jeudi 9 avril 2015

PERSONNIFICATION...



La personnification est une des figures de style que les collégiens ont à apprendre (ils doivent également identifier la comparaison et la métaphore).

Il y a un usage de la personnification qui m'irrite vraiment, celui de certains astrophysiciens parlant des astres. En particulier, ils usent et abusent de la personnification des trous noirs. Personnellement je trouve ça infantile ; on va me dire que c'est pour faire comprendre ; je trouve ridicule  l'utilisation systématique du procédé.

Quelques exemples pris dans le magazine Science et Vie et dans la prose habituelle de TXT*, des habitués du procédé.

Il existe dans l'espace des bestioles...
Une fois tombées dans les griffes du trou noir...
Comment un trou noir vient il au monde ?
Cadavres d'étoiles
Le trou noir se trahit par sa gloutonnerie
La bouche béante du trou noir
Débusquer les trous noirs stellaires dans leur tanière

La personnification, comme on le voit dans ces exemples consiste à utiliser, lorsqu'on parle de choses, des mots qui conviennent normalement aux personnes. A mes élèves je donne habituellement l'exemple de la chanson de Claude François, Le téléphone pleure, ou le cliché poétique : le ruisseau murmure.
En écrivant ces lignes je me demande si on doit utiliser le terme personnification lorsqu'une chose est assimilée à un animal comme c'est le cas dans plusieurs des exemples donnés ci-dessus ! 

PS : J'aurais dû mettre ce billet sous le mot irritation


* Trinh Xuan Thuan auteur du Dictionnaire amoureux des étoiles



mercredi 8 avril 2015

TETANIE...

Lorsque l'essentiel de ma vie, c'était la photographie... Pour regarder à loisir de grosses sauterelles brunes, j'avais trouvé le truc ; je marchais sur elles, elles sautaient à 10 mètres, je les rattrapais et déclenchais un nouveau saut, ainsi de suite cinq ou six fois ; à un moment elles ne pouvaient plus sauter leurs cuisses tétanisées, à l'horizontale dans le prolongement du corps. Je pouvais les regarder tranquillement, les photographier, le temps qu'elles récupèrent.

CROYANCES ...

Il y a une heure, juste avant le petit-déjeuner, en cherchant un livre dans ma bibliothèque, je suis tombé sur un Que sais-je ? que j'avais oublié : Les croyances collectives (Pascal Sanchez). Je ne me rappelle pas si je l'ai lu ; en tout cas en discutant avec Mona, on s'est demandé ce qu'on apprendrait en lisant ce livre ; c'est une question que je me pose souvent sous une autre forme : dans un livre, parfois épais, qu'est ce qu'il y a à retenir ?

J'ai envie de faire l'expérience et je me dis que dans cet exercice je devrais au préalable faire le point sur ce que je sais ou pense du sujet. (c'est un de mes dadas de penser qu'avant de discuter de quoi que ce soit on devrait au préalable se mettre au clair sur ce qu'on pense ; ça éviterait les discussions vaseuses).
D'abord, est-ce que j'ai des croyances ? Depuis que je suis sorti de la religion, j'ai l'impression que je n'ai plus de croyances. Je ne crois pas aux ovnis, je n'ai pas de croyance politique du genre de "la révolution"; je ne crois pas non plus "au marché régulateur parfait" ; je ne crois pas à l'astrologie, ni à l'homéopathie, ni à la réincarnation, ni aux esprits...

Je pense que les gens sont sincèrement persuadés ; là où on pourrait voir une option que l'on écarte rationnellement, eux ils la croient vraie. Le problème c'est que lorsque les faits démentent la croyance, souvent , ils réordonnent leurs idées pour réaffirmer leur croyance (comme ont fait les membres de la secte américaine qui croyaient à la fin du monde à la fin du XXème siècle.



jeudi 2 avril 2015

CONFERENCES

Je viens de faire une conférence sur l'arbre pour une assemblée de dentistes. J'avais proposé ça à mon implantologue qui vient d’emménager dans ses nouveaux locaux à côté du Parc Bordelais. Des locaux magnifiques ultramodernes tout blancs.

Il a fallu que je revoie en profondeur la conférence que j'avais faite la dernière fois ; comme d'habitude, je suis content d'avoir à la faire et à mesure que le temps avance, je n'arrive pas à me mettre vraiment au travail, je procède par sauts de puce, j'angoisse, je crains de na pas être prêt et l'avant dernier jour , je m'investis plus et ça se débloque.

Pour ce qui est de la conférence, j'ai dû la revoir pour améliorer significativement la logique de présentation.

Ça a été l'occasion de constater à nouveau ce que je vivais dans les dernières années de vie professionnelle : une incroyable difficulté à travailler dans la durée et même , une fois passés les "premiers coups de pioche" une quasi impossibilité à me mettre au travail.

Lorsque j'ai commencé à m'entraîner à dire mon texte c'était catastrophique ; rien ne venait, j'avais oublié les noms des choses.

Hier, la conférence était à 19h30 ; en début d'après-midi j'avais mon élève à Montussan mais j'étais prêt ; je suis parti à pied, en avance, pour me mettre au vert au Parc, réviser mes fiches, mais il faisait trop froid.
J'avais deux craintes, la première d'avoir une migraine ophtalmique ; j'en ai de temps en temps et ça me provoque des troubles de la vue et de la parole ; pas l'idéal pour une conférence ; et l'autre c'était d'avoir la bouche sèche au point de ne pas pouvoir parler comme ça m'était arrivé lors de la conférence précédente. Ça n'est pas arrivé.
Par contre, après la conférence, lors du cocktail, (très raffiné), j'ai été rapidement pris d'un mal au ventre qui m'a coupé l'appétit

Les gens sont arrivés en retard ; la conférence a commencé après 20h30 ; mais j'étais bien. IL y avait une petite dizaine d'hommes et une petite dizaine de femmes. Ils m'ont tous chaudement félicité ; ils avaient l'air sincère. Eric Normand, "mon client, m'a offert un coffret de vins de Bordeaux. J'étais soulagé que ça soit passé ; libéré.


dimanche 15 mars 2015

FIABILITÉ ...

J'ai dit à Marion que je lui envoyais le DVD sur Vivian MAIER et le livre sur les MOOC ; j'ai dit cela il y a plusieurs jours et je ne le fais pas ! Je ne suis pas fiable. Je constate que je suis moins fiable lorsque l'initiative vient de moi comme si j'étais moins engagé parce que "la bonne action" venait de moi. J'ai remarqué que j'étais de bonne volonté et que je promettais facilement mais après il faut tenir ! Dans ma vie professionnelle j'étais ainsi ; assez facilement de bonne volonté mais plus on a fait de promesses plus c'est difficile de les tenir (voir l'histoire des singes). C'est un problème parce que l'efficacité de l'entreprise suppose la fiabilité des acteurs. Ainsi je me souviens qu'un de mes collaborateurs (comme on dit) un consultant dont j'étais le chef dit un jour en parlant d'un client, "il n'est pas fiable" et cette phrase est restée dans mon esprit : dans l'entreprise si une personne n'est pas fiable elle fait gravement défaut et elle va être contournée par les acteurs, on va la by-passer comme on disait dans l'industrie.

Mais by-passer quelqu'un c'est créer de la complexité, c'est constituer un dysfonctionnement, efficace au début mais pas dans le long terme si on passe son temps à choisir les relations efficaces plutôt que de faire marcher l'organisation normale c'est à dire voulue, a priori optimale.
C'est pour cette raison que le manager doit être exigeant avec ses troupes ; il ne doit pas tolérer les insuffisances des uns et des autres, que le manque de fiabilité des uns et des autres s'installe ; viril mais correct comme disait mon chef JPB.

Quand on a envie de plaire à quelqu'un on fait attention à être fiable ; on tient ses promesses.
 

jeudi 26 février 2015

PANTHEON (mon Panthéon personnel) ...

Je me disais que j'allais rédiger un article où je donnerais le contenu de mon Panthéon personnel et je me suis demandé ce qu'était exactement le Panthéon quand ce n'est pas l'édifice parisien ; ma foi je ne suis pas sûr de la savoir alors j'ai été regarder (dans le Littré).

PANTHEON 
1- Temple de l'ancienne Rome bâti par Agrippa, ainsi nommé parce qu'il était dédié à tous les dieux.
2- Eglise faite à l'imitation du Panthéon de Rome
3- Monument national où l'on dépose les restes de ceux qui ont illustré la patrie
4- L'ensemble des dieux d'une religion polythéiste (le panthéon grec)
5- Ensemble de célébrités (le panthéon du cinéma français)

Oui, c'est Popper que je voulais mettre dans mon panthéon ; il y a longtemps que je connais Popper ; je crois que j'ai entendu parler de lui pour la première fois dans le livre de Guy Sorman "Les vrais penseurs de notre temps" Fayard 1989. A l'époque il était vivant ; c'était un épistémologue ; le summum pour moi ; un type dont la spécialité est de trouver la vérité, en ce qui le concerne plutôt de traquer l'erreur. Je pense que je consacrerai une entrée à Popper ; en fait je pensais à lui aujourd'hui parce que je lisais un article sur la méthode KJ. L'auteur y faisait référence à une théorie de Popper que je ne connaissais pas et que j'apprécie beaucoup : 
Il y a trois mondes : 1 Le monde physique ou monde des états physiques ; 2  le monde mental ou monde des états mentaux ;  3 le monde des intelligibles ou des idées au sens objectif, monde des objets de pensée, des théories en elles mêmes et de leurs relations logiques.

Il faudra que je revienne expliquer pourquoi cette théorie me plait autant.


Corrélats :
Popper Karl ;

lundi 23 février 2015

ATOME (Représentation et réalité de l'atome)

Un jour, il vient à notre connaissance qu'un philosophe de l'antiquité, Démocrite, avait émis l'idée que le monde était fait de minuscules briques, appelées atomes (insécable en grec), qui constituaient toutes choses par assemblages.
En ce qui concerne ma génération, née après guerre (la 2ème guerre mondiale), avant cela on avait entendu parler de l'atome ; un monument lui a été consacré à Bruxelles, lors de l'Exposition Universelle de 1958 ; on le voyait représenté partout ; j'avais 8 ans j'étais en CM1. Surtout la bombe atomique avait été utilisée pour la première fois à Hiroshima en 1945.

L'image de l'atome nous était familière, un noyau autour duquel tournaient des électrons. Cette icône était déjà fausse du fait que l'échelle n'était pas respectée mais on n'en avait pas conscience ; on voyait en gros un noyau/framboise, autour duquel tournaient des électrons/tête-d'épingle. En réalité pour un noyau de la taille d'une bille, l'électron le plus proche serait à 400 mètres. L'atome c'est du vide.

Il y a quelque temps j'ai acheté un livre* sur les atomes ; j'y ai appris que contrairement à ce que je croyais, le nuage d'électrons (l'orbitale) tournant à grande vitesse autour du noyau ne constituait pas une sphère, du moins que ce n'était que l'une des formes rencontrées. Il y a en réalité 8 formes d'orbitales par exemple la forme où 2 sphères sont accolées ou la forme où 6 "dragées" sont assemblées en rosace.

En tout cas j'étais persuadé que l'atome constituait de la matière, du moins son noyau et ses électrons ; ne donne-t-on pas la dimension du noyau, de l'électron et de l'atome, en picomètres (millième de milliardième de mètre) ? Voilà que je lis** aujourd'hui, et c'est ce que signifiait le principe d'indétermination de Heisenberg, qu'une particule quantique (proton, neutron, électron etc.) n'est pas un petit corps, qu'elle n'a donc pas les attributs classiques des corps, ni vitesse, ni position déterminée.
Ce qui est quand même rassurant c'est que les physiciens à l'origine ou contemporains de cette connaissance ont eu énormément de mal à l'admettre ; ils se disputaient comme des chiffonniers allant jusqu'à l'insulte.

* Atomes de Théodore Gray
** Philosophie Magasine 87 de mars 2015, Étienne Klein p 29