lundi 28 juillet 2014

VENDANGES (première expérience)

C'était l'année du bac je crois, en 1968, j'avais envie de vivre cette expérience ; lors d'une discussion avec l'aumônier du lycée, j'apprends que ses parents viticulteurs dans la région, cherchent désespérément des vendangeurs. L'image qu'on se fait des vendanges, c'est une troupe nombreuses de jeunes gens, travaillant dans la bonne humeur, en plein soleil, et se retrouvant le soir dans une ambiance sympathique.Que nenni ! Ce n'est pas ce que nous avons vécu, car mon frère Francis, fut de l'avanture.

En fait monsieur et madame Peyraud ne trouvait pas de vendangeurs, du moins ils venaient une fois mais ne renouvelaient pas l'expérience, ce qui les désolait. C'étaient des gens âgés, avec une maison bien modeste, sombre, peu attractive pour des vendangeurs ; ils ne pouvaient en héberger que deux ou trois.

Nous voilà donc à pied d'oeuvre avec Francis ; les autres vendangeurs : une voisine d'une soixantaine d'années, toute ronde et bien gentille et un marocain, la cinquantaine, revêche. Il nous a un peu empoisonné le séjour ; quand il manquait de tabac à chiquer il était de mauvaise humeur, disait qu'il était mal, avait du mal à faire le job ; on craignait pour nos doigts ; monsieur Peyraud a dû se déplacer à Bordeaux pour lui acheter du tabac.

J'étais porteur, c'est moi qui portait la hotte, recueillais les paniers pleins de grappes et déversait ma cargaison dans un grand fût don j'ai oublié le nom. Bien qu'on m'ait averti, à la première verse j'ai failli être entraîné et tomber avc ma hotte.

samedi 26 juillet 2014

SCOUTS DE FRANCE (quatre ans chez les louveteaux)

Nos parents nous avaient "mis" aux scouts, les louveteaux entre huit et douze ans ; c'était un mouvement catholique pour les jeunes. J'ai un très bon souvenir de mes années de louveteaux ; tous les jeudis après midi nous nous retrouvions, une grosse vingtaine de gamins, avec trois ou quatre "cheftaines" , des jeunes filles ou jeunes femmes qui nous occupaient à diverses activités : des jeux et promenades dans la nature, des loisirs créatifs etc.

Les scouts c'était la continuation de la vie chrétienne dans laquelle nous étions élevés. L'organisation dépendait étroitement de la paroisse ; nous avions un aumonier qui nous visitait de temps en temps ; il tenait une place importante le jour de notre Promesse, une cérémonie qui se tenait en présence de nos parents et qui marquait, après une période d'apprentissage et de probation, notre entrée dans la communauté des scouts par un engagement à une vie chrétienne.

Toute une mythologie, celle du Livre de la jungle de Rudiard Kipling, était associée à cette activité ; le scoutisme était censé nous occuper, nous instruire dans la morale chrétienne et nous dégourdir. Le livre de la jungle qui racontait comment un petit enfant (Mowgli)  perdu dans la forêt avait été élevé par des loups fournissait à travers les épreuses qu'il avait rencontrées et la façon dont les loups l'avaient préparé à se défendre, toute une éthique de l'apprentissage à l'autonomie et à la vie morale.
Nos cheftaines portaient le nom des personnages de l'histoire : la cheftaine principale qui avait autorité sur toute la meute (de louveteaux et de cheftaines) portait le nom d'Akela, la louve qui dirigeait la meute dans le roman ; les autres s'appelaient Bagheera (la panthère noire) et Kaa (le serpent).

Nous avions une tenue et nous aimions ça ; une chemise bleue pâle avec poches type commandant de bord, un pull et une culotte marine, un béret noir ; l'hiver nous avions une pellerine marine comme les policiers à vélo d'autrefois. Ce qu'on aimait c'était le foulard dont les couleurs, fond et bordure étaient propres à chaque meute. Le nôtre était gris-bleu pâle avec une bordure vert foncé. Nous portions divers insignes : sur le pull, à une épaule l'insigne de la région, pour nous le lion d'aquitaine jaune sur fond rouge; de l'autre côté, une tête de loud de la couleur de notre sizaine (noirs, blancs, gris et roux). Le foulard était enroulé et porté autour du cou avec un noeud en haut et un petit noeud en bas ; la première chose qu'on apprenait à faire c'était le noeud. Le béret portait un écusson marquant notre appartenance aux louveteaux, une tête de loup rouge sur fond bleu je crois ; notre progression dans l'enseignement était marquée par une puis deux étoiles sur le béret de part et d'autre de l'écusson. Les étoiles représentaient les yeux ouverts sur le monde que nous découvrions.
La meute était composée de quatre sizaines de louveteaux ; chaque sizaine était encadrée par un sizenier et par un second. Lorsque Akéla appelait la meute nous nous mettions en rang rapidement, le sizenier rameutant ses gars, fier d'être le premier à aligner sa sizaine ; lui en tête, le second fermant la ligne. Je crois que le sizenier avait un signe distinctif, une barrette jaune mais je ne me souviens pas où on la portait.
Je me souviens aussi de salut scout : nous portions notre main au niveau de notre épaule, l'index et le majeur faisant un "v", les autres doigts repliés.

Mine de rien nous étions initiés au management ; les sizeniers étaient choisis en raison de leur leadership ; les seconds étaient des sizeniers en formation ; les cheftaines équilibraient les équipes en personnalités et en talents car elles étaient le moyen d'une émulation permanente ; il fallait qu'elles soeint équilibrées.

J'ai été second puis sizenier des "noirs", première expérience de commandement ; à dix ans, c formateur.

vendredi 25 juillet 2014

BANDES DESSINEES (première partie)

Dans mon enfance (années 50 du XXème siècle) les bandes dessinées étaient peu répandues ; elles avaient mauvaise réputation dans les familles ; il faut dire que la plus connue Les pieds nichelés racontait les frasques et les déboires de voyoux ; de plus les personnages et le dessin lui-même étaient moches. Il y avait les comics américains mais pour notre famille ils sentaient vraiment le soufre.

Parmi mes lectures de cette époque Pif le chien ; chez mes grands parents à Moissac il y avait aussi un album d'Aggie que l'on retrouvait tous les ans lors des vacances. Enfants cathos nous étions abonnés à Fripounet et Marisette, nous lisions parfois Coeurs Vaillants (un magasine communiste il me semble). Un personnage qui m'a marqué c'est Tartine une vieille femme (pas si vieille sans doute mais qui n'est pas vieux quand on a huit ans ?) une sorcière à mitaines, moche avec sa verrue sur le nez, qui réglait tous ses problèmes à grandes raclées car elle avait une force surhumaine.Il y avait aussi élastoc, un drôle de personnage fait d'élastic en cahoutchouc.(deux bandes dessinées noir et blanc)
Il y avait évidemment le journal de Michey (d'ou le surnom générique de "petits mickeys" donné à l'époque aux bandes dessinées) qui nous a accompagnés pendant toute notre enfance.  .

Adolescent j'ai le souvenir d'un album racontant une histoire d'espionnage ; le héros pour suivre un camion avec sa moto, faisait un petit trou dans le carter du camion et on le voyait suivre les gouttes d'huiles sur la route ; je donnerais cher pour retrouver cet album ; c'est un fossile de ma mémoire.
J'ai eu ensuite une passion pour deux séries : Marco Polo et l'histoire de deux "agents spatio-temporels dont j'ai oublié le titre. C'étaient des album mensuels, format d'un livre de poche mais qui avaient au moins cinq centimètres d'épaisseur ; on en avait pour son argent. Les héros de la série de science fiction étaient un homme et une femme secrêtement amoureux (comme dans les séries TV actuelles) et chaperonnés par un vieux sage qui avait au moins 120 ans (il en paraissait soixante) ; quand avec mon frangin on a commencé à s'intéresser aux avions à construire on s'est jeté sur une autre publication mensuelle qui racontait des histoires d'aviation de la deuxième guerre mondiale : "Rapaces" ; les avions étaient très bien dessinés, on adorait ça.

Nous avons été contemporains de la sortie des Tintin, du moins des dix derniers albums ; nous en avions toujours un à Noël ; je me rappelle bien quand nous avons reçu Tintin au Tibet. Plus tard quand après une longue interruption Hergé a sorti "Vol 714 pour Sydney" nous étions tout excités ; nous n'avons pas été déçus, c'est un petit chef-d'oeuvre mais nous ne retrouverons jamais les sensations de la première lecture des albums mythiques (pour nous en fait, ils sont tous mythiques) comme Le Lotus Bleu ( La scène où Tintin devenu fou s'apprête à décapiter Milou attaché sur une chaise), où Le Cigare du Pharaon (la scène où il est confronté à un tribunal de juges cagoulés façon Ku Klux Klan.)

CONNERIE

A mon âge vous pensez bien que j'ai accumulé des preuves irréfutables de ma connerie. Pour me rassurer je me dis que je suis bien entouré ; j'ai connu des gens très doués et même je fréquente occasionnellement un champion de classe internationale mais cela ne diminue en rien ma propre performance.

Je ne sais pas si vous êtes comme moi mais quand je repense aux conneries que j'ai dites ou faites, ce qui m'arrive régulièrement, une sorte de grognement, un cri (je ne sais quel mot employer) m'échappe qui fait demander à la personne qui m'accompagne "qu'est ce que tu dis ? ou "qu'est ce que tu as ?"; évidemment j'élude.