J'ai fait l'expérience, quelque temps avant mon départ à la retraite, d'une "blessure narcissique" pas piquée des hannetons.
Un collègue/chef (dans notre entité d'audit, le chef de mission animait une équipe de trois ou quatre auditeurs, il ne la dirigeait pas au sens propre, et ce d'autant plus que souvent les chefs de mission débarquaient de l'extérieur sans aucune connaissance du métier ni des connaissance de base afférentes, alors que nous les auditeurs étions souvent très chevronnés) me dit un jour :
-J'ai invité à l'apéritif des gens qui te connaissent, les untel
- Oui je les ai connus il y a vingt-cinq ans à tel endroit quand j'étais DRH
- Mais tu les connais bien ?
Je ne vois pas bien où il veut en venir - Oui je les connais, lui était instituteur de mon cadet.
Mais ils te connaissent vraiment bien ?
J'ai compris ce qui se passait dans sa tête. Ces gens m'avaient connu lorsque j'étais, bien qu'encore jeune, à l'apogée de ma carrière dans un poste assez prestigieux. Je ne les avais pas fréquentés mais ma réputation n'était sans doute pas mauvaise et ils avaient dû parler de moi à leur hôte en termes positifs, peut-être élogieux, sans doute trop.
Et voilà que pour notre homme je ne suis qu'un sous-fifre d'auditeur, dont il n'imagine pas qu'il ait pu avoir une "vie antérieure", que par ailleurs il n'apprécie pas (je suis assez casse c. comme subordonné). Seule explication pour lui : ils disent du bien parce qu'ils ne me connaissent pas vraiment, ils ne savent pas quel type médiocre je suis.
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