mardi 25 novembre 2014

RECONNAISSANCE (Les joies de la reconnaissance professionnelle)

Jeune DRH de la Centrale Nucléaire de Cattenom (35 ans), mon patron m'avait demandé de lui rédiger  un document cadre concernant la Formation ; il devait le présenter dans un organisme s'apparentant au Comité d'Entreprise. Je me souviens que la formation était un de mes centres d'intérêt et j'avais écrit un document de quatre pages qui abordait tous les aspects essentiels de la chose et j'étais assez content de moi.
La formation était un cheval de bataille de la CGT ; elle y faisait particulièrement attention considérant que n'importe qui pouvait accéder à n'importe quel poste pourvu qu'on fasse ce qu'il fallait en formation.

Mon Directeur ne m'en reparle pas avant la réunion (je n'y participais pas car à l'époque la réglementation interne permettait à la CGT de discuter avec le patron sur des sujets RH comme celui-là sans le DRH ; le boss se retrouvait donc seul avec une dizaine de syndicalistes qui pouvaient plus facilement le charcuter.)

Le lendemain de la réunion le boss me dit : "Ton papier sur la formation, je l'avais pas trouvé terrible mais ils m'ont cherché des poux dans la tête à plusieurs reprises et, chaque fois, j' ai trouvé ce qu'il fallait dans ton texte. Finalement, c'est ce qu'il me fallait."

C'est beau la reconnaissance.

GAFFE (Ma plus belle gaffe au boulot)

J'étais responsable du service administratif d'une centrale nucléaire (mon premier poste). Je devais envoyer à mon responsable régional les documents nécessaires à notre commission paritaire du personnel (moitié patrons, moitié syndicats) qui examinait toutes les questions relatives au personnel notamment les listes de candidats aux postes déclarés vacants.

Comme j'étais assez bordélique, parfois je ne savais plus où j'avais mis les listes dont j'étais destinataire et j'avais plus vite fait d'aller les chercher auprès du chef de service qui recrutait et d'en faire une photocopie que j'envoyais.

Un jour, peu avant une commission paritaire, la CGT fit un pataquès disant qu'elle avait la preuve de la discrimination anti-CGT lors des recrutements. Tout le monde était bien embêté ; la CGT mettait la pression et nous faisait mijoter en refusant de donner ses sources.

Après plusieurs jours de "disputes" la direction met la CGT en demeure de donner ses preuves et là, se cachant à peine de rire, ils mettent sous ses yeux un bordereau de candidats : en face de deux noms (des adhérents extérieurs au site que la CGT essayait de placer à la centrale par de chaudes recommandations), avait été ajoutées au crayon à papier les mentions respectives de "couille molle" et "incapable" (ces ajouts inhabituels venaient du fait que la CGT avait insisté pour qu'on les convoque ce qui n'aurait pas été fait autrement et le chef de service avait noté à chaud l'impression que lui avait faite les recommandés.)

Lorsque j'ai réalisé ce qui s'était passé, même si je ne suis pas sûr à 100% que c'est moi qui ai fait la connerie, le chaud m'est monté aux oreilles. Je me souviens de la réunion de direction où le fin mot de l'histoire avait été évoqué ; je n'en menais pas large ( je me revoyais bien allant chez le chef du service Entretien chercher le bordereau ; il me le donnait sans rechigner ne sachant pas ce que j'allais en faire et ayant oublié ses qualificatifs "discriminatoires").

En aparté, le chef de la délégation CGT avait plus tard confié à notre patron, que  les qualifications incriminées étaient tout à fait justifiés !

dimanche 23 novembre 2014

BEAUTÉ (Beauté et mise en beauté) ...

Qu'est ce qui est beau dans le monde ? Ce qui revient à dire : qu'est ce que nous trouvons beau dans le monde ? Je me demande précisément ce qui est naturellement beau, sans que nous le rendions tel, sans "mise en beauté" pour parler comme les magasines de mode.

La femme est belle, mais surtout nous le mettons en beauté par tous les artifices possibles et imaginables : cosmétiques, vêtements, accessoires , postures etc.

La nature sauvage est belle ; les paysages de nos campagnes sont beaux mais rien moins que naturels ; la campagne, la forêt, la montagne sont jardinés.

Les ciels sont beaux naturellement. Le ciel nocturne, la voie lactée sont magnifiques.

Les roches, les plantes sont naturellement belles.

Les animaux sont magnifiques, leurs petits particulièrement dans la perfection de leur jeunesse comme les petits d'hommes.

L'homme fabrique de beaux objets ; pure mise en beauté.

jeudi 20 novembre 2014

MERLU (Merlu à l'espagnole)

Quand j'étais gamin, à la maison, on ne parlait pas de merlu : on disait merluchon. L'autre jour papa nous a amenés au restaurant à Hasparren et nous nous sommes régalés d'un merlu à l'espagnole ; j'ai cherché à reproduire cette délicieuse recette. Au restaurant le merlu nous a été présenté entier sur un long plat,  l'arête centrale ôtée. Ne sachant pas comment procéder (ce doit être délicat) je me suis contenté de filets au four. Après trois tests, ce midi je crois que je suis bien arrivé à reproduire la recette.

Le poisson est cuit au four ; il est souvent trop cuit ; les recettes donnent des températures et des durées différents. Je ne suis arrêté sur une température de 190° pendant 16 minutes ; cela a marché aussi bien pour un dos de cabillot assez épais que pour le filet de merlu, plus mince.

La sauce à l'espagnole est faite de lamelles d'ail très doucement chauffées dans l'huile d'olive auxquelles on ajoute des petits morceaux de piquillos (petits poivrons confits dans l'huile en conserve.) ; comme le restaurant l'a fait je pense, j'ai ajouté un morceau de beurre dans la préparation.

Mettre un peu d'huile et de citron dans un plat à four
Poser les filets ; je les vaporise d'huile avec notre nouveau vaporisateur à huile ; les entourer de petites grappes de tomates cerises. Saler et poivrer légèrement les filets
Mettre au four et au bout de 10 mn (sur les 16) arroser le poisson de la sauce préparée, mettre un peu de persil haché et couvrir d'un morceau d'alu pour éviter qu'il dessèche.

Au restaurant il y avait aussi sur le poisson un peu de chapelure grillée, assez grosse. J'oublie à chaque fois mais c'était très bon. Pour ce faire je pense qu'il faut faire griller une petite tranche de pain rassis et l'émietter grossièrement ; rajouter cette chapelure après la sauce.

GAFFE (Les gaffes des autres)

Il n'y a rien de plus terrible que de se remémorer une gaffe que l'on a faite ; je préfère raconter celles des autres.

Sur la ligne 13, Chatillon-Saint Denis ; peu de monde mais toutes les banquettes sont prises ; un jeune homme magrébin, est assis sur un strapontin ; une femme est debout contre la porte côté voie ; il se lève ; il faut dire que la dame, la cinquantaine, a du ventre ; il la croit enceinte ; je vois bien qu'elle ne l'est pas ; elle décline l'invitation; il insiste ; elle est gênée, décline à nouveau, je suis gêné pour elle, pour lui.

lundi 17 novembre 2014

TERME (termes et mots)

Je découvre dans le dictionnaire amoureux des dictionnaires d'Alain Ray, que mot et terme ne sont pas équivalents et que selon l'auteur certains linguistes font la confusion. Certes tous les termes sont des mots mais tous les mots ne sont pas des termes (à vérifier). Alain Rey explique que si les mots d'un poème ne sont pas toujours traduisibles les termes le sont toujours.

Pour moi le mot terme c'était les phrases suivantes :
- "au bons sens du terme"
- "qu'en des termes choisis ces choses-là sont dites"
- "ce sont ses propres termes"
Je ne suis d'ailleurs pas sûr que ces expressions utilisent le mot terme à bon escient.

En tout cas c'est dans le dictionnaire amoureux de la langue française de Jean-Loup Chiflet que j'ai trouvé une explication, de Silvia Pavel, que je reprends :
Dans la phrase qui suit elle distingue les termes que j'écris en rouge :

"Toute étendue de terre consacrée à la culture des fleurs vivaces, des fleurs annuelles ou d'autres plantes florales peut être appelée plate-bande. Sa longueur varie selon les circonstances, sa largeur varie de 3 à 6 pieds si l'on y a accès par un côté seulement, et de 6 à 12 pieds si l'on y accède par les deux côtés."

Elle fait la distinction entre les mots qui font partie de la langue générale et les termes qui désignent un concept spécialisé dans un domaine particulier.

Alain Rey, pour revenir à lui, explique que certains termes échappent au système langagier comme H5N1 qui est le nom d'un virus. En fait la terminologie établit des noms techniques, des noms spéciaux comme ceux de la chimie avec ses suffixes  -eux, -ique, -ate, -ure et -ite.

Je doute que ce sujet intéresse grand monde mais moi cette histoire de mots qui n'en sont pas, qui sont des termes me passionne.


samedi 15 novembre 2014

VOILIERS

Il y a quelques jours l'Hermione (la reproduction fidèle du navire avec lequel La Fayette a rejoint l'Amérique) était de passage à Bordeaux ; je suis allé la voir. Comme Vincent était allé la voir quelques jours plus tôt à Rochefort, j'ai donné un petit coup de fil à Vincent depuis le port : "tu sais d'où je t'appelle ?" ...

Les grands voiliers nous fascinent. Quand j'étais adolescent, j'ai fait des maquettes de voiliers en plastique. Mon premier c'était "L’épervier" de chez Heller, un clipper trois-mats. Je me souviens de l'avoir monté et plus tard de l'avoir peint, une fois entraîné à la décoration des chasseurs de la deuxième guerre mondiale. J'avais choisi de peindre la coque d'une belle couleur vert profond ; la maquette est restée très longtemps sur l'armoire de ma chambre. Ensuite j'ai eu le coup de cœur absolu pour un autre voilier, de guerre celui-là, le trois-mats "Constitution" de chez Revell ; celui-là je l'ai peint d'entrée ; je me souviens de ses bandes blanches correspondant aux lignes de canons et à la coque que j'avais peint couleur cuivre. J'adorais l'allure de ce bateau.

J'ai aussi fait des petites maquettes de bateaux Airfix (dix centimètres de long) ; la maquette comprenait des voiles en plastique gonflées par le vent et un petit socle représentant la mer sur lequel le bateau était posé et qu'il fallait également peindre. Je me souviens de la Santa-Maria et de l'Endeavour de Cook.

Hier en allant faire un tour au magasin Terre et Mer place Gambetta où on trouve des articles de décoration marine, des maquettes d'avions en bois peint, des oiseaux en bois  et des vêtements, je suis tombé sur une magnifique maquette de l'Hermione, en bois, (série limitée) de cinquante centimètres de longueur. J'ai envie de l'avoir mais elle est chère : 1195 euros ; bien sûr c'est dans mes possibilités mais c'est une somme.

Actuellement dans notre salle de séjour il y a une bisquine à la coque noire et aux voiles rouge-brun que j'ai achetée à Saint-Jean-de-Luz il y a quelques années maintenant.

ALLEN WOODY

Nous venons de voir le dernier film de Woody Allen, Magic in moonlight. Nous l'avons beaucoup aimé ;  c'est le Woody Allen que nous aimons, car il y a des films de lui que nous n'apprécions pas, presque un sur deux. Curieusement lorsque nous évoquons Woody Allen dans nos conversations, nous parlons avec enthousiasme de ses films comme si nous étions des inconditionnels ; or ce n'est pas le cas, nous l'aimons beaucoup comme créateur et comme personnage mais il fait beaucoup de films et il n'est pas rare que nous soyons déçus.

A propos de Woody Allen, c'est amusant aussi cette attitude par laquelle nous pensons être valorisés par les choses que nous aimons. Comme si aimer certaines choses, certaines oeuvres, certains auteurs faisaient de vous quelqu'un.... je ne sais pas comment dire, pas quelqu'un de bien mais quelqu'un qui a du goût (j'aimerais trouver des mots mieux appropriés à ce que je veux dire). Je suppose que ces choses sont différentes selon les personnes mais je subodore que chaque fois la personne a le sentiment (que la mode le confirme ou pas) que ce goût qu'elle a la valorise, la met au-dessus du commun (alors même que quantités de personnes ont comme elle le goût pour cette chose.)

Je pense que plus ce goût est singulier, rare, plus on se sent valorisé.

CADEAU

Mon père vient de m'offrir le Saint Jacques en bois polychrome qui ornait l’étagère au dessus du bar à Mendionde ; rien n'aurait pu me faire plus de plaisir ; j'adorais cette statue, elle me rappelle le temps où on pouvait en trouver dans les "ventas" (prononcer "bintass) qui fleurissaient juste derrière la frontière espagnole ; j'en cherchais mais on n'en trouvait plus.

Il me rappelle la sortie en Espagne que nous faisions à la colonie de vacances au bord de la Nive à Herauritz, l'émerveillement pour ces trésors de quelques sous que nous ramenions pour nous et en cadeaux pour nos parents : un taureau noir avec ses banderilles, un couteau de poche (tolère-t-on aujourd'hui que les enfants aient un couteau dans leur poche ?) une bouteille de Moscatel (vin cuit de muscat) .

Ce présent me fait d'autant plus de plaisir que je m'étais persuadé que ma sœur l'avait réservé. Papa était visiblement très content que j'aime son Saint Jacques et son plaisir en a été décuplé. Ça m'a un peu embêté d'en dépouiller la maison, mais il a insisté ; je vois que les personnes âgées (mon peau-père fait pareil), ne sont pas attachés aux objets, ils les donnent volontiers.

samedi 8 novembre 2014

PENSÉE (pensée en regardant le ciel nocturne) ...

Je regardais le ciel nocturne avec toutes ses étoiles et la voie lactée si magnifique et émouvante quand je me suis dit qu'un homme d'il y a 150 000 ans, couché sur l'herbe, comme moi, pour regarder le ciel, (c'est sûrement arrivé) voyait exactement ce que j'étais en train de contempler. Je pense qu'il y a peu de choses qu'un homme de cette époque a pu voir exactement comme je les vois aujourd'hui ; il faudra que j'essaye un inventaire.


LIRE (savoir lire)

J'ai une nouvelle petite élève en soutien scolaire ; Eléna, en CE2, qui a 9 ans. Je l'ai fait lire ; cela ne me paraît pas catastrophique mais elle ne sait pas encore bien lire.

Cela me renvoie au débat sur les méthodes d'apprentissage de la lecture. Récemment deux chercheurs ont montré que la méthode officielle globale ou semi globale, était significativement moins performante que la vieille méthode syllabique.
Le premier est neurologiste et a montré grâce à l'IRM que les élèves qui lisent le mieux utilisent le cerveau gauche et ont appris avec la méthode syllabique tandis que ceux qui ont appris avec la méthode globale utilisent le cerveau droit.
Le second est sociologue et a visité des dizaines de classes et comparé les méthodes des instituteurs et les performances en lecture des élèves ; les élèves qui ont appris avec la méthode syllabique lisent nettement mieux.

J'ai lu dans la presse que les mandarins de l’Éducation Nationale refusent obstinément de voir le problème et donc de changer de méthode officielle. Pitoyable.

Pour ma petite Elena j'ai acheté une méthode de lecture syllabique ; on verra.

Je m'intéresse au rapport qu'il y a entre le langage parlé et son écriture. Je suis en train de me faire un schéma pour bien expliciter la mécanique du passage du son à l'écrit dans une langue. J'ai en tête l'histoire des moines slaves Cyrille et Méthode son frère, qui ont créé (en 800 environ) un alphabet pour pouvoir évangéliser les slaves dans Moraves dans leur langues. 
Comment fait on pour passer d'un état où les gens n'ont pas d'écriture pour leur langue à l'état où ils lisent la Bible (c'était le but de la manœuvre) traduite dans leur langue grâce à l'alphabet créé à cette fin. J'aimerais expliciter le processus.

vendredi 7 novembre 2014

PHILICTIONNAIRE (vanité du Philictionnaire)

(Vanité : caractère de ce qui est vain, vide, sans solidité, sans durée. Littré)

Quand j'ai une idée, je l'aime et je la trouve bonne. Sans doute que le Philictionnaire n'est pas une mauvaise idée mais quand je m'y attèle j'ai quand même le sentiment de la vanité de la chose.

Bien sûr que c'est une idée louable de vouloir laisser à ses enfants quelque chose de soi, de qui on était, de ce qu'on a fait, de ce qu'on a appris et qu'il n'est pas complètement inutile de transmettre, malgré tout, quand je me retrouve avec mes billets, je me demande si ça vaut bien la peine.

(20 nov 2014)
À la réflexion le Philictionnaire aura peut-être le mérite d'épargner aux enfants le regret de ne pas avoir pris le temps de m'interviewer sur mon enfance, ma vie, mes expériences. J'aurai pris les devants  ; certes ma génération n'a pas vécu les malheurs qu'on vécus les précédentes : je pense aux deux guerres mondiales, à la guerre de Corée et à la guerre d'Algérie.
Il reste quand même la singularité de la vie "d'autrefois" qui est toujours différente d'une génération à l'autre ; en ce qui nous concerne nous avons été à la charnière entre le monde ancien (l'avant guerre) et le monde "technique" de nos enfants ; toutes ces choses dont nous pouvons raconter l'arrivée et que nos enfants ont toujours connues comme la première voiture ou la télévision par exemple.

PHILICTIONNAIRE (fonctionnement du philictionnaire)

Il y a une manière de rédiger le philictionnaire qui m'apparaît à l'expérience. Aujourd'hui j'achète Le Monde des Livres et je vois qu'il y est question du Paradis qui part en eau de boudin (un roman) ; mais j'y lis aussi, d'un commentateur, qu'après tout l'enfer aussi pourrait partir en eau de boudin.
Et cela me donne à penser ; sans aller plus loin dans ma lecture je pose le journal et je prends ma plume.
Je me dis qu'un Paradis qui ne marche pas je peux bien l'imaginer ; ça serait comme sur terre quoi ; bien sûr on imagine toujours le paradis comme parfait, l'idéal en matière de félicité ; mais là où ça devient amusant c'est d'imaginer l'enfer qui part en quenouille. Qu'est ce que ça peut être un enfer qui part en quenouille ? un enfer où la souffrance ne serait pas assurée avec autant d'efficacité que prévu par exemple ; des damnés qui soudoieraient les démons pour obtenir un régime plus doux, au détriment des âmes les moins noires bien sûr ; mais au fond est ce que ça ne serait pas ça l'enfer parfait : le lieu où rien n'est assuré, où tout peut arriver où il se fait encore du mal ?

J'ai envie de réfléchir à ça et de penser à ce que seraient un Paradis bordélique et un Enfer bordélique. Le roman sur le Paradis en bordel, c'est L'ordinateur du Paradis de Benoit Duteurtre. Je ne crois pas qu'il existe un roman sur l'Enfer bordélique. (À suivre ?)

jeudi 6 novembre 2014

LAMPROIE ...

Ce matin je suis allé chez Mollat pour acheter une méthode de lecture pour aider ma nouvelle élève Elena qui est en CE2.
En revenant (à pied comme d'habitude) il m'est venu l'idée d'essayer une nouvelle formule pour les entrées du Philictionnaire. Plutôt que d'avoir une entrée répétée chaque fois que j'exploite le mot au titre d'une rubrique particulière (pas facile à comprendre, je le concède), je vais essayer sous la même entrée de faire référence à autant de rubriques que nécessaire. Les rubriques sont en italique.

Par exemple, pour ce test j'ai pensé au mot "lamproie". (je ne me rappelle pas ce qui m'a fait penser au mot lamproie sur mon parcours.)


Je me souviens
Je me souviens (fin des années 50) que ma mère avait fait une lamproie à la bordelaise ; elle l'avait commandée à notre boulanger, qui livrait le pain avec une 203 commerciale bleu-gris, avec une bouteille de gaz sur le toit ( une voiture à gazogène).

Petit bonheur
Le vendredi, l'hiver, acheter au marché sur la place Saint Seurin, une part de lamproie à la bordelaise (pour neuf euros, un prix somme toute modique si on considère que la boîte de quatre cent grammes coûte 32 euros en magasin spécialisé). Avec un verre de Solitude, je me régale.

mercredi 5 novembre 2014

POLITIQUE (une politique) ...

Lorsque je travaillais comme DRH, la question se posait souvent de savoir quelle était notre politique dans tel ou tel domaine. En progressant en management dans les années 1990/2000, il nous apparaissait que pour être performants aussi bien que pour traiter les problèmes il fallait que nous ayons des politiques. J'élaborais même ce que j'appelais des micro-politiques applicables dans mon propre département.

En effet dès lors qu'on est confronté à une exigence ou une ambition d'un certain niveau se pose la question non seulement de savoir quel but on poursuit mais aussi quel chemin on va emprunter (quels moyens on va mobiliser) pour y parvenir. Ainsi j'avais écrit la définition pour moi d'une politique ; il faut que je la recherche ; je me souviens que je considérais qu'une politique c'était d'abord une volonté et un choix ; car une politique est une possibilité parmi plusieurs ; s'il n'y en a qu'une c'est une nécessité ce n'est pas une politique.

Par exemple le problème de l'alcoolisme dans les unités posait le problème d'une politique au sens des moyens qu'on choisissait de mettre en oeuvre ; avoir une politique cela signifie avoir décidé d'agir et avoir choisi les moyens d'action.

C'était l'époque ou on voulait mieux traiter les meilleurs que la majorité des suiveurs. Cette volonté exigeait une politique. De même on parlait à tout bout de champ de reconnaissance ; je me souviens que j'avais écrit une politique de reconnaissance basée sur une définition fine de la reconnaissance du personnel dans une entreprise.

MAFIA ...

Un journaliste italien  a écrit un livre sur la Mafia,  Gomora , dont on a fait un film. La Mafia veut sa mort ; il se cache et se trouve sous protection policière permanente.

La Mafia est italienne comme chacun sait ; elle s'est reproduite aux USA ; il y a aussi la mafia russe dont on parle beaucoup depuis la chute du Mur, la mafia chinoise, la mafia japonaise ; on ne parle pas de mafia française ; pourtant on sait qu'il y en a une. Le journaliste italien évoqué ci-dessus a parait-il déclaré qu'il allait consacrer son prochain livre à la mafia française, histoire de nous aider à ne plus faire semblant de croire qu'elle n'existe pas.

Je me demande en tant que citoyen comment un pareil phénomène doit être abordé par une démocratie avancée. Je pars du principe que le crime organisé existe partout, simplement il est plus ou moins organisé ; c'est une question d'échelle. L'environnement doit être plus ou moins propice à sa croissance. Si l'Etat, si le personnel politique est en lien avec la mafia nationale, elle doit prospérer il finir par faire partie du système politico/économico/social.

Pour moi, un Etat qui n'est pas significativement gangréné doit se donner une politique de lutte contre la criminalité organisée. La France a t elle une politique contre le crime organisé ? Je vais me renseigner.

Pour moi, la politique contre le crime organisé pourrait ressembler à ça :

1-principe : le développement d'entreprises criminelles organisées est dangereux notamment pour la sécurité des citoyens, pour les entreprises normales et pour la démocratie.

2-constat : il est dans l'ordre des choses que la criminalité se développe partout où de l'argent peut être gagné de façon illégale : il y a un marché pour l criminalité.

3-principe : l'Etat au titre de ses fonctions régaliennes doit, par sa police et sa justice lutter contre la criminalité organisée, non seulement pour éviter qu'elle se développe mais pour la maintenir à un niveau raisonnablement bas (l'Etat n'a pas les moyens de faire disparaître la criminalité organisée mais il peut rendre élevé le risque de se faire prendre et punir pour tout criminel participant à une entreprise de crime organisé.

4- l'Etat se dote de dispositifs institutionnels pour se protéger et protéger le personnel politique  et les dirigeants des grandes entreprises publiques de toute infection par les entreprises criminelles.

dimanche 2 novembre 2014

RUSE

Eva Illouz sociologue vient de sortir un livre sur l'amour ; dans une interview elle raconte que dans sa jeunesse elle était fan de roman photos mais comme dans son milieu intello cette passion faisait un peu tache, elle a décidé d'en faire un objet d'études, ainsi, elle pouvait pratiquer tranquillement sa passion.
C'est ce que devrais faire ; moi qui suis passionné par l'image de la femme et du corps féminin (dévêtu ou pas) je collectionnerais les images érotiques qui ne manquent pas dans notre société ; j' en identifierais les différentes catégories, les codes du genre, les usages sociaux des images etc. en toute innocence.