jeudi 26 février 2015

PANTHEON (mon Panthéon personnel) ...

Je me disais que j'allais rédiger un article où je donnerais le contenu de mon Panthéon personnel et je me suis demandé ce qu'était exactement le Panthéon quand ce n'est pas l'édifice parisien ; ma foi je ne suis pas sûr de la savoir alors j'ai été regarder (dans le Littré).

PANTHEON 
1- Temple de l'ancienne Rome bâti par Agrippa, ainsi nommé parce qu'il était dédié à tous les dieux.
2- Eglise faite à l'imitation du Panthéon de Rome
3- Monument national où l'on dépose les restes de ceux qui ont illustré la patrie
4- L'ensemble des dieux d'une religion polythéiste (le panthéon grec)
5- Ensemble de célébrités (le panthéon du cinéma français)

Oui, c'est Popper que je voulais mettre dans mon panthéon ; il y a longtemps que je connais Popper ; je crois que j'ai entendu parler de lui pour la première fois dans le livre de Guy Sorman "Les vrais penseurs de notre temps" Fayard 1989. A l'époque il était vivant ; c'était un épistémologue ; le summum pour moi ; un type dont la spécialité est de trouver la vérité, en ce qui le concerne plutôt de traquer l'erreur. Je pense que je consacrerai une entrée à Popper ; en fait je pensais à lui aujourd'hui parce que je lisais un article sur la méthode KJ. L'auteur y faisait référence à une théorie de Popper que je ne connaissais pas et que j'apprécie beaucoup : 
Il y a trois mondes : 1 Le monde physique ou monde des états physiques ; 2  le monde mental ou monde des états mentaux ;  3 le monde des intelligibles ou des idées au sens objectif, monde des objets de pensée, des théories en elles mêmes et de leurs relations logiques.

Il faudra que je revienne expliquer pourquoi cette théorie me plait autant.


Corrélats :
Popper Karl ;

lundi 23 février 2015

ATOME (Représentation et réalité de l'atome)

Un jour, il vient à notre connaissance qu'un philosophe de l'antiquité, Démocrite, avait émis l'idée que le monde était fait de minuscules briques, appelées atomes (insécable en grec), qui constituaient toutes choses par assemblages.
En ce qui concerne ma génération, née après guerre (la 2ème guerre mondiale), avant cela on avait entendu parler de l'atome ; un monument lui a été consacré à Bruxelles, lors de l'Exposition Universelle de 1958 ; on le voyait représenté partout ; j'avais 8 ans j'étais en CM1. Surtout la bombe atomique avait été utilisée pour la première fois à Hiroshima en 1945.

L'image de l'atome nous était familière, un noyau autour duquel tournaient des électrons. Cette icône était déjà fausse du fait que l'échelle n'était pas respectée mais on n'en avait pas conscience ; on voyait en gros un noyau/framboise, autour duquel tournaient des électrons/tête-d'épingle. En réalité pour un noyau de la taille d'une bille, l'électron le plus proche serait à 400 mètres. L'atome c'est du vide.

Il y a quelque temps j'ai acheté un livre* sur les atomes ; j'y ai appris que contrairement à ce que je croyais, le nuage d'électrons (l'orbitale) tournant à grande vitesse autour du noyau ne constituait pas une sphère, du moins que ce n'était que l'une des formes rencontrées. Il y a en réalité 8 formes d'orbitales par exemple la forme où 2 sphères sont accolées ou la forme où 6 "dragées" sont assemblées en rosace.

En tout cas j'étais persuadé que l'atome constituait de la matière, du moins son noyau et ses électrons ; ne donne-t-on pas la dimension du noyau, de l'électron et de l'atome, en picomètres (millième de milliardième de mètre) ? Voilà que je lis** aujourd'hui, et c'est ce que signifiait le principe d'indétermination de Heisenberg, qu'une particule quantique (proton, neutron, électron etc.) n'est pas un petit corps, qu'elle n'a donc pas les attributs classiques des corps, ni vitesse, ni position déterminée.
Ce qui est quand même rassurant c'est que les physiciens à l'origine ou contemporains de cette connaissance ont eu énormément de mal à l'admettre ; ils se disputaient comme des chiffonniers allant jusqu'à l'insulte.

* Atomes de Théodore Gray
** Philosophie Magasine 87 de mars 2015, Étienne Klein p 29

dimanche 22 février 2015

INEGALITÉS (creusement ou pas des inégalités) ...

Un économiste français Thomas Piketty devient une star mondiale avec son livre Le capital au XXI ème siècle. Tous en parlent, peu l'ont lu ; il faut dire que c'est un pavé de 970 pages.

L'inégalité est dans la nature, mais les régimes démocratiques ont l'ambition de maintenir l'inégalité entre les citoyens (égaux en droit) à un niveau raisonnable. La question est toujours de savoir si dans ces régimes, l'inégalité est maintenue à un niveau acceptable (acceptable pour qui ?) ou si elle se creuse continuellement, et dans ce cas si c'est inéluctablement.

La France en particulier qui se dit pays des droits de l'homme et pays de la Révolution se voudrait le pays qui maîtrise le creusement des inégalités, en tout cas qui le maintient à un niveau acceptable par la nation.

Tantôt on nous dit que les inégalités se creusent, tantôt, pas tant que ça ; qu'en est il ?  Je voudrais bien le savoir. Piketty dit que son livre est en deux parties : d'une part les statistiques sur l'évolution des inégalités dans un panel important de pays ; approfondies, incontestables selon lui. D'autre part ses préconisations sur ce qu'il convient de faire ; il reconnaît que l'on est pas obliger d'être d'accord avec lui sur cette seconde partie.

AVERTISSEMENT (en exergue du Philictionnaire)

Ceci n'est pas un livre ; je ne suis pas un écrivain, ; si je suis aussi la matière de ce dictionnaire je ne suis pas Montaigne. Ce n'est que le pauvre projet de me raconter, non parce que cela vaut la peine mais parce que c'est la seule façon de me survivre. Pourquoi se survivre ? simplement parce qu'on a un peu de mal à imaginer (tant qu'on est vivant, après on y arrive très bien) qu'on puisse disparaître tout à fait pour ceux qui nous ont connu. Plus tard, lorsqu'il n'y a plus personne à vous avoir connu, lorsqu'on n'est pas Montaigne, l'intérêt d'un Philictionnaire est nul...mais en attendant...

samedi 21 février 2015

SHOPENHAUER (Schopenhauer et moi) ...

Avant de lire l'article de Philosophie Magasine qui lui est consacré qu'est ce que je sais de Schopenhauer ? à quoi ça sert d'ailleurs de savoir quelque chose de Schopenhauer ? ça doit faire très prétentieux de placer Schopenhauer dans la conversation ; la conversation avec qui d'ailleurs ?

Pourtant je me dis que l'on ne peut pas ignorer l'apport des grands penseurs de l'humanité ; à l'école on nous enseigne d'ailleurs le cas des grands penseurs français. Certes il ne nous en reste pas grand chose, mais comment encore une fois ignorer les apports fondamentaux des plus grands penseurs de l'humanité. Justement Schopenhauer en est un.

Ce que j'apprécie chez lui :

La misère et les malheurs constituent le lot commun des mortels ; le monde ne peut être l'oeuvre d'un être infiniment bon.
Je pense comme lui : Pour ma génération dans cette partie du monde la vie a été beaucoup plus douce mais combien de générations depuis l'aube des temps et en combien de lieu la vie a été guerres maladies catastrophes.

Comment mettre un terme aux souffrances et parvenir au bonheur ? Refusant les erreurs de la philosophie classique il garde toujours en tête la question : comment vivre ?

Une certaine conception de la connaissance : le monde est ma représentation. Il établit une ligne de démarcation très nette entre ce qui peut être connu et ce qui ne peut l'être. L'idée que le monde existe indépendamment de toute représentation lui pose un problème : c'est à la fois évident et impossible à prouver ; il n'adhère pas à l'idée extrême que l'on vivrait dans une sorte de rêve produit par la seule imagination.

Il rejette les croyances mystiques et religieuses comme étant pures spéculations.

La vie n'a tout simplement pas de sens , il suffit de l'accepter pour en finir avec les questions byzantines.
la science est elle-même incapable de saisir l'essence ultime des choses.

Insaisissable et omniprésente est la force qui pousse les êtres à persévérer dans leur être, à se développer ; cette force c'est "le vouloir".

Le libre arbitre est une illusion. Les individus sont déterminés par quelque chose d'inconscient. Le bonheur échappe systématiquement à l'homme ; la vie oscille du désir à l'ennui.

Schopenhauer propose une solution vers la tranquillité de l'âme :
- la contemplation esthétique du monde
- la libération des désirs égoïstes
- l'ascétisme

Freud considérait Schopenhauer comme le précurseur de la notion d'inconscient avec sa "volonté inconsciente)".

EXCOMMUNICATION (excommunication des mafieux)

Ce terme ne signifie sans doute rien pour la génération de mes enfants, a fortiori pour celle de mes petits enfants. L'excommunication c'est une mesure d'expulsion de la communauté religieuse catholique ; quand j'étais enfant, élevé dans une famille chrétienne, je savais que c'était extrêmement grave ; tout le monde étant catholique cela équivalait à être mis au ban de la société ; justement, il y a très longtemps que je me suis demandé pourquoi le Pape n'excommuniait pas la Mafia ; comment le chef de l’Église pouvait il supporter que dans son pays même, se réclamant de la Foi catholique en plus, une organisation criminelle, puisse en toute impunité religieuse, continuer à racketter, assassiner, prospérer dans des affaires illégales. Cela disqualifiait complètement l’Église à mes yeux et le pape en particulier.

Le Pape François vient de le faire, enfin ; ces enfoirés de riches mafieux vont avoir des problèmes pour accéder aux sacrements et comme ils sont aussi cul-bénits qu'assassins, ça va leur faire quelque chose ; plus de baptêmes à l'église, plus de mariages, plus d'enterrements...

Je ne me fais pas d'illusions, ils vont trouver des moyens ne serait-ce qu'en mettant la pression sur le clergé local, mais quand même, ça sera plus comme avant.

L'excommunication n'est pas qu'un mot pour ma famille : dans les années cinquante, l’évêque de Bordeaux avait évoqué l'excommunication des chrétiens qui s'étaient présentés aux élections municipales sur des listes où figuraient des communistes, ce qui était le cas de mon père. Il paraît que ma mère , très chrétienne, avait passé quelques semaines affreuses à cause de cette menace.

mercredi 18 février 2015

AMOUR (aimez vos ennemis) ...

Le mot amour utilisé dans ce sens m'a toujours énervé (sans parler du fait qu'il est utilisé à tout bout de champ dans notre religion) ; sans doute à cause du fait qu'il qualifie aussi l'amour charnel ; pourquoi un même mot ? c'est pas ce qui manque les mots ! et puis en araméen qu'est qu'Il a utilisé exactement comme mot ?

On e se supporte pas à l'intérieur des familles, on a tant de mal à s'aimer, que vouloir qu'on aime nos ennemis c'est de la provocation. A moins que celui qui employait ce mot sache qu'il est aussi difficile d'aimer se ennemis que sa famille mais pas plus ; dès lors aimer ses ennemis , pourquoi pas.

Et pourquoi aimez ? pourquoi pas respectez  ; ça serait bien respectez ; d'autant qu'on peut respecter sans aimer ; Il veut vraiment qu'on aime ? mais c'est inadmissible un irréalisme pareil ; c'est de la provoc.

Quand on voit combien il en faut peu pour détester quelqu'un !

jeudi 12 février 2015

SOCIÉTÉ (Origine du lien social) ...

Freud veut croire qu'il y a un fait, un acte, à l'origine de la société (le Big Bang de la société en quelque sorte) ; Cela me paraît personnellement peu plausible surtout que Freud imagine un scénario criminel : des frères s'allient pour assassiner leur père. C'est un scénario qui me fait penser à la faute d'Adam et Eve ; ça ressemble à un mythe mais d'après ce que je comprends, pour Freud, ce n'est pas un mythe, c'est un fait historique.
D'après lui avant cet acte criminel, il n'y a pas de société, les hommes ne se sentent pas frères les uns des autres, il n'y a pas de père ; il y a une horde avec un être dominant, qui domine avec brutalité ; pour moi ça ressemble aux hordes d'animaux sauvages avec un mâle dominant qui possède toutes les femelles en exclusivité ; vieillissant il est remplacé par un mâle plus jeune qui à son tour va dominer la horde.
Comment croire qu'en plusieurs endroits dans le monde où des descendants de grands singes constituent des groupes, le même scénario se reproduise : des individus se révoltent contre le mâle qui les domine et le tue. Et les sœurs dans tout ça ?

mercredi 4 février 2015

VOILE (Voiler/dévoiler) ...

Le voile pose un problème dans notre société française. Une chose est sûre, le voile représente l'exact opposé de notre pratique occidentale en ce qui concerne le corps de la femme dans l'espace public.
La femme orientale et musulmane cache son corps ; dans le cas extrême, la burkha afghane, aucune partie du corps n'est visible.
Chez nous, aujourd'hui la femme dévoile son corps, le plus possible et par tous les moyens il me semble.
Elle le dévoile au sens littéral du terme, en raccourcissant robes et jupes, et en réduisant la partie couverte du corps au maximum : par exemple avec un haut à bretelles fines et à large décolleté.
On augmente le dévoilement par la transparence du vêtement et encore plus en faisant voir le sous-vêtement ce qui focalise le regard sur les parties les plus intimes du corps.
Autre procédé pour dévoiler le corps, le moulant, qui montre les formes autant que le vêtement oriental le cache sous une forme ample. Il y a aussi les vêtements déboutonnés ou fendus ; tout est bon pour dévoiler.

lundi 2 février 2015

PHENOMENOLOGIE (La phénoménologie et moi)...

Je ne sais pas exactement quand le terme phénoménologie est entré dans ma vie ; il y a longtemps sans doute mais je n'y avais pas prêté attention ; c'est assez récemment, quelques années, que la curiosité m'est venue, de savoir de quoi il s'agissait exactement.

Je considérais a priori que n'importe quel terme pouvait être compris par n'importe qui, disons un bachelier, avec un minimum de recherche ; eh bien je me trompais.

Il y  a environ deux ans, après avoir cherché dans la collection Que sais-je ? "la phénoménologie" je vais chez Mollat me procurer le numéro xxxx. 13è ed 1999 de monsieur Jean François Lyotard ; N'existe plus en Que sais-je ; mais dans une autre collection : Quadrige ; bon, je le prends.
 Je lis ; je comprends rien, ou presque ; en tout cas pas assez pour expliquer à qui que ce soit ce qu'est la phénoménologie.

ECHELLE (Échelle de notation) ...

Dans ma vie, pour une raison que j'ignore, je me suis passionné pour la question de l'évaluation et en particulier pour les échelles de notation.

Notre première expérience dans ce domaine c'est la note scolaire. Contestable avec ses demi et même ses quarts de points à l'époque. Récemment on a vu apparaître l'échelle de la douleur : l'infirmière vous demande : sur une échelle de 1 à 10, votre douleur, vous la situeriez commet ?

Dans la vie professionnelle, en tant que cadre (à l'époque les autres salariés n'étaient pas évalués) on était jugés sur quelques critères et sur chaque critère sur une échelle de 4 marches : ABCE. Ce qui est amusant c'est que vous ne pouviez prétendre à une note élevée qu'à partir d'une certaine ancienneté dans le poste : mélange du critère expérience et du critère talent.

Conscient des défauts des échelles de notation j'ai toujours voulu proposer des échelles plus pertinentes. De mémoire ma première échelle date des années Cattenom ; je l'appliquais à l'évaluation globale de mes collaborateurs dans leur poste. L'échelle avait 4 marches : 
1 - non adapté à l'emploi (ce qui signifiait : pas bon)
2 - doit être perfectionné dans l'emploi
3 - tient correctement son poste, de manière satisfaisante
4 - très bon élément
Cette notation me permettait de désigner les très bons (on commençait à les chouchouter) et les mauvais, mais eux, il fallait se les garder ou les refiler aux copains si l'occasion se présentait.

Plus tard quand j'ai travaillé sur les compétences et surtout sur le professionnalisme, j'ai adopté aussi une échelle à 4 marches, alors que l'éducation nationale avait une échelle à 3 marches ( non acquis ; en cours d'acquisition ; acquis) ; je nommais comme suit ces marches :
1 - au dessous du seuil de professionnalisme minimum attendu dans l'emploi ; j'y mettais les novices et ceux qui n'arrivaient pas à tenir l'emploi au niveau que je jugeais minimum. En réalité bien sûr les services étaient remplis de ces derniers mais il n'y avait pas de mots pour les désigner ; lors des recrutements on s'appliquait à les repérer pour ne pas les recruter dans son service.
2 - maîtrise de base de l'emploi ; la personne assure correctement son travail ordinaire en toute autonomie.
3 - "PRO" : celui qui réussit son travail en toutes circonstances, y compris dans les situations délicates qui se rencontrent périodiquement. Dans mon esprit le niveau "PRO" est élevé, tout le monde n'y arrive pas loin s'en faut. Je disais aux gens : diriez vous de untel que c'est un pro ?
4 - Chevronné : j'appelle ainsi un pro qui est particulièrement expérimenté et qui allie à son professionnalisme le fait d'avoir tout vu.
A un moment on nous a demandé de faire de la gestion anticipée des emplois et des compétences ; classer ainsi les collaborateurs nous permettait de voir si nous avions assez de compétences en cas de départs ; il fallait avoir une masse critique de 2 et de 3.

Lorsque je voulais voir une évaluation fiable d'une personne j'utilisais une échelle à 6 marches car les personnes rechignent à utiliser les extrémités de l'échelle et parce qu'elles sont assez gentilles avec elles-mêmes. En voyant où les personnes étaient placée sur les 4 marches centrales j'avais une bonne indication ; en effet, aussi bien l'échelle à 4 marche que l'échelle à 6 marches (impaires) obligent faute de position médiane à faire basculer d'un côté ou de l'autre.



dimanche 1 février 2015

SCENE (l'inconscient, la deuxième scène)

La métaphore d'une deuxième scène, dans le monde, pour parler de la signification de nos actions au niveau inconscient, me semblait éclairante et en même temps, je n'arrivais pas à appréhender ce que cela signifiait. Surtout l'idée que la vraie signification de nos actions puisse être inconsciente, et donc uniquement déchiffrable par les psychologues, les psychiatres ou les psychanalystes était inacceptable ; comment accepter que le monde n'ait pas son sens apparent mais un autre inaccessible aux acteurs ?

Je relisais ce matin mon livre de chevet* et l'explication d'Enriquez sur cette deuxième scène, je l'ai enfin comprise. Je l'ai comprise parce qu' Enriquez explique que les deux réalités, la réalité historique (c'est ainsi qu'il appelle le monde réel dans lequel nous agissons) et la réalité psychique, sont, bien que liées, éminemment distinctes, séparées.
Ces deux réalités qui sont en interaction, procèdent d'univers différents, connaissent leur propre logique, leur propres lois de fonctionnement et ne peuvent se réduire l'une à l'autre. Tout comportement comporte (au moins) deux significations, celle que lui donne la réalité (historique) et celle que lui donne la réalité psychique.

Le but de celui qui cherche à décoder les actions humaines n'est pas de trouver le sens caché des conduites mais de trouver un autre sens à ses conduites, ni plus ni moins valide que le premier, le sens de ce qui se passe sur l'autre scène.
Ainsi dans un exemple cité par l'auteur, lorsqu'un patron explique pourquoi il fait une réforme de l'organisation de son comité de direction, il faut prendre ses arguments au pied de la lettre, ses raisons, la logique de cette réforme. Sur l'autre scène il peut s'avérer que de manière inconsciente il renforce le pouvoir qu'il avait sur son comité ; d'un côté il est sincère dans une démarche de décentralisation qu'il veut et dont il a par ailleurs envie de se glorifier en étant parmi les premiers à adopter une nouvelle structure de management, et en même temps, foncièrement autoritaire (et incapable de le reconnaître) il verrouille inconsciemment encore plus son collège de direction en diminuant ses marges de manœuvre.

J'ai bien compris que les mots clés, c'est : un autre sens ; il y a d'abord le sens que les acteurs donnent à leurs décisions, leur actions et, sur un autre plan, sur une autre scène, l'autre sens que ces actions ont dans la réalité psychique, (inconsciente), des personnes. Ce sens là, il est clair que le commun des mortels ne peut y accéder ; il faut être formé pour pour le chercher et le trouver.

Cette lecture m'a fait penser à une représentation de ces deux scènes : j'imagine un théâtre où la scène est visible des deux cotés : une scène et une salle de chaque côté : les spectateurs pourraient regarder la pièce qui se joue depuis la première salle, la pièce "normale", la pièce réelle ; et à leur convenance ils pourraient se rendre dans l'autre salle de l'autre côté de la scène : là se jouerait la même scène mais avec d'autres dialogues ; les discours de l'inconscient. J'imagine que cela pourrait être le thème d'un film très intéressant.

* L'organisation en analyse (Eugène Enriquez)