité que prévu par exemple ; des damnés qui soudoieraient les démons pour obtenir un régime plus doux, au détriment des âmes les moins noires bien sûr ; mais au fond est ce que ça ne serait pas ça l'enfer parfait : le lieu où rien n'est assuré, où tout peut arriver où il se fait encore du mal ?

J'ai envie de réfléchir à ça et de penser à ce que seraient un Paradis bordélique et un Enfer bordélique. Le roman sur le Paradis en bordel, c'est L'ordinateur du Paradis de Benoit Duteurtre. Je ne crois pas qu'il existe un roman sur l'Enfer bordélique. (À suivre ?)

jeudi 6 novembre 2014

LAMPROIE ...

Ce matin je suis allé chez Mollat pour acheter une méthode de lecture pour aider ma nouvelle élève Elena qui est en CE2.
En revenant (à pied comme d'habitude) il m'est venu l'idée d'essayer une nouvelle formule pour les entrées du Philictionnaire. Plutôt que d'avoir une entrée répétée chaque fois que j'exploite le mot au titre d'une rubrique particulière (pas facile à comprendre, je le concède), je vais essayer sous la même entrée de faire référence à autant de rubriques que nécessaire. Les rubriques sont en italique.

Par exemple, pour ce test j'ai pensé au mot "lamproie". (je ne me rappelle pas ce qui m'a fait penser au mot lamproie sur mon parcours.)


Je me souviens
Je me souviens (fin des années 50) que ma mère avait fait une lamproie à la bordelaise ; elle l'avait commandée à notre boulanger, qui livrait le pain avec une 203 commerciale bleu-gris, avec une bouteille de gaz sur le toit ( une voiture à gazogène).

Petit bonheur
Le vendredi, l'hiver, acheter au marché sur la place Saint Seurin, une part de lamproie à la bordelaise (pour neuf euros, un prix somme toute modique si on considère que la boîte de quatre cent grammes coûte 32 euros en magasin spécialisé). Avec un verre de Solitude, je me régale.

mercredi 5 novembre 2014

POLITIQUE (une politique) ...

Lorsque je travaillais comme DRH, la question se posait souvent de savoir quelle était notre politique dans tel ou tel domaine. En progressant en management dans les années 1990/2000, il nous apparaissait que pour être performants aussi bien que pour traiter les problèmes il fallait que nous ayons des politiques. J'élaborais même ce que j'appelais des micro-politiques applicables dans mon propre département.

En effet dès lors qu'on est confronté à une exigence ou une ambition d'un certain niveau se pose la question non seulement de savoir quel but on poursuit mais aussi quel chemin on va emprunter (quels moyens on va mobiliser) pour y parvenir. Ainsi j'avais écrit la définition pour moi d'une politique ; il faut que je la recherche ; je me souviens que je considérais qu'une politique c'était d'abord une volonté et un choix ; car une politique est une possibilité parmi plusieurs ; s'il n'y en a qu'une c'est une nécessité ce n'est pas une politique.

Par exemple le problème de l'alcoolisme dans les unités posait le problème d'une politique au sens des moyens qu'on choisissait de mettre en oeuvre ; avoir une politique cela signifie avoir décidé d'agir et avoir choisi les moyens d'action.

C'était l'époque ou on voulait mieux traiter les meilleurs que la majorité des suiveurs. Cette volonté exigeait une politique. De même on parlait à tout bout de champ de reconnaissance ; je me souviens que j'avais écrit une politique de reconnaissance basée sur une définition fine de la reconnaissance du personnel dans une entreprise.

MAFIA ...

Un journaliste italien  a écrit un livre sur la Mafia,  Gomora , dont on a fait un film. La Mafia veut sa mort ; il se cache et se trouve sous protection policière permanente.

La Mafia est italienne comme chacun sait ; elle s'est reproduite aux USA ; il y a aussi la mafia russe dont on parle beaucoup depuis la chute du Mur, la mafia chinoise, la mafia japonaise ; on ne parle pas de mafia française ; pourtant on sait qu'il y en a une. Le journaliste italien évoqué ci-dessus a parait-il déclaré qu'il allait consacrer son prochain livre à la mafia française, histoire de nous aider à ne plus faire semblant de croire qu'elle n'existe pas.

Je me demande en tant que citoyen comment un pareil phénomène doit être abordé par une démocratie avancée. Je pars du principe que le crime organisé existe partout, simplement il est plus ou moins organisé ; c'est une question d'échelle. L'environnement doit être plus ou moins propice à sa croissance. Si l'Etat, si le personnel politique est en lien avec la mafia nationale, elle doit prospérer il finir par faire partie du système politico/économico/social.

Pour moi, un Etat qui n'est pas significativement gangréné doit se donner une politique de lutte contre la criminalité organisée. La France a t elle une politique contre le crime organisé ? Je vais me renseigner.

Pour moi, la politique contre le crime organisé pourrait ressembler à ça :

1-principe : le développement d'entreprises criminelles organisées est dangereux notamment pour la sécurité des citoyens, pour les entreprises normales et pour la démocratie.

2-constat : il est dans l'ordre des choses que la criminalité se développe partout où de l'argent peut être gagné de façon illégale : il y a un marché pour l criminalité.

3-principe : l'Etat au titre de ses fonctions régaliennes doit, par sa police et sa justice lutter contre la criminalité organisée, non seulement pour éviter qu'elle se développe mais pour la maintenir à un niveau raisonnablement bas (l'Etat n'a pas les moyens de faire disparaître la criminalité organisée mais il peut rendre élevé le risque de se faire prendre et punir pour tout criminel participant à une entreprise de crime organisé.

4- l'Etat se dote de dispositifs institutionnels pour se protéger et protéger le personnel politique  et les dirigeants des grandes entreprises publiques de toute infection par les entreprises criminelles.

dimanche 2 novembre 2014

RUSE

Eva Illouz sociologue vient de sortir un livre sur l'amour ; dans une interview elle raconte que dans sa jeunesse elle était fan de roman photos mais comme dans son milieu intello cette passion faisait un peu tache, elle a décidé d'en faire un objet d'études, ainsi, elle pouvait pratiquer tranquillement sa passion.
C'est ce que devrais faire ; moi qui suis passionné par l'image de la femme et du corps féminin (dévêtu ou pas) je collectionnerais les images érotiques qui ne manquent pas dans notre société ; j' en identifierais les différentes catégories, les codes du genre, les usages sociaux des images etc. en toute innocence.

vendredi 31 octobre 2014

CONNAÎTRE (bien connaître quelqu'un) ...

J'ai fait l'expérience, quelque temps avant mon départ à la retraite, d'une "blessure narcissique" pas piquée des hannetons.

Un collègue/chef (dans notre entité d'audit, le chef de mission animait une équipe de trois ou quatre auditeurs, il ne la dirigeait pas au sens propre, et ce d'autant plus que souvent les chefs de mission débarquaient de l'extérieur sans aucune connaissance du métier ni des connaissance de base afférentes, alors que nous les auditeurs étions souvent très chevronnés) me dit un jour : 

-J'ai invité à l'apéritif des gens qui te connaissent, les untel 
- Oui je les ai connus il y a vingt-cinq ans à tel endroit quand j'étais DRH
- Mais tu les connais bien ?  
Je ne vois pas bien où il veut en venir - Oui je les connais, lui était instituteur de mon cadet.
Mais ils te connaissent vraiment bien ?

J'ai compris ce qui se passait dans sa tête. Ces gens m'avaient connu lorsque j'étais, bien qu'encore jeune, à l'apogée de ma carrière dans un poste assez prestigieux. Je ne les avais pas fréquentés mais ma réputation n'était sans doute pas mauvaise et ils avaient dû parler de moi à leur hôte en termes positifs, peut-être élogieux, sans doute trop.
Et voilà que pour notre homme je ne suis qu'un sous-fifre d'auditeur, dont il n'imagine pas qu'il ait pu avoir une "vie antérieure", que par ailleurs il n'apprécie pas (je suis assez casse c. comme subordonné). Seule explication pour lui :  ils disent du bien parce qu'ils ne me connaissent pas vraiment, ils ne savent pas quel type médiocre je suis.


LIRE (il faudrait lire)


La ministre de la culture, Fleur Pellerin, fait ces jours-ci le buzz : elle a déclaré ne pas avoir le temps de lire.
Les parents des collégiens sont toujours désolés ; leurs rejetons ne lisent pas. Il y a des gens qui ne lisent pas un livre par an. Pourtant il faudrait lire : pour se cultiver, pour mieux connaître le monde, pour être quelqu'un de bien ?

Je me demande d'où vient cette injonction ; sans doute du fait que la France était un pays d'hommes de lettres ; ils voudraient que tout le monde leur ressemble.

J'ai aujourd'hui un gros doute sur l'effet de la lecture et de la culture littéraire sur les gens ; dans ses mémoires Jean François Revel témoigne que le fine fleur intellectuelle et culturelle de la France, c'est à dire l'élite entrée à Normale Sup, non seulement s'est vautrée comme un seul homme dans le communisme mais en plus avec un manque de distance incroyable, un suivisme intellectuel inimaginable, sans parler de l'agressivité imbécile et malhonnête exercée sur tout ce qui n'était pas dans la ligne du Parti. A quoi leur a servi de lire (de connaître en profondeur) les grands auteurs, les grands romanciers, les grands philosophes si à la première idéologie présentée comme scientifique, ils s'avèrent plus naïfs plus stupides que l'homme le moins éduqué ?

Il est clair que les gamins à titre utilitaire doivent lire pour pouvoir répondre aux questions qu'ils risquent se voir poser sur leur programme de lecture ; mais à part ça ? Je me demande de plus en plus souvent ce que je répondrais à un collégien qui me demanderait pourquoi il devrait lire des livres.

jeudi 23 octobre 2014

NUIT (la nuit pourrait ne pas être noire ?) ...

Aux alentours de ma soixantième année (2010), je lis qu' Edgar Poe, qui apparemment s'intéressait aux questions d'astronomie, avait émis l'idée que le nuit ne devrait pas être noire puisque, compte tenu du nombre d'étoiles, notre regard, où qu'il s'oriente,  devait forcément tomber sur une étoile ; on devrait dont voir un ciel non seulement clair mais partout brillant.

Je dois avouer que cette idée m'a tout de suite parue incongrue ; pourtant j'ai depuis vu plusieurs articles qui trouvaient judicieuse cette question. Chez mon frangin j'ai même trouvé un livre entier consacré au sujet (en fait sous le prétexte de répondre à la question c'est toute l'histoire des découvertes astronomiques.

Est ce que je trouve la question idiote de la même manière que les contemporains de Copernic trouvaient sa théorie aberrante ? Je ne sais pas mais pour moi les étoiles qui se trouvent effectivement partout entre celles que l'on voit bien ou pas, sont trop petites pour notre vue (on ne verrait pas la lumière d'une bougie sur la lune !

La réponse scientifique est apportée par Étienne Klein, entre autres (cf le livre du frangin) dans Le Point du 21/08/2014 :

"Il ne va pas de soi qu'il doive faire nuit la nuit ; Si nous avions une très bonne vue, le ciel devrait nous apparaître comme pavé de soleils et donc parfaitement clair. Ce paradoxe qui a suscité d'innombrables réflexions depuis au moins quatre siècles n'a pu être résolu que récemment grâce à la combinaison d'au moins trois éléments :

1- la lumière des étoiles les plus lointaines ne nous est pas encore parvenue
2- les étoiles ne brillent pas depuis toujours
3- l'univers étant en expansion la lumière des étoiles nous arrive avec une longueur d'onde qui fait qu'elle n'est pas visible à notre œil.

En réalité la nuit n'est pas noire mais elle est baignée de rayonnements invisibles à notre oeil.



mercredi 22 octobre 2014

EVALUATION (je suis le créateur d'un modèle d'évaluation du personnel) ...

Marion vient de m'adresser l'évaluation qu'a fait d'elle (à titre gracieux du fait qu'elle est son prestataire) un cabinet de consultants RH. Cela m'intéresse du fait que dans ma vie professionnelle je suis devenu un spécialiste de l'évaluation du personnel ; en effet ce sujet qui me concernait (dans l'entreprise tous les cadres sont évalués et évaluateurs de leurs troupes) est devenu un sujet de réflexion et de normalisation quand le suis devenu DRH puis de d'ingénierie et de conseil quand je suis devenu consultant.
C'est au moment où je passais de DRH à consultant que j'ai imaginé un dispositif ou un modèle (au sens de modèle mathématique) d'évaluation du personnel. C'est un sujet sensible par nature et j'ai eu à cœur après un projet d'entreprise très ambitieux à Cattenom (Centrale Nucléaire de Cattenom) et après un investissement personnel sur la question de la compétence au travail de proposer quelque chose d'efficace et à la fois d'éthique, car je trouvais que ce qui existait alors était très insatisfaisant.

Ce travail correspondait aussi à un besoin crucial de l'entreprise et je pourrais même dire des entreprises à ce moment là car on changeait de système de valeur : on passait, pour faire simple, de la promotion à l'ancienneté à la promotion au mérite c'est à dire à la performance professionnelle : une évaluation exacte et juste devenait indispensable.

THEOLOGIE ...

Lors d'une conversation ce week-end avec mon père sur la religion, je lui donnais (avec passion) ma position que la théologie est pour moi une activité, non scientifique et vaine puisque elle a pour objet "la fable chrétienne".
A vrai dire je ne sais pas exactement ce qu'est la théologie ; je suppose qu'elle essaie de penser tous les problèmes posés par la Foi c'est à dire les textes, la (prétendue) révélation, les dogmes, les rites etc. J'ai donc décidé d'aller y regarder de plus près.

Dans ma jeunesse on révérait la théologie ; je me souviens que quand ma mère, qui était très croyante, parlait des théologiens c'était avec de l'admiration dans la voix. Il me semble que la théologie représentait la pureté, l'idéal d'une Foi empêtrée dans la réalité des croyances et des pratiques bien humaines de la religion.

On voyait également l’Église, Rome, comme une institution conservatrice (rétrograde ?) alors que les théologiens , en position de contestataires comme AK, nous apparaissaient comme des résistants sympathiques. Aujourd'hui je ne vois pas bien ce que les théologiens modernes peuvent bien nous apporter ; ils repeignent la façade mais pour moi c'est tout le bâtiment qui est à détruire.

vendredi 17 octobre 2014

PROFUSION (une profusion démotivante d'arbres) ...


Hier j'ai fait une expérience un peu désagréable. Je regardais sur Pinterest le tableau d'une fan d'arbres comme moi ; son tableau s'appelait "tree art".
Je collectionne les images d'arbres depuis des années et là j'étais devant une quantité, qui m'est apparue incroyable, de tableaux de peintres et d'images d'illustrateurs représentant des arbres ; au fond exactement ce que j'ai fait moi-même et ma propre collection a un spectre beaucoup plus large et atteint un nombre énormément plus important. 
Je faisais défiler les images de plus en plus vite et je n'en voyais pas la fin ; je me disais "mais cette personne a toutes les images d'arbres absolument toutes" (ce qui n'était pas le cas en réalité car je pensais à certaines images parmi mes préférées que je ne voyais pas) ; ça avait quelque chose de démotivant ; je me disais, "mais si une personne a toutes les images, si à la limite tout le monde peut accéder à toutes les images d'arbres, quel est l'intérêt d'une pareille accumulation ? quel est l'intérêt de ma collection ?".

(à poursuivre)

GENRE (Un problème avec le genre) ...


Il y a désormais une question du genre. La médiasphère est très active sur cette question depuis une paire d'années ; le pic a été atteint ce printemps quand des parents ont retiré leur enfant de l'école de peur qu'on le pousse vers un changement de son identité sexuelle !

En l'espèce l’Éducation Nationale pour  lutter contre les stéréotypes sexistes testait des ABCD de l'égalité (des sexes) mais dans un contexte de trouble autour du genre elle a dû les retirer. On était en pleine contestation de la loi étendant le mariage aux homosexuels ; les manifestations et les contestations se succédaient.

De quoi s'agit-il ? D'abord qu'est ce que c'est que le genre pour quelqu'un de ma génération ? c'est le genre sexuel : les garçons et les filles (les quilles et les canons comme on disait dans les années 50 dans ). C'est le genre des mots : les mots masculins et les mots féminins.

La question de l'homosexualité ne posait pas la question du genre ; il y avait bien sûr le cas des "folles" mais tous les garçons homo ne sont pas des "folles". Il y avait aussi plus problématique quand on la découvrait, le questions des brésiliennes ces prostituées du bois de Boulogne qui s'avéraient des travestis, des travelos, des filles qui en fait étaient des garçons bien montés ; personnellement je ne comprenais pas bien de quoi il retournait.

La première fois que la question du genre est entrée dans mon champ de conscience c'est dans les années 80 lorsque la télévision a montré l'interview d'une femme de 45 ans (qui ressemblait à Françoise Mallet-Joris) ; elle racontait qu'elle était née garçon dans une famille de militaires, qu'elle s'était engagée dans les "paras" à 18 ans, alors que dans sa tête depuis toujours elle était une fille. Elle disait que, petite, prenant son bain avec son frère aîné, et constatant qu'ils avaient tous les deux un zizi, elle pensait que pour les filles, à un moment, il tombait. Un jour elle a pu changer de sexe, c'est à dire prendre l'identité de genre qui avait toujours été la sienne ; suivaient d'autres témoignages dont certains du cas inverse : une fille devenue garçon.
Ce jour là j'ai compris un des problèmes du genre : le genre qu'on est dans la tête peut ne pas être le genre anatomique qu'on a.

Puis vinrent, dans les années 2000 les Gender studies et leur porte-drapeau Judith Butler, auteur du livre "Trouble dans le Genre".

Les études de genre sont un champ d'études et de recherche interdisciplinaire consacré aux constructions sociales des identités, représentations et différences entre les femmes et les hommes dans ce qu'elles ont de social, politique, anthropologique, historique, psychique, philosophique ou artistique ainsi qu'à la sexualité et à sa normalisation.


Ma vision des choses est que des groupes militants des causes féministes, gay et transgenre contestent la vision dominante

jeudi 16 octobre 2014

JOUICTIONNAIRE (un dictionnaire de ce qui me procure du plaisir)...

(Rubrique du Philictionnaire)

Un jour j'ai pensé faire un recueil de toutes les choses que j'aimais (il n'y a pas de mot satisfaisant pour exprimer cette relation aux choses), dont la seule pensée me procurait du plaisir. J'imaginais un énorme livre comme j'en ai vu une fois, avec des grandes feuilles reliées à la diable, où je mettrais des images, des textes, des dessins, des pensées, des idées de nouvelles ou de touts petits textes. Il y a une collection, où les livres sont consacrés à un thème comme ça : "l'anthologie du loup"; c'est un peu une anthologie personnelle que je voudrais faire, sur un thème.

J'ai pensé appeler ce recueil "le Jouictionnaire" parce que les entrées seraient classées par ordre alphabétique.

Exemples de "choses" qui figureront dans le Jouictionnaire
- l'objet "tour" (Tour de Babel) ; tour de château ou de maison forte ;
- l'objet "pont antique" : pont romain ; aqueduc ;

Contenu du Jouictionnaire :

Tour :
- le goût pour les tours : pourquoi ? C'est un objet immémorial : Pyramides, Ziggourats. Le mythe de la Tour de Babel.
Les tours donjons ;
Dans la BD et l'iconographie : la Tour de Peeters et Schuiten et plus généralement la tour dans leur oeuvre ; les Tours immenses du Seigneur des anneaux ;

jeudi 9 octobre 2014

PHILICTIONNAIRE (raisons d'être du Philictionnaire) ...

La raison d'être du Philictionnaire, au départ, c'est de laisser quelque chose de moi, une trace, un souvenir, à mes descendants. Je pense que l'idée m'est venue en essayant de recueillir auprès de mon père et accessoirement de mon beau-père, le récit d'épisodes de leur vie. Quand je vois qu'il ne reste rien de notre ami Jean Pérennes, homme et prêtre remarquable, malgré les récits qu'il nous a fait de temps en temps de son histoire extraordinaire, ça me rend malade. Je ne prétends pas, très loin de là, que ma vie soit aussi intéressante que celle de mon père ou de Jean Pérennes, mais c'est un fait que j'ai ressenti comme dramatique, qu'une personne s'en aille sans qu'il reste quelque chose d'elle, un témoignage de quelle personne il a été, que ses enfants et petits enfants notamment n'aient que des souvenirs, rapidement assez vagues et quelques photos.

Le projet est indiscutablement narcissique mais je pense que mes enfants et mes petits enfants me sauront gré de l'avoir réalisé. 

Le Philictionnaire a d'autres raisons d'être.  Il me permet de réaliser divers projets en les intégrant ; je ne manque pas de projets, j'en ai plutôt trop au point que je me demande si je ne suis pas fondamentalement velléitaire ; enfin, le Philictionnaire témoignera de ce que je suis. Divers projets donc :

1- une autobiographie ; ce que j'ai vécu (chaque génération a une expérience unique ; celle de la nôtre aura été liée à l'extraordinaire développement des techniques) ; je pense que nous avons des choses à raconter à nos enfants et à nos petits enfants qui les étonneront.

2- une transmission : chaque être humain doit en quelque sorte apprendre tout ce que les générations précédentes ont appris ; l'école est là pour ça, mais il y a des choses qu'un homme apprend par sa formation, par son expérience et par sa curiosité et qu'il trouve dommage de ne pas transmettre.


MONTAIGNE (Michel de Montaigne et moi)

Quand je réfléchis à ce que Montaigne représente pour moi, depuis que son nom est entré dans ma vie (en gros au Lycée en cours de Français), voilà ce que je trouve :

Montaigne, j'ai l'impression, m'a toujours été sympathique ;est-ce à cause de sa renommée ?  est-ce parce qu'il a été maire de Bordeaux ? est-ce que c'est parce qu'il est un des plus grands hommes de lettres et philosophes français ? Est-ce parce que nos maître nous disaient qu'il était immense ? Je ne pense pas que nous avons été séduits par ses idées et son style étant donné que même traduit en français moderne (j'y reviendrai) il était d'après moi assez hermétique. Je pense que ça allait de soi qu'il fallait admirer Montaigne et nous l'admirions....sans l'avoir lu.

Je pense que ce sont des commentaires sur Montaigne, de Conte Sponville notamment (une année, il a tenu une rubrique matinale sur Montaigne à France Inter pendant les vacances d'été) qui m'ont donné envie de le lire ; Conte disait que l'on appréciait Montaigne après 40 ans ; j'achète donc les Essais après avoir vu dans le Monde des Livres l'annonce de la sortie des Essais "en français moderne". Déception car de français moderne point ; u si peu : de temps en temps un mot qui n'existe plus est "traduit" entre parenthèses. Mais le texte est toujours aussi difficile pour un lecteur d'aujourd'hui ; on se lasse, on renonce.

Je décide alors de traduire en français d'aujourd'hui, tel qu'on le parle, les Essais (1300 pages format in-quarto). J'ai commencé par les chapitres les plus courts ; une page ; quel boulot ; comme souvent je suis vite découragé et j'arrête.

L'été dernier un professeur de philosophie, Antoine compagnon consacre une rubrique quotidienne à Montaigne,- sur France Inter toujours- qui a beaucoup de succès et fait l'objet d'un petit livre que j'achète ayant manqué les matinales à la radio.
Le livre est très intéressant ; on voit là toute la richesse et en l'espèce l'originalité de Montaigne pour son époque, mais je constate à nouveau qu'il est impossible de comprendre les Essais pour un citoyen ordinaire ; le constat est facile du fait que dans son livre Compagnon cite les passages originaux et les met en français actuel tout en les commentant ; on ne peut que constater que la version originale est incompréhensible.

Cette année, Philosophie Magasine  sort un numéro spécial sur Montaigne, thématique et très pédagogique. Je vois à l'intérieur une publicité pour une nouvelle édition des Essais, EN FRANÇAIS MODERNE ! Je le cherche à Bayonne ; je le trouve ; il est sous emballage plastique ; je me le fais déballer pour vérifier qu'il est vraiment en français moderne ; il l'est ; merci monsieur André Lanly.

Je n'ai plus qu'à le lire ; sans excuse cette fois. J'ai commencé. 

PS : il se trouve que retour du Périgord, ce printemps, nous nous sommes arrêtés visiter la tour de Montaigne ; il y a tellement longtemps que je voulais faire cette visite ; j'étais ému ; j'avais peur d'être déçu. Nous ne l'avons pas été ; il faisait beau, l'air était doux, le site est très beau, très émouvant.

Le 16 octobre 2014.
Je viens de lire le chapitre X des Essais : "Sur les livres" ; c'est peut-être le premier chapitre (en dehors des plus courts que je m'étais amusé à traduire) que j'arrive à lire jusqu'au bout ; enfin je vois Montaigne tel qu'en lui-même et je ne regrette pas ma lecture.


LIRE (la lecture et moi)

Quand j'étais jeune je lisais peu ; dans ma famille j'étais le seul à ne pas lire ; mon père, l'intellectuel de la famille lisait beaucoup, ma mère aimait lire aussi bien pour le plaisir que par curiosité ; mon frère malentendant s'est révélé un dévoreur de livres ; lorsque nous partions en vacances, le problème c'était de trouver rapidement une bibliothèque municipale car il lui fallait 2 ou 3 ivres par semaines sinon il était insupportables ; littéralement il lui fallait sa dose.
Moi j'étais assez sportif, j'aimais jouer, les activités de plein air ; je lisais un peu, le goût familial  pour la lecture déteignait quand même sur moi.

Je suis tombé malade et j'ai dû rester alité un long mois deux rentrées universitaires de suite ; j'ai commencé à lire et je ne me suis plus jamais arrêté.
Je lis peu de romans, je préfère les essais, l'information, savoir comment marche le monde.

Actuellement, je lis au moins deux livres par mois. Je suis abonné à Philosophie Magasine et à Sciences Humaines (deux mensuels) ; je prends le Monde des Livres chaque vendredi ; de temps en temps j'achète Clés. Nous sommes abonnés au Point (hebdomadaire) et mon père me donne ses magasines une fois qu'il les a lus : Le Nouvel Observateur, La Vie, Science et Avenir, Le Monde des Religions. Je ne lis ps tout loin de là, il rentre plus d'hebdomadaires que nous pouvons en écluser mais enfin cela fait beaucoup d'information qui entre chez nous.

Mes dernières lectures :
- 2001 une Odyssée de l'Espace (deuxième relecture)
- La querelle des universaux d'Alain de Libéra (histoire de la philosophie ; dur dur)
- Discours sur l'origine de l'univers d'Etienne Klein (papillonnage dans un livre déjà lu)
- L'affaire Dreyfus en roman : D de ? (un pavé qui se lit...comme un roman)
- Souvenirs de Jean François Revel (en cours)
- La pensée de la différence de Françoise Héritier (relecture)
- La Cause des livres de Mona Ozouf
- L'imaginaire collectif de Florence Giust Deprairies (timidement entamé)

mercredi 8 octobre 2014

BRIQUE

Je me suis découvert un vif intérêt pour un objet très banal : la brique. Je n'en sais ni la raison, ni l'origine.
Je trouve une certaine perfection esthétique à l'objet ; ce qui me fascine, c'est l'âge de cet objet technique permettant de construire des bâtiments immenses : les villes antiques sumériennes et leurs remparts immenses étaient en brique.
Les briques modernes sont cuites (terre cuite) car elles sont faites d'argile qui change de structure à la cuisson et devient dure comme la pierre ; il y a aussi des briques crues ; j'ai en tête l'image de ces enfants indiens en guenilles employés à fabriquer des briques et notamment l'un d'eux peinant sous le poids de celles qu'il transporte.

J'ai appris que l'argile est l'état qu'atteint la terre au bout de quelques milliers d'années ; ainsi les hommes ne manqueront jamais d'argile.

J'ai un beau livre sur la brique à Seignosse ; un cadeau de Noël que je me suis fait. Je n'ai pas résisté à l'achat de briques jaunes aux belles couleurs orange et rose acquises à la cuisson.

BALLON (premier vol en ballon)

(objets de passion)

Qu'est ce qui fait que l'on se passionne pour un sujet donné ? Je n'en sais rien. Je me suis pris de passion pour un petit épisode de l'histoire des sciences, le premier vol en ballon (1783) et je ne vois pas bien pourquoi. Par contre j'ai retrouvé l'origine de cet intérêt : vers ma cinquantième année, j'ai pensé à la sensation extraordinaire qu'avaient dû avoir les deux premiers "aéronautes" et cette idée m'a amené à rechercher le témoignage des intéressés eux-mêmes.

La quête de ce témoignage est pour moi une (petite) histoire à elle seule puisque après avoir cherché partout, c'est chez moi, dans ma bibliothèque que dormait le récit en question ; un récit complet, circonstancié, justement basé sur le témoignage de Pilâtre de Rozier.

J'ai le projet de rédiger, à partir du texte de Claude Manceron, qui rapporte le récit en question dans sa fresque sur la Révolution Française, une monographie sur ce sujet intégrant toutes les données intéressantes que j'ai glanées ici ou là, se rattachant à l'événement.
En attendant que je concrétise ce projet, voici deux ou trois choses que j'ai apprises grâce à mon intérêt pour ce sujet :

Ce sont les Montgolfier qui sont restés célèbres avec leur montgolfière à air chaud parce que c'est eux qui ont été les premiers mais un autre inventeur aurait pu, à quelques jours près accéder à leur place à la célébrité : Charles, qui a mis au point un ballon gonflé à l'hydrogène, "la Charlière.

Le premier vol a été fait avec des animaux pourquoi pas directement des hommes ? Parce qu'à l'époque on ne savait pas jusqu'à quelle hauteur s'élevait l'air qui nous permet de respirer donc de vivre ; bien sûr en haute montagne il y a de l'air, mais on pensait que peut-être il s'élevait au-dessus du sol en suivant le relief ; et si l'air n'allait pas plus loin que 300 mètres par exemple ? Les premiers astronautes mourraient asphyxiés à un moment où à un autre de l'ascension. C'est pour cette raison que la tentative était extrêmement hardie.

Les frères Montgolfier justement ne sont pas montés eux-mêmes parce que leur père le leur a interdit et il a été un moment question de choisir comme cobayes des condamnés à mort ; heureusement les pionniers ont refusé qu'un tel privilège soit accordé à des "rebuts de la société".


lundi 6 octobre 2014

UNIVERSAUX (la querelle des universaux) ...

Un jour, il y a une dixaine d'années, lors d'une lecture, je vois pour la première fois la mention de "la querelle des universaux". Je m'y intéresse, intrigué par le fait que cette querelle, opposant des philosophes du Moyen-Age, se présentant soit comme "réalistes" soit comme "nominalistes", a duré plusieurs siècles. Une querelle de plusieurs siècles dont on n'a jamais entendu parler, ça justifie un complément d'information non ?
Après plusieurs campagnes de recherche molassonnes, où chaque fois ma connaissance du sujet s'étoffait quelque peu, j'ai fini par me procurer le livre de l'expert absolu en la matière Alain de Libera : "La querelle des universaux de Platon à la fin du Moyen-Age."
Qui peut s'intéresser à un sujet pareil ? à part moi s'entend. Peu importe, le Philictionnaire est là pour parler de sujets qui m'intéressent moi ; outre une fonction biographique, il peut faciliter à ses destinataires, (mes enfants, petits-enfants et leurs descendants) l'acquisition d'un savoir difficile d'accès que j'aurai débroussaillé pour eux. Il suffit à mon bonheur de penser qu'un seul d'entre eux aura été intéressé et m'aura été reconnaissant de ce cadeau.
Le sujet est tellement difficile (plus je lisais son spécialiste plus je me disais que c'était complexe et moins j'avais l'impression de comprendre) que je me contenterai ici de proposer une définition de la chose, qui permette à un bachelier de dire : oui, je sais ce de quoi il s'agit quand on évoque la querelle des universaux.
Si on regarde un dictionnaire, au mot universaux on trouve :
En philosophie, nom sous lequel les scolastiques (philosophes du Moyen-Age, tenants de la philosophie d'Aristote interprétée par les théologiens) désignaient les termes généraux qui servaient à classer les êtres ; par exemple le genre : poisson, insecte, homme.

En ce qui concerne les genres sur quoi portait donc la querelle ? La querelle a pour origine les conceptions différentes de Platon et d'Aristote sur la nature des genres :
Platon considère que les genres sont des choses réelles, qui existent dans un monde réel mais inaccessible à l'homme, le monde des Idées ; dans ce monde l'Idée de poisson, indépendante de l'Idée de sole ou de turbot est bien réelle, d'où le terme de "réalistes" appliqué à Platon et à ses disciples.
Aristote, au contraire considère que poisson, n'est pas une réalité mais simplement un nom, d'où le qualificatif de "nominalistes" appliqué à Aristote et à ses disciples.

Aujourd'hui cela parait incroyable qu'un philosophe ait pu considérer sérieusement que le terme poisson puisse correspondre à une réalité concrête, au-delà de la réalité de tous les poissons en chair et en arêtes qui ont pu exister, existent et existeront. Pour nous le mot poisson est un terme générique qui désigne l'ensemble des espèces de poisson, pas une chose.
Et pourtant il existe encore aujourd'hui des philosophes qui s'opposent entre réalistes et nominalistes.

Je pense que nous ne pouvons pas comprendre ce dont il s'agit à moins d'être philosophes et historiens de la philosophie. Alain de Libera explique que la querelle tout au long de son déroulement, porte sur des domaines de la philosophie étendus, parfois liés entre eux de façon cachée, parfois de façon explicite, qui sont (dans les termes utilisés aujourd'hui) : la théorie de la perception, l'ontologie, la théorie de la cognition, la sémantique et la philosophie du langage.

Je crois comprendre que les philosophes du Moyen-Age, dans leur cheminement vers la connaissance, ont été confrontés à des problèmes théoriques qu'ils n'avaient pas les moyens de traiter. La querelle, c'est l'affrontement des idées cheminant lentement mais sûrement vers la vérité.



NARRATEUR (narrateur et points de vue de narrateur)

(Comprendre et faire comprendre)
 
En faisant du soutien scolaire en Français, je vois des notions dont je ne me souviens pas les avoir apprises à l'école. Est ce un oubli ? ont elles été ajoutées au programme ? En tout état de cause je trouve à 60 ans et plus, que le Français est une matière difficile ; bien souvent je dois moi-même creuser ces notions pour bien les appréhender afin de pouvoir aider mes collégiens à les assimiler.
 
C'est le cas de la notion de narrateur et de point de vue (du narrateur). On attend d'abord de l'élève qu'il sache distinguer le narrateur de l'auteur ; on lui demandera qui, dans le texte étudié, est le narrateur, l'auteur lui étant par ailleurs indiqué. Parfois c'est l'auteur, parfois c'est un personnage du roman. (si notre élève ne sait même pas qui parle et en qualité de quoi, il ne risque pas répondre correctement aux questions sur le texte.
 
On enseigne ensuite à l'élève qu'il y a trois sortes de narrateurs (ça se corse) : Le narrateur interne, le narrateur externe et le narrateur omniscient (ce qui signifie "qui sait absolument tout").
La notion d'interne et externe s'analyse par rapport à l'action rapportée.
 
Le narrateur interne dit "je" ; il dit ce qu'il voit, pense, ressent, en toute subjectivité. (si je cherche un exemple, je cite le cas des polars de Frédéric Dard : c'est le commissaire San Antonio qui raconte l'histoire dans laquelle il est embringué.
Le narrateur externe dit "il(s)" ou "elle(s)". Il est extérieur à la scène qu'il raconte.
Le narrateur omniscient est celui choisi fréquemment par les romanciers : il ne fait pas partie des personnages ; il n'a pas d'identité, il est la "voix" qui raconte l'histoire et par définition il connait tout de l'histoire, des personnages, du contexte, d'où le qualificatif d'omniscient.

Ca peut paraître simple au premier abord mais on indique à nos collégiens qu'un narrateur peut avoir des points de vue différents : un point de vue interne, un point de vue externe et un point de vue omniscient !
Qu'est ce que cela signifie ? J'entends bien qu'un narrateur interne, mon commissaire San Antonio, observant la rue depuis une chambre au premier étage, puisse raconter ce que fait le personnage qu'il épie : décrivant ses faits et gestes, la rue, les passants, la pluie, que sais-je ; bien que narrateur interne (par choix de l'auteur) il a un point de vue externe à l'action du personnage observé.
Un narrateur externe peut-il adopter un point de vue interne c'est à dire faire part de ses pensées et de ses sentiments ? Un narrateur omniscient peut il adopter un point de vue interne ou externe ? Je ne sais pas quoi dire.

Pour clarifier complètement le problème je pense que je dois faire un tableau croisé des trois narrateurs et des trois points de vue puis trouver les exemples parlants correspondant à tous les croisements.
J'ai fait ce tableau.