vendredi 31 octobre 2014

CONNAÎTRE (bien connaître quelqu'un) ...

J'ai fait l'expérience, quelque temps avant mon départ à la retraite, d'une "blessure narcissique" pas piquée des hannetons.

Un collègue/chef (dans notre entité d'audit, le chef de mission animait une équipe de trois ou quatre auditeurs, il ne la dirigeait pas au sens propre, et ce d'autant plus que souvent les chefs de mission débarquaient de l'extérieur sans aucune connaissance du métier ni des connaissance de base afférentes, alors que nous les auditeurs étions souvent très chevronnés) me dit un jour : 

-J'ai invité à l'apéritif des gens qui te connaissent, les untel 
- Oui je les ai connus il y a vingt-cinq ans à tel endroit quand j'étais DRH
- Mais tu les connais bien ?  
Je ne vois pas bien où il veut en venir - Oui je les connais, lui était instituteur de mon cadet.
Mais ils te connaissent vraiment bien ?

J'ai compris ce qui se passait dans sa tête. Ces gens m'avaient connu lorsque j'étais, bien qu'encore jeune, à l'apogée de ma carrière dans un poste assez prestigieux. Je ne les avais pas fréquentés mais ma réputation n'était sans doute pas mauvaise et ils avaient dû parler de moi à leur hôte en termes positifs, peut-être élogieux, sans doute trop.
Et voilà que pour notre homme je ne suis qu'un sous-fifre d'auditeur, dont il n'imagine pas qu'il ait pu avoir une "vie antérieure", que par ailleurs il n'apprécie pas (je suis assez casse c. comme subordonné). Seule explication pour lui :  ils disent du bien parce qu'ils ne me connaissent pas vraiment, ils ne savent pas quel type médiocre je suis.


LIRE (il faudrait lire)


La ministre de la culture, Fleur Pellerin, fait ces jours-ci le buzz : elle a déclaré ne pas avoir le temps de lire.
Les parents des collégiens sont toujours désolés ; leurs rejetons ne lisent pas. Il y a des gens qui ne lisent pas un livre par an. Pourtant il faudrait lire : pour se cultiver, pour mieux connaître le monde, pour être quelqu'un de bien ?

Je me demande d'où vient cette injonction ; sans doute du fait que la France était un pays d'hommes de lettres ; ils voudraient que tout le monde leur ressemble.

J'ai aujourd'hui un gros doute sur l'effet de la lecture et de la culture littéraire sur les gens ; dans ses mémoires Jean François Revel témoigne que le fine fleur intellectuelle et culturelle de la France, c'est à dire l'élite entrée à Normale Sup, non seulement s'est vautrée comme un seul homme dans le communisme mais en plus avec un manque de distance incroyable, un suivisme intellectuel inimaginable, sans parler de l'agressivité imbécile et malhonnête exercée sur tout ce qui n'était pas dans la ligne du Parti. A quoi leur a servi de lire (de connaître en profondeur) les grands auteurs, les grands romanciers, les grands philosophes si à la première idéologie présentée comme scientifique, ils s'avèrent plus naïfs plus stupides que l'homme le moins éduqué ?

Il est clair que les gamins à titre utilitaire doivent lire pour pouvoir répondre aux questions qu'ils risquent se voir poser sur leur programme de lecture ; mais à part ça ? Je me demande de plus en plus souvent ce que je répondrais à un collégien qui me demanderait pourquoi il devrait lire des livres.

jeudi 23 octobre 2014

NUIT (la nuit pourrait ne pas être noire ?) ...

Aux alentours de ma soixantième année (2010), je lis qu' Edgar Poe, qui apparemment s'intéressait aux questions d'astronomie, avait émis l'idée que le nuit ne devrait pas être noire puisque, compte tenu du nombre d'étoiles, notre regard, où qu'il s'oriente,  devait forcément tomber sur une étoile ; on devrait dont voir un ciel non seulement clair mais partout brillant.

Je dois avouer que cette idée m'a tout de suite parue incongrue ; pourtant j'ai depuis vu plusieurs articles qui trouvaient judicieuse cette question. Chez mon frangin j'ai même trouvé un livre entier consacré au sujet (en fait sous le prétexte de répondre à la question c'est toute l'histoire des découvertes astronomiques.

Est ce que je trouve la question idiote de la même manière que les contemporains de Copernic trouvaient sa théorie aberrante ? Je ne sais pas mais pour moi les étoiles qui se trouvent effectivement partout entre celles que l'on voit bien ou pas, sont trop petites pour notre vue (on ne verrait pas la lumière d'une bougie sur la lune !

La réponse scientifique est apportée par Étienne Klein, entre autres (cf le livre du frangin) dans Le Point du 21/08/2014 :

"Il ne va pas de soi qu'il doive faire nuit la nuit ; Si nous avions une très bonne vue, le ciel devrait nous apparaître comme pavé de soleils et donc parfaitement clair. Ce paradoxe qui a suscité d'innombrables réflexions depuis au moins quatre siècles n'a pu être résolu que récemment grâce à la combinaison d'au moins trois éléments :

1- la lumière des étoiles les plus lointaines ne nous est pas encore parvenue
2- les étoiles ne brillent pas depuis toujours
3- l'univers étant en expansion la lumière des étoiles nous arrive avec une longueur d'onde qui fait qu'elle n'est pas visible à notre œil.

En réalité la nuit n'est pas noire mais elle est baignée de rayonnements invisibles à notre oeil.



mercredi 22 octobre 2014

EVALUATION (je suis le créateur d'un modèle d'évaluation du personnel) ...

Marion vient de m'adresser l'évaluation qu'a fait d'elle (à titre gracieux du fait qu'elle est son prestataire) un cabinet de consultants RH. Cela m'intéresse du fait que dans ma vie professionnelle je suis devenu un spécialiste de l'évaluation du personnel ; en effet ce sujet qui me concernait (dans l'entreprise tous les cadres sont évalués et évaluateurs de leurs troupes) est devenu un sujet de réflexion et de normalisation quand le suis devenu DRH puis de d'ingénierie et de conseil quand je suis devenu consultant.
C'est au moment où je passais de DRH à consultant que j'ai imaginé un dispositif ou un modèle (au sens de modèle mathématique) d'évaluation du personnel. C'est un sujet sensible par nature et j'ai eu à cœur après un projet d'entreprise très ambitieux à Cattenom (Centrale Nucléaire de Cattenom) et après un investissement personnel sur la question de la compétence au travail de proposer quelque chose d'efficace et à la fois d'éthique, car je trouvais que ce qui existait alors était très insatisfaisant.

Ce travail correspondait aussi à un besoin crucial de l'entreprise et je pourrais même dire des entreprises à ce moment là car on changeait de système de valeur : on passait, pour faire simple, de la promotion à l'ancienneté à la promotion au mérite c'est à dire à la performance professionnelle : une évaluation exacte et juste devenait indispensable.

THEOLOGIE ...

Lors d'une conversation ce week-end avec mon père sur la religion, je lui donnais (avec passion) ma position que la théologie est pour moi une activité, non scientifique et vaine puisque elle a pour objet "la fable chrétienne".
A vrai dire je ne sais pas exactement ce qu'est la théologie ; je suppose qu'elle essaie de penser tous les problèmes posés par la Foi c'est à dire les textes, la (prétendue) révélation, les dogmes, les rites etc. J'ai donc décidé d'aller y regarder de plus près.

Dans ma jeunesse on révérait la théologie ; je me souviens que quand ma mère, qui était très croyante, parlait des théologiens c'était avec de l'admiration dans la voix. Il me semble que la théologie représentait la pureté, l'idéal d'une Foi empêtrée dans la réalité des croyances et des pratiques bien humaines de la religion.

On voyait également l’Église, Rome, comme une institution conservatrice (rétrograde ?) alors que les théologiens , en position de contestataires comme AK, nous apparaissaient comme des résistants sympathiques. Aujourd'hui je ne vois pas bien ce que les théologiens modernes peuvent bien nous apporter ; ils repeignent la façade mais pour moi c'est tout le bâtiment qui est à détruire.

vendredi 17 octobre 2014

PROFUSION (une profusion démotivante d'arbres) ...


Hier j'ai fait une expérience un peu désagréable. Je regardais sur Pinterest le tableau d'une fan d'arbres comme moi ; son tableau s'appelait "tree art".
Je collectionne les images d'arbres depuis des années et là j'étais devant une quantité, qui m'est apparue incroyable, de tableaux de peintres et d'images d'illustrateurs représentant des arbres ; au fond exactement ce que j'ai fait moi-même et ma propre collection a un spectre beaucoup plus large et atteint un nombre énormément plus important. 
Je faisais défiler les images de plus en plus vite et je n'en voyais pas la fin ; je me disais "mais cette personne a toutes les images d'arbres absolument toutes" (ce qui n'était pas le cas en réalité car je pensais à certaines images parmi mes préférées que je ne voyais pas) ; ça avait quelque chose de démotivant ; je me disais, "mais si une personne a toutes les images, si à la limite tout le monde peut accéder à toutes les images d'arbres, quel est l'intérêt d'une pareille accumulation ? quel est l'intérêt de ma collection ?".

(à poursuivre)

GENRE (Un problème avec le genre) ...


Il y a désormais une question du genre. La médiasphère est très active sur cette question depuis une paire d'années ; le pic a été atteint ce printemps quand des parents ont retiré leur enfant de l'école de peur qu'on le pousse vers un changement de son identité sexuelle !

En l'espèce l’Éducation Nationale pour  lutter contre les stéréotypes sexistes testait des ABCD de l'égalité (des sexes) mais dans un contexte de trouble autour du genre elle a dû les retirer. On était en pleine contestation de la loi étendant le mariage aux homosexuels ; les manifestations et les contestations se succédaient.

De quoi s'agit-il ? D'abord qu'est ce que c'est que le genre pour quelqu'un de ma génération ? c'est le genre sexuel : les garçons et les filles (les quilles et les canons comme on disait dans les années 50 dans ). C'est le genre des mots : les mots masculins et les mots féminins.

La question de l'homosexualité ne posait pas la question du genre ; il y avait bien sûr le cas des "folles" mais tous les garçons homo ne sont pas des "folles". Il y avait aussi plus problématique quand on la découvrait, le questions des brésiliennes ces prostituées du bois de Boulogne qui s'avéraient des travestis, des travelos, des filles qui en fait étaient des garçons bien montés ; personnellement je ne comprenais pas bien de quoi il retournait.

La première fois que la question du genre est entrée dans mon champ de conscience c'est dans les années 80 lorsque la télévision a montré l'interview d'une femme de 45 ans (qui ressemblait à Françoise Mallet-Joris) ; elle racontait qu'elle était née garçon dans une famille de militaires, qu'elle s'était engagée dans les "paras" à 18 ans, alors que dans sa tête depuis toujours elle était une fille. Elle disait que, petite, prenant son bain avec son frère aîné, et constatant qu'ils avaient tous les deux un zizi, elle pensait que pour les filles, à un moment, il tombait. Un jour elle a pu changer de sexe, c'est à dire prendre l'identité de genre qui avait toujours été la sienne ; suivaient d'autres témoignages dont certains du cas inverse : une fille devenue garçon.
Ce jour là j'ai compris un des problèmes du genre : le genre qu'on est dans la tête peut ne pas être le genre anatomique qu'on a.

Puis vinrent, dans les années 2000 les Gender studies et leur porte-drapeau Judith Butler, auteur du livre "Trouble dans le Genre".

Les études de genre sont un champ d'études et de recherche interdisciplinaire consacré aux constructions sociales des identités, représentations et différences entre les femmes et les hommes dans ce qu'elles ont de social, politique, anthropologique, historique, psychique, philosophique ou artistique ainsi qu'à la sexualité et à sa normalisation.


Ma vision des choses est que des groupes militants des causes féministes, gay et transgenre contestent la vision dominante

jeudi 16 octobre 2014

JOUICTIONNAIRE (un dictionnaire de ce qui me procure du plaisir)...

(Rubrique du Philictionnaire)

Un jour j'ai pensé faire un recueil de toutes les choses que j'aimais (il n'y a pas de mot satisfaisant pour exprimer cette relation aux choses), dont la seule pensée me procurait du plaisir. J'imaginais un énorme livre comme j'en ai vu une fois, avec des grandes feuilles reliées à la diable, où je mettrais des images, des textes, des dessins, des pensées, des idées de nouvelles ou de touts petits textes. Il y a une collection, où les livres sont consacrés à un thème comme ça : "l'anthologie du loup"; c'est un peu une anthologie personnelle que je voudrais faire, sur un thème.

J'ai pensé appeler ce recueil "le Jouictionnaire" parce que les entrées seraient classées par ordre alphabétique.

Exemples de "choses" qui figureront dans le Jouictionnaire
- l'objet "tour" (Tour de Babel) ; tour de château ou de maison forte ;
- l'objet "pont antique" : pont romain ; aqueduc ;

Contenu du Jouictionnaire :

Tour :
- le goût pour les tours : pourquoi ? C'est un objet immémorial : Pyramides, Ziggourats. Le mythe de la Tour de Babel.
Les tours donjons ;
Dans la BD et l'iconographie : la Tour de Peeters et Schuiten et plus généralement la tour dans leur oeuvre ; les Tours immenses du Seigneur des anneaux ;

jeudi 9 octobre 2014

PHILICTIONNAIRE (raisons d'être du Philictionnaire) ...

La raison d'être du Philictionnaire, au départ, c'est de laisser quelque chose de moi, une trace, un souvenir, à mes descendants. Je pense que l'idée m'est venue en essayant de recueillir auprès de mon père et accessoirement de mon beau-père, le récit d'épisodes de leur vie. Quand je vois qu'il ne reste rien de notre ami Jean Pérennes, homme et prêtre remarquable, malgré les récits qu'il nous a fait de temps en temps de son histoire extraordinaire, ça me rend malade. Je ne prétends pas, très loin de là, que ma vie soit aussi intéressante que celle de mon père ou de Jean Pérennes, mais c'est un fait que j'ai ressenti comme dramatique, qu'une personne s'en aille sans qu'il reste quelque chose d'elle, un témoignage de quelle personne il a été, que ses enfants et petits enfants notamment n'aient que des souvenirs, rapidement assez vagues et quelques photos.

Le projet est indiscutablement narcissique mais je pense que mes enfants et mes petits enfants me sauront gré de l'avoir réalisé. 

Le Philictionnaire a d'autres raisons d'être.  Il me permet de réaliser divers projets en les intégrant ; je ne manque pas de projets, j'en ai plutôt trop au point que je me demande si je ne suis pas fondamentalement velléitaire ; enfin, le Philictionnaire témoignera de ce que je suis. Divers projets donc :

1- une autobiographie ; ce que j'ai vécu (chaque génération a une expérience unique ; celle de la nôtre aura été liée à l'extraordinaire développement des techniques) ; je pense que nous avons des choses à raconter à nos enfants et à nos petits enfants qui les étonneront.

2- une transmission : chaque être humain doit en quelque sorte apprendre tout ce que les générations précédentes ont appris ; l'école est là pour ça, mais il y a des choses qu'un homme apprend par sa formation, par son expérience et par sa curiosité et qu'il trouve dommage de ne pas transmettre.


MONTAIGNE (Michel de Montaigne et moi)

Quand je réfléchis à ce que Montaigne représente pour moi, depuis que son nom est entré dans ma vie (en gros au Lycée en cours de Français), voilà ce que je trouve :

Montaigne, j'ai l'impression, m'a toujours été sympathique ;est-ce à cause de sa renommée ?  est-ce parce qu'il a été maire de Bordeaux ? est-ce que c'est parce qu'il est un des plus grands hommes de lettres et philosophes français ? Est-ce parce que nos maître nous disaient qu'il était immense ? Je ne pense pas que nous avons été séduits par ses idées et son style étant donné que même traduit en français moderne (j'y reviendrai) il était d'après moi assez hermétique. Je pense que ça allait de soi qu'il fallait admirer Montaigne et nous l'admirions....sans l'avoir lu.

Je pense que ce sont des commentaires sur Montaigne, de Conte Sponville notamment (une année, il a tenu une rubrique matinale sur Montaigne à France Inter pendant les vacances d'été) qui m'ont donné envie de le lire ; Conte disait que l'on appréciait Montaigne après 40 ans ; j'achète donc les Essais après avoir vu dans le Monde des Livres l'annonce de la sortie des Essais "en français moderne". Déception car de français moderne point ; u si peu : de temps en temps un mot qui n'existe plus est "traduit" entre parenthèses. Mais le texte est toujours aussi difficile pour un lecteur d'aujourd'hui ; on se lasse, on renonce.

Je décide alors de traduire en français d'aujourd'hui, tel qu'on le parle, les Essais (1300 pages format in-quarto). J'ai commencé par les chapitres les plus courts ; une page ; quel boulot ; comme souvent je suis vite découragé et j'arrête.

L'été dernier un professeur de philosophie, Antoine compagnon consacre une rubrique quotidienne à Montaigne,- sur France Inter toujours- qui a beaucoup de succès et fait l'objet d'un petit livre que j'achète ayant manqué les matinales à la radio.
Le livre est très intéressant ; on voit là toute la richesse et en l'espèce l'originalité de Montaigne pour son époque, mais je constate à nouveau qu'il est impossible de comprendre les Essais pour un citoyen ordinaire ; le constat est facile du fait que dans son livre Compagnon cite les passages originaux et les met en français actuel tout en les commentant ; on ne peut que constater que la version originale est incompréhensible.

Cette année, Philosophie Magasine  sort un numéro spécial sur Montaigne, thématique et très pédagogique. Je vois à l'intérieur une publicité pour une nouvelle édition des Essais, EN FRANÇAIS MODERNE ! Je le cherche à Bayonne ; je le trouve ; il est sous emballage plastique ; je me le fais déballer pour vérifier qu'il est vraiment en français moderne ; il l'est ; merci monsieur André Lanly.

Je n'ai plus qu'à le lire ; sans excuse cette fois. J'ai commencé. 

PS : il se trouve que retour du Périgord, ce printemps, nous nous sommes arrêtés visiter la tour de Montaigne ; il y a tellement longtemps que je voulais faire cette visite ; j'étais ému ; j'avais peur d'être déçu. Nous ne l'avons pas été ; il faisait beau, l'air était doux, le site est très beau, très émouvant.

Le 16 octobre 2014.
Je viens de lire le chapitre X des Essais : "Sur les livres" ; c'est peut-être le premier chapitre (en dehors des plus courts que je m'étais amusé à traduire) que j'arrive à lire jusqu'au bout ; enfin je vois Montaigne tel qu'en lui-même et je ne regrette pas ma lecture.


LIRE (la lecture et moi)

Quand j'étais jeune je lisais peu ; dans ma famille j'étais le seul à ne pas lire ; mon père, l'intellectuel de la famille lisait beaucoup, ma mère aimait lire aussi bien pour le plaisir que par curiosité ; mon frère malentendant s'est révélé un dévoreur de livres ; lorsque nous partions en vacances, le problème c'était de trouver rapidement une bibliothèque municipale car il lui fallait 2 ou 3 ivres par semaines sinon il était insupportables ; littéralement il lui fallait sa dose.
Moi j'étais assez sportif, j'aimais jouer, les activités de plein air ; je lisais un peu, le goût familial  pour la lecture déteignait quand même sur moi.

Je suis tombé malade et j'ai dû rester alité un long mois deux rentrées universitaires de suite ; j'ai commencé à lire et je ne me suis plus jamais arrêté.
Je lis peu de romans, je préfère les essais, l'information, savoir comment marche le monde.

Actuellement, je lis au moins deux livres par mois. Je suis abonné à Philosophie Magasine et à Sciences Humaines (deux mensuels) ; je prends le Monde des Livres chaque vendredi ; de temps en temps j'achète Clés. Nous sommes abonnés au Point (hebdomadaire) et mon père me donne ses magasines une fois qu'il les a lus : Le Nouvel Observateur, La Vie, Science et Avenir, Le Monde des Religions. Je ne lis ps tout loin de là, il rentre plus d'hebdomadaires que nous pouvons en écluser mais enfin cela fait beaucoup d'information qui entre chez nous.

Mes dernières lectures :
- 2001 une Odyssée de l'Espace (deuxième relecture)
- La querelle des universaux d'Alain de Libéra (histoire de la philosophie ; dur dur)
- Discours sur l'origine de l'univers d'Etienne Klein (papillonnage dans un livre déjà lu)
- L'affaire Dreyfus en roman : D de ? (un pavé qui se lit...comme un roman)
- Souvenirs de Jean François Revel (en cours)
- La pensée de la différence de Françoise Héritier (relecture)
- La Cause des livres de Mona Ozouf
- L'imaginaire collectif de Florence Giust Deprairies (timidement entamé)

mercredi 8 octobre 2014

BRIQUE

Je me suis découvert un vif intérêt pour un objet très banal : la brique. Je n'en sais ni la raison, ni l'origine.
Je trouve une certaine perfection esthétique à l'objet ; ce qui me fascine, c'est l'âge de cet objet technique permettant de construire des bâtiments immenses : les villes antiques sumériennes et leurs remparts immenses étaient en brique.
Les briques modernes sont cuites (terre cuite) car elles sont faites d'argile qui change de structure à la cuisson et devient dure comme la pierre ; il y a aussi des briques crues ; j'ai en tête l'image de ces enfants indiens en guenilles employés à fabriquer des briques et notamment l'un d'eux peinant sous le poids de celles qu'il transporte.

J'ai appris que l'argile est l'état qu'atteint la terre au bout de quelques milliers d'années ; ainsi les hommes ne manqueront jamais d'argile.

J'ai un beau livre sur la brique à Seignosse ; un cadeau de Noël que je me suis fait. Je n'ai pas résisté à l'achat de briques jaunes aux belles couleurs orange et rose acquises à la cuisson.

BALLON (premier vol en ballon)

(objets de passion)

Qu'est ce qui fait que l'on se passionne pour un sujet donné ? Je n'en sais rien. Je me suis pris de passion pour un petit épisode de l'histoire des sciences, le premier vol en ballon (1783) et je ne vois pas bien pourquoi. Par contre j'ai retrouvé l'origine de cet intérêt : vers ma cinquantième année, j'ai pensé à la sensation extraordinaire qu'avaient dû avoir les deux premiers "aéronautes" et cette idée m'a amené à rechercher le témoignage des intéressés eux-mêmes.

La quête de ce témoignage est pour moi une (petite) histoire à elle seule puisque après avoir cherché partout, c'est chez moi, dans ma bibliothèque que dormait le récit en question ; un récit complet, circonstancié, justement basé sur le témoignage de Pilâtre de Rozier.

J'ai le projet de rédiger, à partir du texte de Claude Manceron, qui rapporte le récit en question dans sa fresque sur la Révolution Française, une monographie sur ce sujet intégrant toutes les données intéressantes que j'ai glanées ici ou là, se rattachant à l'événement.
En attendant que je concrétise ce projet, voici deux ou trois choses que j'ai apprises grâce à mon intérêt pour ce sujet :

Ce sont les Montgolfier qui sont restés célèbres avec leur montgolfière à air chaud parce que c'est eux qui ont été les premiers mais un autre inventeur aurait pu, à quelques jours près accéder à leur place à la célébrité : Charles, qui a mis au point un ballon gonflé à l'hydrogène, "la Charlière.

Le premier vol a été fait avec des animaux pourquoi pas directement des hommes ? Parce qu'à l'époque on ne savait pas jusqu'à quelle hauteur s'élevait l'air qui nous permet de respirer donc de vivre ; bien sûr en haute montagne il y a de l'air, mais on pensait que peut-être il s'élevait au-dessus du sol en suivant le relief ; et si l'air n'allait pas plus loin que 300 mètres par exemple ? Les premiers astronautes mourraient asphyxiés à un moment où à un autre de l'ascension. C'est pour cette raison que la tentative était extrêmement hardie.

Les frères Montgolfier justement ne sont pas montés eux-mêmes parce que leur père le leur a interdit et il a été un moment question de choisir comme cobayes des condamnés à mort ; heureusement les pionniers ont refusé qu'un tel privilège soit accordé à des "rebuts de la société".


lundi 6 octobre 2014

UNIVERSAUX (la querelle des universaux) ...

Un jour, il y a une dixaine d'années, lors d'une lecture, je vois pour la première fois la mention de "la querelle des universaux". Je m'y intéresse, intrigué par le fait que cette querelle, opposant des philosophes du Moyen-Age, se présentant soit comme "réalistes" soit comme "nominalistes", a duré plusieurs siècles. Une querelle de plusieurs siècles dont on n'a jamais entendu parler, ça justifie un complément d'information non ?
Après plusieurs campagnes de recherche molassonnes, où chaque fois ma connaissance du sujet s'étoffait quelque peu, j'ai fini par me procurer le livre de l'expert absolu en la matière Alain de Libera : "La querelle des universaux de Platon à la fin du Moyen-Age."
Qui peut s'intéresser à un sujet pareil ? à part moi s'entend. Peu importe, le Philictionnaire est là pour parler de sujets qui m'intéressent moi ; outre une fonction biographique, il peut faciliter à ses destinataires, (mes enfants, petits-enfants et leurs descendants) l'acquisition d'un savoir difficile d'accès que j'aurai débroussaillé pour eux. Il suffit à mon bonheur de penser qu'un seul d'entre eux aura été intéressé et m'aura été reconnaissant de ce cadeau.
Le sujet est tellement difficile (plus je lisais son spécialiste plus je me disais que c'était complexe et moins j'avais l'impression de comprendre) que je me contenterai ici de proposer une définition de la chose, qui permette à un bachelier de dire : oui, je sais ce de quoi il s'agit quand on évoque la querelle des universaux.
Si on regarde un dictionnaire, au mot universaux on trouve :
En philosophie, nom sous lequel les scolastiques (philosophes du Moyen-Age, tenants de la philosophie d'Aristote interprétée par les théologiens) désignaient les termes généraux qui servaient à classer les êtres ; par exemple le genre : poisson, insecte, homme.

En ce qui concerne les genres sur quoi portait donc la querelle ? La querelle a pour origine les conceptions différentes de Platon et d'Aristote sur la nature des genres :
Platon considère que les genres sont des choses réelles, qui existent dans un monde réel mais inaccessible à l'homme, le monde des Idées ; dans ce monde l'Idée de poisson, indépendante de l'Idée de sole ou de turbot est bien réelle, d'où le terme de "réalistes" appliqué à Platon et à ses disciples.
Aristote, au contraire considère que poisson, n'est pas une réalité mais simplement un nom, d'où le qualificatif de "nominalistes" appliqué à Aristote et à ses disciples.

Aujourd'hui cela parait incroyable qu'un philosophe ait pu considérer sérieusement que le terme poisson puisse correspondre à une réalité concrête, au-delà de la réalité de tous les poissons en chair et en arêtes qui ont pu exister, existent et existeront. Pour nous le mot poisson est un terme générique qui désigne l'ensemble des espèces de poisson, pas une chose.
Et pourtant il existe encore aujourd'hui des philosophes qui s'opposent entre réalistes et nominalistes.

Je pense que nous ne pouvons pas comprendre ce dont il s'agit à moins d'être philosophes et historiens de la philosophie. Alain de Libera explique que la querelle tout au long de son déroulement, porte sur des domaines de la philosophie étendus, parfois liés entre eux de façon cachée, parfois de façon explicite, qui sont (dans les termes utilisés aujourd'hui) : la théorie de la perception, l'ontologie, la théorie de la cognition, la sémantique et la philosophie du langage.

Je crois comprendre que les philosophes du Moyen-Age, dans leur cheminement vers la connaissance, ont été confrontés à des problèmes théoriques qu'ils n'avaient pas les moyens de traiter. La querelle, c'est l'affrontement des idées cheminant lentement mais sûrement vers la vérité.



NARRATEUR (narrateur et points de vue de narrateur)

(Comprendre et faire comprendre)
 
En faisant du soutien scolaire en Français, je vois des notions dont je ne me souviens pas les avoir apprises à l'école. Est ce un oubli ? ont elles été ajoutées au programme ? En tout état de cause je trouve à 60 ans et plus, que le Français est une matière difficile ; bien souvent je dois moi-même creuser ces notions pour bien les appréhender afin de pouvoir aider mes collégiens à les assimiler.
 
C'est le cas de la notion de narrateur et de point de vue (du narrateur). On attend d'abord de l'élève qu'il sache distinguer le narrateur de l'auteur ; on lui demandera qui, dans le texte étudié, est le narrateur, l'auteur lui étant par ailleurs indiqué. Parfois c'est l'auteur, parfois c'est un personnage du roman. (si notre élève ne sait même pas qui parle et en qualité de quoi, il ne risque pas répondre correctement aux questions sur le texte.
 
On enseigne ensuite à l'élève qu'il y a trois sortes de narrateurs (ça se corse) : Le narrateur interne, le narrateur externe et le narrateur omniscient (ce qui signifie "qui sait absolument tout").
La notion d'interne et externe s'analyse par rapport à l'action rapportée.
 
Le narrateur interne dit "je" ; il dit ce qu'il voit, pense, ressent, en toute subjectivité. (si je cherche un exemple, je cite le cas des polars de Frédéric Dard : c'est le commissaire San Antonio qui raconte l'histoire dans laquelle il est embringué.
Le narrateur externe dit "il(s)" ou "elle(s)". Il est extérieur à la scène qu'il raconte.
Le narrateur omniscient est celui choisi fréquemment par les romanciers : il ne fait pas partie des personnages ; il n'a pas d'identité, il est la "voix" qui raconte l'histoire et par définition il connait tout de l'histoire, des personnages, du contexte, d'où le qualificatif d'omniscient.

Ca peut paraître simple au premier abord mais on indique à nos collégiens qu'un narrateur peut avoir des points de vue différents : un point de vue interne, un point de vue externe et un point de vue omniscient !
Qu'est ce que cela signifie ? J'entends bien qu'un narrateur interne, mon commissaire San Antonio, observant la rue depuis une chambre au premier étage, puisse raconter ce que fait le personnage qu'il épie : décrivant ses faits et gestes, la rue, les passants, la pluie, que sais-je ; bien que narrateur interne (par choix de l'auteur) il a un point de vue externe à l'action du personnage observé.
Un narrateur externe peut-il adopter un point de vue interne c'est à dire faire part de ses pensées et de ses sentiments ? Un narrateur omniscient peut il adopter un point de vue interne ou externe ? Je ne sais pas quoi dire.

Pour clarifier complètement le problème je pense que je dois faire un tableau croisé des trois narrateurs et des trois points de vue puis trouver les exemples parlants correspondant à tous les croisements.
J'ai fait ce tableau.

 

dimanche 5 octobre 2014

DISCOURS (le discours indirect)

Mon beau-père, Raymond, le discours indirect, il connait pas :
 -"j'ai rencontré madame Planchadeau qui me dit "...."
- "alors je lui dis..."
- "alors elle me dit..."
- "alors je lui dis..."etc.
 
Les collégiens pour qui je fais du soutien scolaire en Français, apprennent évidemment les discours direct et indirect. Comme nous l'avons appris ? pas tout à fait ; pour eux c'est plus corsé que ça ; pauvre Raymond !
 
Nos braves Inspecteurs Généraux, (je les hais), distinguent deux autres sortes de discours indirect :
- le discours indirect libre
- le discours narrativisé
 
L'un et l'autre, surtout le second, sont très difficiles à identifier ; quand je vois mes pauvres élèves qui rament et à qui on demande de travailler sur le discours indirect libre ; ça serait trop raisonnable de leur faire comprendre et acquérir le mécanisme du passage du discours direct au discours indirect ; il faut que ces messieurs les Inspecteurs Généraux (je les hais encore plus que tout à l'heure) se fassent mousser en ramenant leur discours indirect libre, et l'autre là, dont on n'arrive même pas à dire le nom.
 
Pour les pauvres bougres qui seraient passés à côté de ces notions essentielles, voici en quoi consistent les discours indirect libre et narrativisé :
 
Il faut bien comprendre qu'il s'agit du discours de quelqu'un ; une personne parle ou pense, il a donc exprimé ou pas dans la phrase en question, un verbe d'expression.
 
(exemples à rédiger)


samedi 4 octobre 2014

ORVET

L'orvet est un lézard sans pattes qui a l'exacte apparence d'un petit serpent. Il est d'un beige brillant, comme métallisé ; en bon lézard il abandonne sa queue à son prédateur en cas de nécessité.
 
Lors d'une sortie en forêt, je ne suis plus très sûr de l'endroit, dans le bois de Saint Cucufa je crois, à moins que ce soit dans un bois près de Cosne, je suis tombé, pour la première fois, sur un orvet.
 
Ce souvenir est très fort pour moi, non pas tant à cause de cette première rencontre qui m'a ravi que parce que voulant le prendre dans mes mains ma peur du serpent a été plus grande et j'ai renoncé. Entre le savoir et la peur c'est la peur qui l'a emporté. Dans un premier mouvement je l'ai saisi avec précaution pour ne pas lui faire perdre sa queue inutilement, mais comme il s'est tortillé pour m'échapper, la crainte que ce soit un serpent m'a fait le lâcher vite fait.
 
Ce qui m'a fait remémorer cette histoire c'est la rencontre que nous avons faite hier avec Mona en faisant notre grand tour en forêt à Seignosse ; sur le chemin Mona manque de marcher sur une couleuvre entortillée au mileu du chemin ; je vois bien qu'il y a deux serpents et constate vite que la queue du second sort de la gueule du premier de vingt cinq centimètres ; j'approche doucement mon bâton et notre couleuvre s'enfuit dans les fourrés, la tête bien dressée avec "son manger" qui dépasse.
Ma précédente expérience de ce genre c'était au pays-basque il y a des années, une couleuvre qui avait avalé par la tête une bonne moitié d'un gros crapeau.

jeudi 2 octobre 2014

CERTITUDE

Je discutais avec mon collègue Jean (ingénieur Supelec reconverti en consultant en Ressources Humaines) de la difficulté à tenir un fait pour vraiment assuré ; "si une est chose est sûre me dit-il, c'est que se lever, sortir de son lit le matin, est un acte purement volontaire". Or je venais de vérifier la veille un fait que j'avais observé plusieurs fois : au lever, je me retrouvais parfois assis sur mon lit, voire debout sans m'être rendu compte que je me levais. Je me souviens que je n'ai pas opposé cette réalité incontestable à mon collègue ; je ne sais pas pourquoi !

mercredi 1 octobre 2014

CASTORS (la cité des Castors)

En 1952 la famille (avec deux enfants de 4 et 2 ans) emménage dans une maison toute neuve à l'Alouette, un quartier de Pessac, dans un lotissement de 150 pavillons au bout de la commune ; après c'est la forêt de pins.
Ce lotissement, la cité des Castors, a une particularité : des jeunes hommes de milieux modestes, sans économies (on sort de la guerre lorsque le projet est lancé en 1948) l'ont réalisé eux-mêmes, chacun participant à la construction de la maison des autres : 3000 heures de travail du soir et du week-end pendant deux ans. A l'époque un loi permettait ce type de financement, loi  dans le cadre de laquelle le mouvement Castor a pu réaliser un peu partout en France des lotissements ainsi financés par "l'apport travail".

Pour les jeunes gens qui se sont lancés dans cette aventure et pour nous les enfants, la Cité des Castors de Pessac est une saga, un véritable mythe. Un prêtre ouvrier est à l'origine du projet, l'abbé Damoran, aumônier de la JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne) ; constatant le problème que représentait l'impossibilité de se loger pour des jeunes couples modestes chargés de famille, il l'attaque de front : puisque vous ne pouvez ni louer de logement convenable ni en acheter, vous allez  les construire vous-mêmes.

La vie aux Castors n'avait rien à voir avec ce que l'on connaît dans un lotissement ordinaire ; ici la solidarité, l'entraide, faisaient partie intégrante du projet ; les Castors, leurs enfants ont vécu une expérience humaine extraordinaire.
Cette expérience est racontée dans un livre écrit par Daniel Bancon, un des acteurs principaux de l'opération ; elle a fait l'objet d'un mémoire de Maîtrise d'histoire, présenté par une petite-fille de Castors ; elle constituait une part importante d'un ouvrage consacré par un sociologue suisse, Albert Meister, à ce type d'opération.