mercredi 31 décembre 2014

COMMENTAIRE (Commentaire de texte au bac de Français)

En soutien scolaire je viens de "récupérer" une élève de première, Pauline ; c'est la sœur d'un élève de 4ème que j'ai bien remonté en Français ; (c'est la deuxième fois qu'on me demande de prendre un autre membre de la fratrie, je suis content).
La maman m'a présenté le problème comme étant la grande difficulté de Pauline pour rédiger, alors même que récemment, elle avait largement aidé sa fille à élaborer la matière nécessaire pour un devoir. J'ai accepté de la prendre tout en sachant que le Français du bac nécessite une vraie compétence, que je n'ai pas, mais je me suis laissé prendre à cette idée de problème de rédaction ; je me prends pour le Zorro de la rédaction.

Je suis presque sûr qu'en terminale je n'étais pas bon en dissertation ou commentaire de texte ; d'ailleurs je suis presque sûr aussi que nos profs ne nous enseignaient pas vraiment la méthode ; idem en philosophie ; à moins que j'étais un mauvais élève qui ne faisait pas assez attention. En tout cas mon idée c'est que les lycéens ne savent pas vraiment ce qu'on attend d'eux dans ces épreuves. Je l'ai vérifié avec Pauline.

Il y a quelques deux ou trois ans j'ai entendu sur France Culture un professeur de Français de classes préparatoires qui parlait de la technique du commentaire de texte ; elle disait que c'était quelque chose de difficile mais qui s'apprenait et que ses élèves constataient qu'en fin d'année ils avaient acquis une vraie compétence. J'ai acheté son livre.

J'ai découvert la spécificité et la difficulté du commentaire de texte ; pour le coup je suis presque sûr que mes professeurs ne m'ont pas enseigné avec rigueur la technique nécessaire.

Avec Pauline, il va y avoir à traiter son "blocage" devant toute rédaction, mais aussi, et ça me fait flipper, la technique du commentaire de texte.

RECONNAISSANCE ...

L'idée de reconnaissance des salariés dans l'Entreprise a pris de l'importance dans les années 80 ; c'était devenu un leitmotive de se plaindre d'un manque de reconnaissance ; c'était l'argument imparable des salariés mécontents, ils ne sont pas reconnus (dans les années 2010 ils invoqueront le mépris dont ils font l'objet).

Je ne peux pas travailler avec les notions floues que tout le monde utilise à tout bout de champ ; il faut que je sache ce qu'il y a derrière le mot, l'idée concrète qu'il y a derrière le mot. Pour reconnaissance j'ai d'abord considéré deux constructions de phrases possibles :
- notre (bon) travail doit être reconnu c'est à dire d'abord rétribué correctement (construction classique)
- reconnais chef, les difficultés dans lesquelles je me débats, reconnais tout ce que je fais pour faire ce qu'il faut. Cette construction moins usitée est pourtant capitale car la reconnaissance attendue du salariée commence par ce que les sociologues et ergonomes expriment par la formule : "ce que ça demande" d'accomplir ce travail, comme inventivité, abnégation, efforts etc.

Ensuite, après cette reconnaissance verbale par le chef, j'ai voulu voir ce que pourrait recouvrir la reconnaissance à laquelle aspire le salarié.

J'ai fait un schéma, de type tranche napolitaine, allant de la reconnaissance attendue la plus basique et la plus commune à la plus spécifique et individuelle. (il faut que je le retrouve !)





En fait le chef ne peut pas passer son temps à donner des paroles de reconnaissance ; il ne peut pas répéter à longueur d'année, "oui je sais combien votre travail demande d'implication, d'intelligence etc" ; le problème c'est que le chef (quand c'est un bon chef, car c'est son boulot,) dit ce qui ne va pas  chaque fois qu'il le constate. La frustration du salarié vient du fait qu'on lui dit toujours quand ça ne va pas et jamais quand il travaille bien.
J'ai d'ailleurs constaté dans mon entreprise qu'on ne disait pas facilement ce qui n'allait pas ; le management n'était pas très courageux et donc il se privait d'autant plus de dire ce qui allait bien.

mardi 30 décembre 2014

LEADERSHIP

Je pense que les gens font la confusion entre leadership et charisme. Je sais que certains sont des leaders naturels mais j'ai acquis la conviction que le leadership est l'activité normale du leader ; s'il n'est pas charismatique et assure par ses actes le leadership inhérent à sa fonction, alors il fait son bouleau de leader et c'est un leader.
Ma conviction s'est faite au travers du modèle EFQM (European Foundation for Quality Management) ; ce modèle de fonctionnement de l'Entreprise excellente propose les éléments de l'excellence et l'articulation nécessaire entre ces éléments. Le leadership, au sens de direction de l'entreprise, est un des éléments du système et il est décrit en termes de choses à faire, du leader.

Cela ne veut pas dire qu'il est facile de faire ce qui est attendu du leader mais du moins cela laisse penser que si l'on fait le boulot, même si on est pas un type charismatique, on peut être reconnu comme leader efficace.
Les charismatiques d'ailleurs il faut s'en méfier ; ils peuvent mettre leur talent charismatique au service de fins tout à fait personnelles (n'allant pas dans l'intérêt de l'Entreprise) ou malhonnêtes. J'ai personnellement eu un collègue, presque un ami, qui était tout sauf charismatique (petit, timide, un physique sans charme), et pourtant, en faisant ce qu'il fallait, il a redressé une Usine importante qui était sur une mauvaise pente à tous points de vue.

Dans le dictionnaire des sciences sociales, je vois que les experts référents en la matière (Kurt Lewin notamment ) distinguent des styles de leadership. (à mon avis ils sont plus centrés sur la personnalité du dirigeant que son action) :
- styles autoritaire, démocratique et "laisser-faire".
Blake et Mouton distinguent entre les formes d'encadrement centrées sur l'activité et l'organisation du travail et celles centrées sur les relations avec les personnes.
Les approches de la "contingence" (Hersey, Blanchard) tiennent compte à la fois des caractéristiques des dirigeants, de celles des employés et des caractéristiques de l'entreprise. Il y aurait quatre types de leadeship principaux :
les styles directif, motivationnel, participatif et de délégation.
Une approche transactionnelle (Homans, Blau) s'intéresse aux formes de transaction "politique" entre les dirigeants et leurs subordonnés, à la façon dont chacun cherche à influencer ou à prendre l'ascendant sur l'autre.
Une approche transformationnelle (référents non cités) se focalise sur la capacité des dirigeants à capter l'intérêt, la motivation et l'engagement des subordonnés (par le charisme du leader, la reconnaissance individuelle, la stimulation intellectuelle, la confiance etc.

Pourquoi cet article ? J'ai été manager, en devoir de mettre en oeuvre un leadership, sans savoir en quoi cela consistait car à l'époque (années 1970) on considérait que le leadership était un talent naturel et pour beaucoup un charisme. C'est un cabinet de consultants qui nous a appris le métier de manager ; des années plus tard, la découverte du modèle EFQM  a complété ma vision du métier en renforçant l'aspect "activité" du leader, au détriment de l'aspect "style"; l'idée que j'ai, c'est qu'il faut faire le job et que le style est en définitive secondaire.

ENJEU (Enjeu et objectif)

Marion souhaite que nous préparions ses prochains entretiens de recrutement et à ce propos elle évoque les mots d'objectif et d'enjeu.

Le mot "enjeu" est à la mode ce qui fait qu'il est souvent employé à la place du mot objectif. Or les deux mots n'ont pas le même sens :
L'objectif, est une cible, un résultat qu'on se donne à atteindre.
L'enjeu, terme utilisé dans le domaine du jeu (ce que l'on a misé et que l'on risque de perdre ; l'enjeu total, celui constitué par l'ensemble des enjeux individuels, peut être gagné, c'est l'objectif des joueurs) signifie dans le domaine managérial : ce qu'on veut gagner ou ne pas perdre.

Dans la vie de tous les jours où le langage manque souvent de précision, cela n'est pas très important de confondre les deux ; on se comprend. D'ailleurs, la plupart du temps on pourrait se passer du mot enjeu, le mot objectif suffit largement.
On peut même considérer qu'il n'y a entre les deux qu'un petit décalage de point de vue ; exemple, une équipe de rugby va jouer un match décisif ; si elle gagne ce match elle est championne de France ; l'objectif, c'est de gagner ce match, mais c'est aussi d'être champions de France. L'enjeu du match, c'est la première place du championnat (mais on ne peut pas dire que l'enjeu du match, c'est la victoire.)

Moi je trouve que la précision dans le langage nous permet d'être beaucoup mieux connecté aux réalités du monde ; si on sait distinguer l'objectif de l'enjeu, si on se centre sur l'enjeu en tant qu'enjeu et non objectif, on peut voir l'enjeu et se demander si c'est ça qu'on veut vraiment gagner, si ça vaut la peine. L'objectif est plus mou.
L'objectif a pris une grande place dans le management des entreprises ; je vois l'avantage, c'est une méthode pour mieux avancer et pour être plus efficients, individuellement et collectivement. Mais si on se demande quels sont les enjeux de l'atteinte de tous ces objectifs on peut parfois avoir du mal à répondre et s'apercevoir qu'on ne place pas son intelligence et son énergie sur ce qui vaut la peine.

Pourquoi cet article ? Marion soulève une question à laquelle j'ai été confronté dans ma vie professionnelle et à laquelle selon mon penchant j'ai réfléchi pour voir clairement les choses et parler et agir avec pertinence : voir l'enjeu quand il y en a vraiment un, porter un jugement sur la valeur de cet enjeu, vérifier qu'on ne se trompe pas d'enjeu. Par ailleurs cela m'énerve de voir les gens utiliser à tort et à travers le mot enjeu, à la place d'objectif ; je constate que mon  attitude d'exigence sémantique est (était) souvent mal vue ; dans ma posture de consultant, de spécialiste, je ne transige pas, pour moi c'est nécessaire, le pro a grâce entre autres à la précision du langage un niveau de performance élevé.

Cet article est-il bon ? Dans la forme j'aimerais qu'il soit beaucoup plus concis, plus incisif, mais ça demande beaucoup plus de travail de rédaction !





GENRE ...

Qu'est ce que c'est que cette histoire de "genre" ?

Dans l'actualité de 2014 il y a que des parents d'élèves sont inquiets de ce que l'on peut dire à leurs enfants sur le genre (masculin/féminin) au point qu'ils ont manifesté leur opposition en retirant quelques jours leur enfant de l'école.
Je ne sais pas quel est le degré de sincérité de ces parents et dans quelle mesure ce n'est pas une manifestation d'opposition politique.

Les éléments que je connais prennent à mon avis leur place dans un mouvement de fond de lutte contre les discriminations contre les femmes, les stéréotypes misogynes et pour l'égalité hommes femmes et aussi contre l'homophobie et les stéréotypes et les discriminations homophobes.


dimanche 21 décembre 2014

DISCOURS (premier discours)

Les collégiens apprennent les 4 formes de discours : discours narratif, discours descriptif, discours explicatif et discours argumentatif.
Dans ma vie professionnelle, dans mon métier d'interviewer j'ai rencontré la notion de "premier discours" et de "deuxième discours".

Lorsqu'on interviewe une personne dans une entreprise, mais c'est aussi valable pour toute organisation, le discours qu'elle tient est celui que tout le monde tient sur un sujet donné concernant l'entreprise, son histoire, ses réussites, ses problèmes etc. C'est un discours sincère mais ce discours n'est pas celui qui intéresse le consultant ou surtout l'auditeur qui cherche la vérité d'une entreprise ou d'un service. Il doit faire émerger un "deuxième discours" qui correspond à la réponse à des questions comme : mais comment ça se passe concrètement, qu'est ce que vous faites concrètement ; par ces questions on cherche la réalité du quotidien, on laisse les effets sur les personnes du discours institutionnel, de ce que l'entreprise se raconte et dit sur elle même. 

Mon copain Jean-Paul disait qu'on pouvait aller plus loin et chercher un 3ème discours correspondant à la question "pourquoi"; pourquoi vous faites comme vous faites vous, personnellement. Un jour il me disait qu'il avait interviewé un syndicaliste  qui était allé assez vite vers le 4ème discours : qu'est ce que je trouve important, quelles sont mes valeurs.

Sauf erreur de ma part cette notion provient des travaux du psychologue Pierre Vermeersch (CNRS) inventeur de "l'entretien d'explicitation".

CHAMPAGNE ....

Dans la rubrique "le tour de la question" voilà le sommaire de cette entrée :

D'où vient que le champagne a des bulles ? d'autres vins ont ils des bulles ? les mêmes ou différentes ? Par exemple le "perlé de Gaillac", un vin de la région d'Albi.

Quand j'étais petit, il y avait le champagne et le mousseux ; aujourd'hui il y a le champagne, le crémant et le mousseux mais on n'utilise plus ce terme même s'il existe toujours du mousseux ; qu'est ce que c'est au fait le mousseux ? quelles sont les différences entre champagne, crémant et mousseux ; il y a une époque on employait le terme de "méthode champenoise" pour les crémants je pense, mais on ne l'entend plus.

Dit-on sabler ou sabrer le champagne ?

Le champagne est il un vin blanc ou un vin rouge ? qu'est ce que le champagne rosé ? Il me semble qu'on doit périodiquement faire faire un quart de tour aux bouteilles de champagne, pourquoi ?
On dit que le champagne en demi bouteilles est moins bon, pourquoi ?

Il ne faut pas que les flûtes soit glacées avant de recevoir le champagne pourquoi ?

Comment se font les bulles, surtout ces petites colonnes de bulles qui montent à la surface ?

Réponses :

samedi 20 décembre 2014

BONHEUR (Petit bonheur n°1)

Parmi mes petits bonheurs préférés, rencontrer un chat des environs et le caresser à loisir. Il y a quelques mois j'avais repéré un chat roux assis sur un rebord de fenêtre derrière le Monoprix mais quand j'étais sorti du magasin il n'y était plus.
Ce matin j'aperçois mon chat assis sur la poubelle devant sa porte. Je m'approche, je lui parle ;  c'est un gentil ; il se laisse caresser et se frotte à l'envi contre ma main.
C'est ça le bonheur !

mardi 16 décembre 2014

SOIXANTE

Nous comptons l'heure en base soixante :
Soixante secondes font une minute
Soixante minutes font une heure.
De nombreuses civilisations comptaient en base soixante (pas seulement le temps) pourquoi ?

Parce que ce nombre, 60, a l'avantage d'avoir de nombreux diviseurs ; il est même le plus petit nombre divisible à la fois par 2, 3, 4, 5 et 6.

Il est divisible par :
 2, 3, 4, 5, 6, 10, 12, 15, 20, 30.

lundi 15 décembre 2014

RETOUR (L'éternel retour) ...

(premier temps) L'Éternel retour fait partie de ces notions volontiers évoquées par les média (notamment intellos) mais dont on (je devrais dire dont je) ne sait jamais exactement ce qu'elles recouvrent. Deux choses m'énervent : le fait d'évoquer des concepts pour faire savant et ce qui n'a rien à voir, le fait que les notions en question soient complètement foireuses.

Pour moi cette notion d'Éternel retour fait partie des foireuses (comme la théorie des Idées de Platon). Elle correspond à l'idée que ce qui s'est passé une fois se reproduira de la même manière, comme si l'histoire se répétait de façon cyclique. C'est Nietzsche me semble-t-il qui nous sert cette salade.

Mais je ne peux en rester à cette irritation provoquée par une notion dont je n'ai qu'une ombre de connaissance. Je me dois de creuser le sujet ; je veux comprendre ; les grands esprits ne peuvent dire des sottises. A tout de suite....

(deuxième temps) j'ai lu ; ce n'est pas une conception foireuse, mais difficile notamment parce que composite. La question qui se pose à moi est de savoir comment on peut appréhender, en une sorte de résumé intelligible, une notion philosophique. Je crois toujours qu'il est possible de présenter des choses complexes simplement, je ne sais pas faire mais je me dis qu'en prenant le temps, en se décarcassant il n'y a pas de raison de ne pas y arriver.

Cela pose la question du processus de connaissance ; c'est comme si en écrivant pour d'autres, je voulais leur rendre les choses accessibles, ce qu'elles n'étaient pas au moment où je me suis intéressé à la question ; il doit y avoir dans le monde, une présentation de la chose qui réponde à mon attente ; pourquoi quelqu'un avec toute sa connaissance n'aurait il pas élaboré "le" texte qui permet l'accès au savoir sans toutes ces difficultés d'accès et tout ce temps à élaborer la substantifique moelle ; elle doit exister déjà mais je ne sais pas où.

(troisième temps) 
1 j'ai noté que certaines idées qui passent par la tête des hommes n'ont pas forcément d'emblée un contenu précis ; elle peuvent n'être d'abord qu'une simple idée ; je me dis que le rêve peut être à l'origine d'un idée que le rêveur n'a pas eu en état de conscience. Il y a aussi le fait que derrière les mêmes mots se cachent des idées différentes.

2 une idée peut se trouver reprise et approfondie ou enrichie de significations nouvelles.

3 ainsi l'idée correspondant à l'expression "éternel retour" est passée d'un mythe avant d'être approfondie en concept philosophique.

4 ainsi la signification de ces mots est à rechercher dans l'esprit de ceux qui les ont inventés, revêtus de significations personnelles, ou approfondi.

5 la plus ancienne idée que j'ai trouvée à laquelle on rattache l'expression d'éternel retour est l'idée hindoue de répétition éternelle de l'univers (destruction et recréation périodique) appelée palingénésie. (elle s'accompagne de l'idée de transmigration des êtres (métempsychose) mais attention il ne s'agit pas de réincarnation d'une conscience individuelle ; ce qui renaît c'est la vie.)

6 ce mythe se retrouve transposé dans la pensée grecque présocratique. Dans la tradition orphique, la renaissance du vivant est aussi celle des âmes. Dans le pythagorisme primitif l'éternel retour est le dogme de la doctrine de la reprise par tous les êtres de leur existence antérieure. (Anaximandre, Empédocle, Héraclite.)

7 la thématique de l'éternel retour se rencontre aussi dans la philosophie classique chez Platon d'une part sous la forme de la révolution des temps historiques (à expliciter), et celle de la réminiscence (à expliciter).



jeudi 11 décembre 2014

DICTÉE (dictées d'autrefois)

Je prépare souvent des dictées pour mes petits élèves, des phrases où je concentre un même type de difficulté. Aujourd'hui à l'école les enfants ne font pas souvent cet exercice. Je me rappelle les dictées quotidiennes à l'école primaire. Un d'entre nous était désigné pour venir la faire  au tableau ; un tableau pivotant, juste derrière le bureau du maître était rabattu de façon à cacher sa prose aux regards et permettait, une fois remis contre le mur, de partager la correction avec la classe. 
Petit, je devais monter sur la chaise du maître pour pouvoir écrire sur ce tableau ; abrité derrière lui on était dans une demi pénombre, séparé de la classe, on ne voyait personne, on entendait la voix forte du maître, répéter les morceaux de phrase, à divers endroits dans la classe ; c'était une expérience étrange, agréable pour moi car j'étais bon en français.

Je me souviens qu'un élève, un grand (il y avait plusieurs niveaux dans la classe, les grands présentaient le certificat d'études), genre grosse brute, qui avait fait soixante quinze fautes dans une dictée de sixième. Le maître jugeant que c'était inacceptable lui avait donné une fessée ; le châtiment avait lieu dans un préau fermé attenant à la classe, où on avait le cours de gymnastique les jours de pluie.

Les meilleurs dans cet exercice (la dictée, pas la fessée) étaient chargés d'épauler les moins bons ; j'avais ainsi deux ou trois élèves à aider, en leur expliquant leurs fautes. C'est de là que vient mon désir de faire du soutien scolaire en français, en particulier en orthographe.

ABBAYE (L'abbaye abandonnée)

Dans mon Jouictionnaire il y a une abbaye abandonnée. Elle est installée au bord d'une rivière, dans des gorges, à mi falaise, en partie troglodytique donc. Le cloître sur deux côtés est ouvert sur une courbe brusque de la rivière. Le matin, il est inondé de lumière quand le soleil arrive au sommet de la falaise boisée de l'autre côté.
C'est une petite abbaye : une chapelle attenante au cloître, un scriptorium dont les murs sont constitués d'étagères de livres, une salle à manger avec une immense cheminée, une salle commune et quelques cellules. Quand on arrive par la rivière, très peu profonde, on la découvre serrée autour du clocher tour en pierre dorée, en partie enfouie dans les arbres.

mercredi 10 décembre 2014

KAFKA ...

Kafka est un écrivain célèbre qui a donné son nom à un type de situation ou d'univers : kafkaïen.
Il n'y a pas très longtemps, quelques années quand même,  je me suis décidé à lire Le château. Cette lecture m'a mis tellement mal-à-l'aise que j'ai laissé tomber. Un univers où je sens le personnage comme en risque permanent, sans protection. J'ai envie de reprendre le roman pour le finir mais je ne le fais pas ; une appréhension.

J'ai acheté L'art du roman, d'un concitoyen de Kafka que j'aime beaucoup, Milan Kundera (qui vient d'être édité dans La Pléiade de son vivant ce qui est très rare) et dedans je trouve un chapitre consacré à la spécificité de Kafka ; c'est passionnant.

dimanche 7 décembre 2014

SALOMÉ Jacques

Jacques Salomé fait partie de mon Panthéon personnel. Je le découvre vers la cinquantaine. C'est un spécialiste des problèmes de communication entre les êtres humains ; sa formule : l'homme est infirme pour communiquer.

Son livre "T'es toi quand tu parles" devrait être offert aux adolescents dès l'âge de quinze ans.

Je suis allé le voir en conférence ; il avait un super numéro avec une écharpe : pour montrer que la communication a une exigence fondamentale, la dualité de la parole, il faisait monter une personne sur scène et il lui donnait à tenir un bout d'écharpe, lui tenant l'autre extrémité ; à un moment il lui prenait des mains son bout d'écharpe et il montrait avec l'écharpe pendouillant devant lui, dans ses deux mains, que ça ne "passait" plus, avec comme commentaire : si je tiens les deux bouts de la communication, ça ne marche pas.

Il avait demandé  à l'Éducation Nationale d'enseigner la communication à l'école et pour cela il lui fournissait un manuel de communication élémentaire tout fait, dont il abandonnait les droits d'auteur ; ce manuel, qu'évidemment l'Éducation Nationale a refusé, est devenu "T'es toi quand tu parles".

Il a écrit quantités de livres sur le sujet notamment des contes (psychologiques) pour les enfants victimes d'agressions sexuelles notamment.
Il est aussi spécialiste des relations entre enfants adultes et leurs parents. Dans ce domaine y'a du boulot.

(rajouter le cas du gamin scotché devant le jouet en vitrine et que sa mère tire (sans ménagement) par le bras. )

samedi 6 décembre 2014

EROTIQUE (érotique ou pornographique) ...

Je me suis toujours demandé la différence entre érotisme et pornographie en ce qui concerne les images. L'idée que je m'en faisais c'était que les images érotiques étaient socialement acceptables alors que la pornographie était condamnée sans appel ; c'était autrefois évidemment dans les années 60.
Il y eu ensuite un discours selon lequel la différence entre érotisme et pornographie relevait d'une grande hypocrisie mais je pense que ce discours avait trait aux pratiques sexuelles, je me souviens d'ailleurs avoir entendu cette sentence : "la pornographie c'est l'érotisme des autres".

En ce qui concerne les images, le sujet qui me préoccupe, dans les années 2000 est apparu dans la publicité "le porno chic", des images esthétiques mais obscènes dans leur sujet. Je ne sais toujours pas s'il y a une ligne de séparation identifiable  entre l'image érotique et l'image pornographique. Je ne sais pas s'il existe un continuum, avec à un certain niveau un basculement dans le porno. Ce que je vois clairement c'est les catégories bien tranchées suivantes :
- le nu académique, esthétique, surtout en noir et blanc
- les photos de "charme" que l'on trouve dans les calendriers ornant les ateliers d'usines ou dans les concours photographiques ;  "Charme" étant le nom de la catégorie comme il y a "Paysage" ou "Reportage".
- la photo pornographique comme il y a un cinéma pornographique classé X.

En ce qui concerne les pratiques sociales, j'ai découvert quand j'étais jeune, dans le club photo auquel j'appartenais, ce qui peut constituer une catégorie, les photos de nu que les gens réalisent de leur conjoint (noir et blanc ou couleur, allant de l'académisme le plus esthétique au porno le plus hard.) Aujourd'hui, à l'heure du numérique, ces photos ne sont pas obligées de sortir de la maison pour le développement et le tirage ; à l'époque oui ; dans le club il y avait un photographe qui se faisait un plaisir de garder  des tirages de ses clients, en douce et de les montrer aux membres. Pas très délicat, mais quand on voit les photos que les gens postent eux-mêmes sur le net aujourd'hui ! hallucinant et là il n'y a pas de toute sur la qualification, souvent, c'est indiscutablement pornographique.

Pour trouver la réponse à ma question, quelle différence entre image érotique et image pornographique, j'ai consulté mon philosophe préféré, André Conte Sponville , dans son Dictionnaire Philosophique.
à suivre ...

RICHE (pauvre riche)

Le plus vieux souvenir que j'ai concernant ce concept c'est la parole évangélique selon laquelle il serait plus difficile aux riches d'accéder au Royaume de Dieu qu'à un chameau de passer par le trou d'une aiguille;  (d'après ma mère, le chas de l'aiguille c'était le nom d'une toute petite porte à Jérusalem).

Puis vint le "je n'aime pas les riches" de la part d'un candidat à la présidence de la république que l'on peut considérer (selon ses propres critères - gagner plus de 4000€ par mois) comme un riche.

Récemment j'ai lu dans Sciences Humaines que selon l'Observatoire des inégalités (je ne sais pas ce que c'est, il faudra que je regarde) notre ménage compte parmi les riches*, nous dépassons la barre de 570€. Si près de la limite, je pense que sans contexte nous pouvons nous considérer comme des riches pauvres.

*(pour un couple 5500€ nets par mois après impôts et cotisations sociales. )


jeudi 4 décembre 2014

THEOLOGIE ...

Dans une autre vie, quand nous étions une famille très croyante mes parents et mes frère et soeur, le théologien avait un statut de super héro.
Quand ma mère invoquait l’interprétation d'un théologien, c'était parole d’Évangile. Le théologien laïc avait quelque chose de supérieur aux clercs (prêtres, évêques et même pape) car il n'était pas juge et partie. On ne connaissait pas leur nom ni leur visage ce qui accentuait le caractère exceptionnel de ces hommes.

Aujourd'hui que je suis un mécréant, c'est tout juste si je ne les considère pas au mieux comme des imbéciles au pire comme des escrocs.

à suivre

COMPLIMENTS

Aujourd'hui, à presque soixante cinq ans, je ne suis pas en manque de compliments ; je crois qu'il n'en a pas toujours été ainsi, notamment dans l'enfance ; ce n'est pas le cas des enfants aujourd'hui quand on voit l'adoration qu'ils suscitent de leurs parents, grands parents oncles et tantes.

Ainsi ma voisine (quatre-vingts ans passés)  ne manque pas une occasion de louer mes talents ; son mari, au demeurant très sympathique, n'est pas très dégourdi ; au pays des aveugles les borgnes sont rois, c'est évident. Elle était boulangère et ma culture qui n'est pas nulle et ma familiarité avec le monde de l'ordinateur et d'internet l'épatent. Elle le dit ; même si ce n'est pas mérité ça fait plaisir.

Je viens par contre de recevoir un vrai compliment, d'une petite fille de neuf ans à qui je donne des cours de soutien en Français. Lors du troisième cours, me raccompagnant à la porte de l'immeuble pour m'ouvrir le passage avec mon vélo, elle me dit avec naturel (c'est une petite fille très vive) : "j'aime bien travailler avec vous".

J'en redemande des comme ça.