Mon père vient de m'offrir le Saint Jacques en bois polychrome qui ornait l’étagère au dessus du bar à Mendionde ; rien n'aurait pu me faire plus de plaisir ; j'adorais cette statue, elle me rappelle le temps où on pouvait en trouver dans les "ventas" (prononcer "bintass) qui fleurissaient juste derrière la frontière espagnole ; j'en cherchais mais on n'en trouvait plus.
Il me rappelle la sortie en Espagne que nous faisions à la colonie de vacances au bord de la Nive à Herauritz, l'émerveillement pour ces trésors de quelques sous que nous ramenions pour nous et en cadeaux pour nos parents : un taureau noir avec ses banderilles, un couteau de poche (tolère-t-on aujourd'hui que les enfants aient un couteau dans leur poche ?) une bouteille de Moscatel (vin cuit de muscat) .
Ce présent me fait d'autant plus de plaisir que je m'étais persuadé que ma sœur l'avait réservé. Papa était visiblement très content que j'aime son Saint Jacques et son plaisir en a été décuplé. Ça m'a un peu embêté d'en dépouiller la maison, mais il a insisté ; je vois que les personnes âgées (mon peau-père fait pareil), ne sont pas attachés aux objets, ils les donnent volontiers.
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